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Viol: un accro aux rencontres en ligne condamné à 13 ans de réclusion

Quelques messages échangés sur "Adopte un mec" ou "twoo", puis des rencontres qui tournent mal. Un trentenaire a été condamné vendredi à Versailles à treize ans de réclusion criminelle pour avoir violé une dizaine de femmes rencontrées sur internet.

Viol: un accro aux rencontres en ligne condamné à 13 ans de réclusion
Un accro aux rencontres en ligne condamné à 13 ans de réclusion pour viols - DAMIEN MEYER [AFP/Archives]

La cour d'assises des Yvelines a jugé Willy Désir, 34 ans, coupable d'avoir violé neuf femmes parmi lesquelles deux étaient enceintes, dont sa compagne, d'avoir tenté de violer une dixième victime et agressé sexuellement une onzième. Le tout aggravé par la circonstance des rencontres en ligne.

La cour a donc cru la parole de chacune des onze victimes déclarées, dans cette affaire où l'accusé a constamment clamé son innocence.

La cour a également ordonné à l'encontre de Willy Désir, 34 ans, cinq ans de suivi socio-judiciaire et une injonction de soins.

Dans la matinée, l'avocat général avait demandé quinze ans de réclusion, "compte tenu du nombre de victimes, de leur jeune âge, de ses dénégations systématiques, des termes orduriers dans les messages qu'il leur a envoyés".

Willy Désir, qui se montrait "insistant" pour rencontrer "rapidement" ces femmes se décrivant "comme naïves ou timides", ne semblait pas supporter "qu'on lui dise non".

L'accusé "avançait masqué, il dissimulait ses intentions purement sexuelles en se présentant comme seul et à la recherche d'une relation sérieuse", avait ajouté le représentant de l'accusation.

Une première jeune femme, rencontrée sur "Adopte un mec", avait porté plainte pour viol en juillet 2013. Suivie par une deuxième, trois mois plus tard. Les enquêteurs avaient identifié, au total, onze femmes relatant des faits comparables survenus cette année-là.

Elles "ne se connaissaient pas", "des convergences dans leurs récits donnent du poids à leurs accusations", avait souligné l'avocat général.

Seules quatre victimes déclarées se sont constituées partie civile. Six n'ont pas souhaité se présenter devant la cour.

- Pas de procès en "naïveté" -

"Adopte un mec" ? Pour l'une, c'était "un délire avec une cousine", une autre espérait y rencontrer "du sérieux"... Pressées de questions, ces jeunes femmes avaient évoqué, à la barre, leur "naïveté" et leur "honte" d'avoir été violées.

Mais leurs avocates avaient mis la cour en garde: pas question de faire leur procès en imprudence.

"Parce qu'elles seraient inscrites sur un site de rencontres, ça donnerait tous les droits à celui qu'elles rencontreraient ?", avait ainsi plaidé Me Isabelle Davroult, avocate d'une jeune femme blonde de 29 ans.

"J'ai l'impression qu'on lui reproche un crime de naïveté, mais ce n'est pas elle qu'on juge".

"Adopte un mec" publie des "règles de prudence" à destination de ses utilisateurs, qui peuvent signaler tout profil "suspect" ou "inapproprié".

Bouc et cheveux ras, Willy Désir, déjà condamné pour divers délits, n'a eu de cesse d'affirmer que ces femmes consentaient à ces relations sexuelles sans affect et sans préservatif. Il s'était défendu, froidement, d'être violent ou méprisant envers les femmes: "Ce sont des êtres humains".

Vendredi matin, la défense de cet homme un temps militaire en Martinique, puis manutentionnaire ou vendeur en région parisienne, avait évoqué son enfance difficile, entre père inconnu et abandon maternel, avant de questionner méthodiquement la cour: y avait-il ou non consentement ?

"Tu reviens quand?", lui avait ainsi demandé une femme. Une autre "s'était déplacée chez lui à 22H00 alors qu'elle l'avait rencontré quatre heures plus tôt, on en est à se demander quelle est l'intention des unes et des autres quand elles vont le rencontrer", avait lâché son avocat, Me Fabien Arakelian, en plaidant l'acquittement. "Elles sont fragiles et forcément, la parole l'est tout autant".

"J'ai jamais forcé une personne à avoir une relation sexuelle avec moi", avait répété Willy Désir avant la clôture des débats.

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