Après Macron, la République en marche à la recherche d'une figure emblématique

Après Macron, la République en marche à la recherche d'une figure emblématique

Une affiche à l'effigie du président Emmanuel Macron le 7 juin 2017 à Angers avant une réunion du mouvement En Marche ! © JEAN-SEBASTIEN EVRARD [AFP/Archives]

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Dirigée provisoirement par un triumvirat, la République en marche cherche son patron emblématique pour porter ses ambitieux chantiers. Un rôle pour lequel Benjamin Griveaux fait figure de favori avant le Congrès de novembre.

"La question est: vaut-il mieux trois personnes qui incarnent le parti ou une seule, qui l'incarne très fortement ? Moi, je pense qu'on a besoin de quelqu'un d'envergure", résume un député de La République en marche.

Même si les statuts adoptés mi-août laissent la porte ouverte à une direction collégiale, la nécessité d'opposer une voix unique à celle de Laurent Wauquiez, probable futur leader du parti Les Républicains, ou Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise), fait consensus.

"Je suis d'avis qu'il faut un taulier. On sera beaucoup mieux identifiable", abonde ainsi un autre parlementaire LREM, quand chez l'allié du MoDem, on déplore qu'"il n'y a pas assez d'interlocuteurs chez En Marche, l'absence de leadership est préjudiciable".

Depuis deux mois, le parti d'Emmanuel Macron est piloté par un trio assez discret, composé d'Arnaud Leroy, Astrid Panosyan et Bariza Khiari. A l'ancien député les questions européennes et les interventions médiatiques; à la membre fondatrice d'En Marche! le volet "ressources humaines" d'un parti encore en phase de structuration; et à la sénatrice de manoeuvrer pour les dernières élections au Palais du Luxembourg.

"Ce n'était pas trop de trois", commente un cadre du parti. "Mais après le Congrès, un bureau exécutif (élu sur scrutin de liste, ndlr) sera installé et va se réunir une fois par mois, ce qui permettra cette division des tâches", ajoute-t-il.

A l'occasion dudit Congrès, qui devrait se tenir le 18 novembre, un "Conseil" d'environ 800 membres sera constitué. Charge ensuite à ce parlement du parti d'élire pour trois ans son chef - "délégué général" selon la terminologie officielle - même s'il n'est pas certain que le vote aura lieu le jour-même du Congrès, précise-t-on à LREM.

Reste à régler la question la plus épineuse: qui pour incarner la fonction? Sachant que d'avis général, elle devra s'exercer à plein temps et ne pourrait donc être cumulée avec un poste de ministre ou de député.

Même si aucun appel à candidatures n'a été officiellement formulé, le nom de Benjamin Griveaux revient le plus souvent parmi les quelque 300 députés LREM qui fournissent le plus gros contingent du "Conseil".

Griveaux, choix de raison

M. Griveaux, qui fut un des concepteurs d'En Marche!, est actuellement secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances. Sa désignation impliquerait toutefois qu'il quitte le gouvernement "dans les trois prochaines semaines, afin de lui laisser le temps de faire campagne", prédit une source parlementaire.

"La logique veut que ça soit lui. Il faut quelqu'un qui soit dans les premiers marcheurs. Il en a envie plus que les autres, du moins c'était le cas cet été", insiste un député de premier plan.

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner bénéficie lui aussi d'une cote d'amour importante et certains députés estiment qu'il a "le profil idéal". Mais il s'est aussi rendu indispensable à son poste, explique-t-on à l'Elysée, peu enclin à le laisser filer.

Même cas de figure pour Julien Denormandie, architecte de l'ombre du mouvement et homme de confiance du président de la République. Désormais secrétaire d'Etat, il est porteur d'un projet de loi sur le logement érigé en réforme phare du quinquennat qui le rend difficilement déplaçable dans l'immédiat.

Déjà dans les murs du 63 rue Saint-Anne, siège du nouveau QG du parti dans le IIe arrondissement de Paris, Arnaud Leroy est également sur les rangs. Mais ce marcheur de la première heure lorgne surtout les prochaines élections européennes de 2019, et une place de chef de file LREM à Bruxelles et Strasbourg, confie-t-on dans son entourage.

La tâche sera en tout cas vaste et délicate pour le prochain patron qui devra tenir un parti composite, rassemblé autour d'un programme présidentiel mais en quête d'un corpus idéologique commun.

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