Affaire Grégory: Murielle Bolle fixée mardi sur sa détention

Affaire Grégory: Murielle Bolle fixée mardi sur sa détention

Grégory Villemin, le 24 juin 1984 © - [AFP/Archives]

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Murielle Bolle restera-t-elle sous les verrous ou va-t-elle bénéficier, comme les époux Jacob, d'un contrôle judiciaire ? La chambre de l'instruction de Dijon décide mardi du sort de ce témoin clé de l'affaire Grégory en 1984, suspecté d'enlèvement aujourd'hui.

Cette femme de 48 ans, qui en avait 15 à l'époque, a été mise en examen et écrouée à titre conservatoire, jeudi. En cause, son témoignage d'il y a 32 ans dans lequel elle accusait Bernard Laroche du rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort dans la Vologne. Avant de se rétracter brusquement.

Ce 16 octobre 1984, son beau-frère est-il venu la chercher en voiture à la sortie du collège avant de passer prendre Grégory chez ses parents, comme elle l'avait d'abord raconté aux gendarmes puis au juge Lambert ? Ou bien l'a-t-on forcée à le dire, comme elle l'avait affirmé le lendemain - ce qu'elle maintient depuis ?

Trois décennies après cette volte-face, l'accusation veut démêler le vrai du faux dans les déclarations de Murielle Bolle - où une analyse scientifique du dossier a permis de déceler de nouvelles incohérences - pour tenter de résoudre l'une des plus grandes énigmes judiciaires en France.

Après avoir relancé le dossier à la mi-juin en mettant en examen Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, soupçonnés de l'avoir séquestré puis tué, les enquêteurs, convaincus d'avoir affaire à un crime "collectif", se concentrent désormais sur les raisons du revirement de l'adolescente.

Pour eux, ce n'est pas en garde à vue mais à son retour en famille qu'elle aurait "subi des pressions" après l'inculpation de Laroche.

'On fait des vérifications'

Que s'est-il donc passé le soir du 5 novembre 1984 ? Le procureur général Jean-Jacques Bosc a évoqué jeudi un "témoignage récent" et "très précis" d'un "parent" qui "a vraiment vu ce qui s'est passé" et "parle de violences physiques" sur la jeune fille.

"On fait des vérifications", a-t-il ajouté.

Ce témoin, un homme de 54 ans se présentant comme un cousin germain de Murielle Bolle, déclare dans Le Parisien de mardi que celle-ci "a été frappée par plusieurs personnes, elle a pris une sacrée volée".

L'idée n'est pas neuve : des témoins indiquaient depuis longtemps, dans le dossier, que Murielle Bolle aurait été "malmenée", ce soir-là. Mais ce "cousin éloigné" qui s'est exprimé tardivement, après la mise en examen des époux Jacob le 16 juin dernier, ne s'était jusqu'alors jamais manifesté, le dossier mentionnant en revanche d'autres témoins de la scène familiale.

Pour Me Jean-Paul Teissonnière, avocat de la suspecte, ce témoignage de la part d'un homme "qui a eu un passé difficile marqué par la violence", a été "entièrement forgé" a posteriori, sur fond de médiatisation de l'affaire.

Parmi les autres nouveaux éléments, selon L'Est Républicain, figure l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre Jean-Marie Villemin et l'infirmière de la mère de Murielle Bolle, qui aurait été présente lors de la fameuse soirée. Dans ce document remis à la justice en 2015, après sa mort, elle parlait de "gifles" et de "coups de pied" infligés à l'adolescente.

Le quotidien évoque aussi des confidences de la journaliste Laurence Lacour, spécialiste de l'affaire, au père de Grégory : alors qu'elle accompagnait un jour Murielle Bolle sur la tombe de sa mère, celle-ci lui avait confié qu'elle n'avait pas pris le car scolaire le jour du drame - elle serait donc bien montée dans la voiture de Laroche.

Dans son arrêt de 1993 innocentant Christine Villemin, la mère du petit Grégory, la cour d'appel de Dijon ne disait pas autre chose. Elle accréditait même l'idée que, par sa présence, l'adolescente avait "facilité l'enlèvement" en rassurant la victime et en gardant le fils de Bernard Laroche dans le véhicule.

Mais elle écartait toute "intention criminelle" de sa part, là où la justice, en retenant la qualification d'"enlèvement suivi de mort" à l'encontre de Murielle Bolle, considère désormais qu'elle a pu jouer sciemment un rôle dans le rapt que les époux Jacob auraient fomenté.


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