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L'attelage Macron-Bayrou en passe de prendre corps

Après avoir scellé de façon spectaculaire leur "alliance" pour la présidentielle, Emmanuel Macron et François Bayrou se retrouvent jeudi en fin d'après-midi pour concrétiser ce pacte et tenter de créer une dynamique, à la veille de la présentation du cadrage budgétaire du programme Macron.

L'attelage Macron-Bayrou en passe de prendre corps
François Bayrou, lors de la conférence presse scellant l'alliance avec Emmanuel Macron, le 22 février 2017 à Paris - Jacques DEMARTHON [AFP/Archives]

Les éléments de cette alliance "inédite" s'emboîtent très rapidement depuis l'annonce surprise du renoncement du président du MoDem à présenter sa propre candidature.

Emmanuel Macron a accepté mercredi l'offre du maire de Pau en moins d'une heure, la qualifiant de "tournant de la campagne présidentielle".

"Je pense qu'il a été touché", a estimé M. Bayrou jeudi. "Il était dans une passe un peu difficile. Le sentiment qu'il a eu, je pense, c'est que nous étions dans un moment très important pour lui et pour le changement de la vie politique française".

Selon un sondage Harris interactive réalisé avant l'annonce de M. Bayrou, Marine Le Pen (25% des intentions de vote) arriverait en tête au premier tour de la présidentielle devant le candidat de la droite François Fillon. Un autre sondage BVA-Salesforce donne Emmanuel Macron deuxième à 21% derrière la présidente du FN, qui creuse son avance à 27,5%.

C'est "le danger que représente Marine Le Pen" qu'a invoqué en premier lieu M. Bayrou pour expliquer son choix, un "des plus spectaculaires" qu'il ait pris dans son parcours politique "émaillé de décisions lourdes".

"Il voulait faire bouger les lignes et éviter un second tour Le Pen - Fillon autant que possible", décryptait son entourage.

"Vieille politique", balaie le Front national, tandis que le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a salué le "sens de la responsabilité" du maire de Pau.

C'est à droite que les réactions ont été les plus nombreuses et les plus acerbes. François Bayrou "paie sa place, cette fois officiellement, pour s'asseoir à côté de l'héritier parricide de François Hollande", a lancé François Baroin. "Le vent a trouvé sa girouette", a tweeté Eric Woerth.

Si officiellement à droite une alliance Macron - Bayrou "n'est pas une mauvaise nouvelle" pour le candidat LR, en coulisses, on estime que "Fillon a du souci à se faire". Macron "élargit sa base, son socle", confiait une source parlementaire.

"C'est un bon coup pour Macron. Bayrou a été trois fois candidat à la présidentielle. Il peut densifier son côté jeune fou en politique. Ce soutien arrive à point nommé, au moment où Macron s'était pris les pieds dans le tapis et commençait à se banaliser", estimait une autre.

"Un homme libre"

Mais pour Frédéric Dabi, de l'Ifop, cette alliance n'est pas sans risque pour le candidat d'En Marche!

"François Bayrou est un véritable chiffon rouge pour l'électorat de droite", explique-t-il dans L'Opinion.

"François Bayrou est has been", estimait il y a peu un parlementaire PS soutenant Emmanuel Macron.

Publiquement, les proches du candidat d'En Marche! saluent l'expérience et l'image de probité dont peut se prévaloir M. Bayrou, assurant que les conditions qu'il a posées ne devraient pas poser de gros problèmes.

Emmanuel Macron a d'ailleurs déjà accédé à sa principale exigence, la promesse d'une loi de "moralisation de la vie publique".

M. Bayrou demande par ailleurs "une véritable alternance, un vrai changement des pratiques et des orientations", une amélioration de la représentativité politique car "les deux partis qui gouvernent la France sans interruption depuis des décennies, trustent la totalité de cette représentation", et souhaite préserver le niveau de la rémunération du travail.

"Nous n'avons rien négocié du tout. La seule chose que nous avons abordée clairement en amont, c'est le choix du pluralisme", a-t-il déclaré jeudi à l'AFP, alors que se profile également la question des investitures pour les législatives.

"Beaucoup de femmes et d'hommes de sensibilité centriste avaient déjà rejoint le mouvement et, comme d'autres, ils ont vocation à être candidats aux législatives", a souligné sur Europe 1 Richard Ferrand, secrétaire général d'En Marche!.

Interrogé sur le rôle que jouera François Bayrou dans la campagne, il a souligné que "c'est un homme libre". "Il mènera la campagne qu'il souhaite".

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