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Les petites Shaolin de Kaboul

Les sourcils froncés, elle s'élance du sommet de la colline dans la neige pour une pirouette suspendue un instant dans le ciel de Kaboul, bravant l'apesanteur et les conservatismes de l'Afghanistan contemporain.

Les petites Shaolin de Kaboul
Une Afghane pratique du wushu à Kaboul, le 29 janvier 2017 - WAKIL KOHSAR [AFP]

Il faut encore de l'audace et un certain courage aux jeunes Afghanes pour s'adonner au sport, et plus encore à un art martial comme le wushu, que Sima Azimi enseigne depuis un an dans la capitale.

Cette fin janvier, la jeune femme de 20 ans a délaissé les tatamis de son club en entresol, abrité par une discrète mais lourde porte métallique, pour entraîner ses élèves au grand air. C'est donc les pieds dans la poudreuse que les jeunes apprenties, en pyjama de satin noir ou rose et les cheveux couverts, s'exercent aux prouesses des fameux moines volants de Shaolin (dans le nord de la Chine).

Le wushu est plus récent que le mythique kung-fu; mélange de boxe et de maîtrise des lames, sabres et poignards, il reste tout aussi chorégraphique et acrobatique, un vrai défi à l'apesanteur qui exige des corps en acier et en caoutchouc.

Sur le tapis d'échauffement, les visages se tordent parfois sous l'effort et la douleur. Ceinture noire de wushu, Sima Azimi pèse sur les dos, les épaules, écrase les bassins pour forcer le grand écart.

C'est en Iran, où sa famille s'est réfugiée quand elle avait deux ans, que la mince jeune femme s'est initiée au wushu. A son retour en Afghanistan, elle a aussitôt ouvert son club dans le quartier de Karte-Sé, fief de la communauté hazara dans l'ouest de Kaboul.

"Malheureusement", admet-elle, "toutes les élèves sont hazaras et cette unicité ethnique ne me va pas. J'aimerais bien pouvoir accueillir des filles d'autres communautés".

La première de la famille

Minorité de confession chiite dans un pays majoritairement sunnite, la communauté hazara, longtemps marginalisée et ostracisée, est la plus ouverte d'Afghanistan. Les femmes y sont plus libres de leurs mouvements et plus frondeuses, les hommes moins oppressants.

Ce sont donc elles que l'on retrouve généralement dans les toutes jeunes équipes de cyclistes, de grimpeuses, de golfeuses ou de coureuses du pays, soucieuses comme elles le disent souvent "d'ouvrir la voie à d'autres".

"Ma famille ne s'est jamais opposée à mes cours, mon père s'est juste inquiété que ça puisse m'attirer des ennuis. Et puis il me trouvait trop petite pour faire ça", confie Soraya Rezayi, 19 ans, une silhouette de brindille comme ses camarades. "Mais avec cet entraînement, si quelqu'un m'embêtait je pourrais certainement me défendre".

"Je suis la première fille de ma famille à faire du sport", raconte à son tour Latifa Safayi. A 15 ans, elle conserve quelques légères rondeurs de l'enfance mais voit déjà loin: pour vaincre les réticences de ses parents, elle leur a exposé son "rêve de devenir la championne qui brandirait le drapeau afghan dans les championnats internationaux et changerait l'image de ce pays".

Depuis, elle s'entraîne trois fois par semaine et se régale de ce sport "complet et exigeant" qui la laissait au début percluse de courbatures.

Pour Sima leur maître, le défi était de s'adapter à son pays d'origine après avoir grandi ailleurs. "L'Iran est un pays développé, ici il y a encore beaucoup de mentalités conservatrices à surmonter. Mais seules les femmes peuvent réellement faire quelque chose pour elles-mêmes. Pour ça, elles doivent sortir de chez elles, montrer de quoi elles sont capables et ne laisser personne choisir à leur place", martèle-t-elle.

Il n'y a pas que sur les tapis que la jeune femme sait prendre de la hauteur. Mais sa démonstration au sommet de la colline de Sharak Haji Nabi, pourtant traditionnel rendez-vous des promeneurs hazaras, fait déjà jaser et elle ne prévoit pas d'y retourner trop vite, avoue-t-elle.

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