Dortmund: polémique autour du match rejoué après l'attentat

Dortmund: polémique autour du match rejoué après l'attentat

Les supporteurs de Dortmund pendant le match aller des quarts de finale de Ligue des champions, finalement joué face à Monaco, après l'attentat contre l'autobus des joueurs, le 12 avril 2017 à Dortmund en Allemagne © PATRIK STOLLARZ [AFP]

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Dortmund devait-il jouer son match de Ligue des champions aussi vite après l'attentat? L'équipe, battue finalement à domicile par Monaco (2-3), est furieuse mais le gouvernement allemand répond qu'il ne fallait pas céder au terrorisme.

. Comment la décision de jouer a-t-elle été prise?

Mardi, trois explosions touchent le bus de l'équipe qui se rend au stade pour un match de quart de finale de Ligue des champions. Le défenseur espagnol Marc Bartra est blessé et tous les joueurs fortement choqués. Dans l'heure qui suit, l'UEFA annonce pourtant qu'en accord avec les deux clubs le match sera joué le lendemain.

Au moment où la décision est discutée, les autorités n'ont encore aucune information sur la nature ou le motif des explosions. "La décision a été prise (...) sans qu'on n'ait la moindre idée de l'ampleur de l'affaire" a déploré mercredi soir après la défaite l'entraîneur de Dortmund Thomas Tuchel.

Le choix de la date obéit à une logique sportive de calendrier, les équipes n'étant plus disponibles ensuite dans la saison.

"Il n'y avait pas d'alternative", admet le patron du Borussia Hans-Joachim Watzke, "le calendrier entre les quarts et les demi-finales ne laissait pas d'autre choix".

C'est le lendemain seulement que des arguments politiques sur le "message aux terroristes" nécessaire à faire passer sont mis en avant, notamment après l'annonce d'une piste islamiste.

. Que reproche-t-on à l'UEFA?

"Nous nous sommes sentis ignorés", a déploré Tuchel. "On ne nous a pas demandé notre avis. Quelques minutes après l'attaque, on nous a dit qu'on devrait jouer, comme si on nous avait juste envoyé une canette de bière contre le bus."

Faux, rétorque l'UEFA, dans un communiqué publié par le site du plus grand quotidien de la région de Dortmund, WAZ: la décision a été prise sur place en accord avec les dirigeants des deux clubs.

"Beaucoup de joueurs ne voulaient pas jouer", a pourtant assuré l'ancienne gloire Lothar Matthäus, aujourd'hui consultant influent à la télévision: "Pour moi, c'est irresponsable d'avoir fait jouer. C'est une décision incompréhensible de l'UEFA."

"C'était le pire jour de ma vie", a témoigné le défenseur Sokratis Papastathopoulos, "nous ne sommes pas des animaux, nous sommes des êtres humains, avec des familles et des enfants. Je me sens comme un animal, pas comme un humain. Ceux qui n'ont jamais vécu cela ne peuvent pas comprendre combien c'était dur".

. Les responsables politiques ont-ils joué un rôle?

"Nous ne devons pas commettre l'erreur de nous laisser intimider, sinon les terroristes auraient déjà gagné", a lancé jeudi dans le quotidien Bild le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maiziere: "Je suis allé moi-même au stade voir le match en signe de solidarité".

Apparemment en total désaccord avec son entraîneur, le patron du Borussia Hans-Joachim Watzke veut lui aussi voir un acte de résistance dans cette décision dictée par le calendrier: "Le plus important, c'est que notre démocratie et notre état de droit sont sur la sellette et que nous devons les renforcer. L'équipe a apporté une contribution remarquée par le monde entier", dit-il.

"Vouloir envoyer un signal à travers le football est très loin de ma conception", rétorque le joueur Nuri Sahin: "Les visages dans le bus à cette minute-là vont m'accompagner toute ma vie. C'était horrible".

"L'UEFA a fait pression et le politique a demandé au Borussia de défier la terreur", s'est aussi insurgé Lothar Matthäus.

. Quelles conséquences sportives?

Sans Bartra encore à l'hôpital, le Borussia a perdu 2-3 ce match décisif pour la réussite de sa saison, après une première période où les joueurs étaient visiblement déconcentrés. Les chances d'une qualification au match retour à Monaco sont statistiquement faibles.

"Evidemment que personne ne pouvait penser au football avant le match", a assuré le défenseur Matthias Ginter, "et pendant le match, on a bien remarqué aussi que ce n'était pas un match normal pour nous".

Particulièrement remonté, son gardien de but Roman Bürki a dénoncé: "Je n'ai pas dormi une heure de la nuit, ce n'est pas la préparation optimale pour un tel match".


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