Enquête ouverte au Brésil pour corruption sur l'attribution des JO-2016 à Rio

Enquête ouverte au Brésil pour corruption sur l'attribution des JO-2016 à Rio

Jeux de Rio en 2016 © GABRIEL BOUYS [AFP/Archives]

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La police brésilienne a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête pour corruption dans le cadre de l'attribution des jeux Olympiques 2016 à la ville de Rio, avec de possibles achats de voix au sein du Comité international olympique (CIO).

Des perquisitions ont été menées tôt mardi dans le très chic quartier carioca de Leblon au domicile de Carlos Nuzman, président du Comité national olympique brésilien, et qui était à la tête de la candidature de la cité brésilienne, rapporte par ailleurs la télévision Globo.

Des officiers de la police judiciaire brésilienne, accompagnés de leurs homologues français et américains, ont mené des perquisitions à la recherche de preuves sur "l'achat de voix dans le cadre de l'élection par le Comité international olympique de la ville-hôte des jeux Olympiques 2016", précise la police dans un communiqué.

En France, une enquête similaire a déjà été ouverte par le parquet national financier (PNF), qui travaille sur des soupçons de corruption autour de l'attribution des JO d'été à Rio pour 2016, décidée par un vote des membres du CIO, le 2 octobre 2009 à Copenhague, au détriment de Chicago, Madrid et Tokyo.

D'après des documents transmis par le fisc américain à la justice française, révélés par Le Monde en mars 2017, une société (Matlock Capital Group) gérant les intérêts d'un homme d'affaires brésilien, Arthur Cesar de Menezes Soares Filho, avait versé trois jours avant le vote la somme de 1,5 million de dollars à une société appartenant à Papa Massata Diack, fils du patron à l'époque de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) et membre du CIO Lamine Diack.

L'homme d'affaires brésilien est un proche de Sergio Cabral, l'ancien gouverneur de l'Etat de Rio entre 2007 et 2014, condamné à 14 ans de prison dans un méga scandale de corruption du Brésil.

Le 2 octobre 2009, Papa Massata Diack, puissant consultant marketing pour l'IAAF, avait viré 299.300 dollars de sa société vers une structure (Yemi Limited), que Le Monde a pu relier, grâce aux données des Panama Papers, à l'ancien champion d'athlétisme namibien Frankie Fredericks. Ce dernier était alors scrutateur du vote pour le CIO, dont il est devenu membre en 2012.

Frankie Fredericks, qui a justifié ce virement par des activités de promotion pour l'athlétisme, a néanmoins été contraint de démissionner de son poste de président de la commission d'évaluation des JO de 2024, avant d'être exclu de l'IAAF.


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