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Deux islamistes détenus à Fresnes soupçonnés de projeter un attentat

Deux détenus sur le point d'être libérés, un Camerounais de 28 ans et un Français de 22 ans, ont été mis en examen vendredi à Paris par un juge antiterroriste, soupçonnés d'avoir envisagé un projet d'attentat depuis leur cellule à Fresnes.

Deux islamistes détenus à Fresnes soupçonnés de projeter un attentat
Des gardiens de prison à la maison d'arrêt de Fresnes, près de Paris, le 20 septembre 2016 - PATRICK KOVARIK [AFP/Archives]

"Les deux hommes ont eu des échanges en détention au cours desquels ils évoquaient un projet de passage à l'acte, qu'ils auraient eu à l'extérieur de la prison, mais sans que ce projet n'ait été encore précisément défini sur le choix de la cible", a indiqué lundi une source proche de l'enquête, confirmant une information de TF1-LCI.

Selon cette source, "différentes cibles" étaient envisagées. Parmi les hypothèses, des surveillants pénitentiaires, des policiers, une prise d'otage ou encore un mitraillage avaient été évoquées par les suspects, a indiqué une source proche du dossier.

Extraits le 2 octobre de leur cellule de Fresnes (Val-de-Marne), près de Paris, ces deux hommes connus pour leur radicalisation en prison et incarcérés pour des faits de droit commun, ont été entendus en garde à vue pendant quatre jours.

Présentés ensuite à un magistrat antiterroriste, ils ont été mis en examen vendredi pour "association de malfaiteurs terroristes criminelle" et de nouveau placés en détention provisoire, a précisé une source judiciaire.

La prison de Fresnes est l'une des trois en France à être dotée d'un "quartier d'évaluation de la radicalisation", destiné à mesurer la dangerosité et le degré de radicalisation d'un détenu avant son affectation dans un lieu de détention.

"Ces deux islamistes radicaux voulaient monter un groupe de combattants avec la volonté de monter en puissance par le biais de diverses actions, à l'extérieur de la prison, ciblant entre autres des policiers et des surveillants de prison", a indiqué une autre source proche de l'enquête.

Le Camerounais, décrit comme un meneur par l'une des sources proches de l'enquête, était suivi depuis fin 2016 par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Les investigations ont montré également qu'il avait été en contact avec une personne présente dans la zone irako-syrienne où le groupe jihadiste Etat islamique est sous la pression d'une coalition militaire internationale menée par les Etats-Unis.

Lors de sa garde à vue, le Camerounais, qui devait sortir de prison ce mardi, a confirmé aux enquêteurs qu'il comptait commettre un attentat sans donner plus de précisions, a précisé une source proche du dossier. Il était un sympathisant de l'EI, a-t-elle ajouté. Le Français devait quant à lui sortir la semaine prochaine.

Soutien logistique

Les investigations conduites dans le cadre d'une enquête ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris il y a plusieurs mois se sont précipitées ces derniers jours.

Les enquêteurs de la DGSI ont procédé à l'interpellation des suspects alors qu'un Réunionnais de 44 ans en lien avec eux "projetait de se rendre en métropole pour apporter un soutien logistique aux deux détenus", a ajouté une autre source proche de l'enquête.

Le Réunionnais a pour sa part été récemment mis en examen à Saint-Pierre dans un dossier distinct pour "apologie publique d'actes de terrorisme, par le biais de messages adressés sur un compte Twitter entre juin et août 2017", puis placé en détention provisoire.

Le milieu carcéral a été le théâtre en septembre 2016 d'une violente agression commise par un détenu radicalisé sur deux surveillants à Osny (Val d'Oise), dans ce qui était apparue comme la première action jihadiste fomentée en prison.

Alors incarcéré pour un voyage avorté vers les terres du jihad syrien, ce détenu, Bilal Taghi, avait revendiqué devant les enquêteurs "vouloir tuer un gardien de prison" expliquant qu'"il voulait passer à l'acte immédiatement au nom de Daech", (acronyme de l'EI) "sans attendre de sortir de prison", indiquait à l'époque une source proche du dossier.

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