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Tsiganes: Hollande reconnaît la responsabilité de la France

Tsiganes: Hollande reconnaît la responsabilité de la France
François Hollande avec Violette Gureme, une ancienne internée, le 29 octobre 2016 à Montreuil-Bellay - JEAN-SEBASTIEN EVRARD [AFP]

Après les Harkis et les Arméniens, François Hollande a poursuivi samedi le travail de mémoire entamé depuis le début de son quinquennat, en reconnaissant la responsabilité de la France dans l'internement de milliers de Tsiganes durant la Seconde guerre mondiale.

Cette visite sur le site de l'ancien camp d'internement de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), classé aux Monuments historiques depuis 2012, était la première d'un président français depuis l'internement des Tsiganes et des gens du voyage par le régime de Vichy et jusqu'en 1946.

"La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame", a déclaré le locataire de l'Elysée, lors d'une cérémonie d'hommage, où étaient présents plusieurs survivants. "Un pays, le nôtre, est toujours plus grand lorsqu'il reconnaît son histoire", a-t-il ajouté.

Soixante-dix ans après la libération des derniers Tsiganes internés en France, leurs descendants et les associations attendaient avec émotion une reconnaissance officielle de leurs souffrances.

"C'était important pour nous d'avoir cette reconnaissance. Ca représente des milliers et des milliers de familles itinérantes", a salué, ému, Fernand Delage, qui préside l'association France Liberté Voyage. "C'est tard, mais mieux vaut tard que jamais."

Lucien Violet, 69 ans et dont les parents ont été internés à Montreuil-Bellay, était venu d'Angoulême pour l'occasion. "C'est le premier président venu rendre hommage aux voyageurs. Nous sommes vraiment touchés par sa présence", a confié l'homme de 69 ans à l'issue du discours présidentiel. "Nos familles ont souffert énormément et ça ne s'oubliera jamais, même si c'est pardonné."

"Pratiquement toutes les familles de gens du voyage ont au moins un membre qui est passé par Montreuil-Bellay", avait rappelé le président quelques minutes plus tôt, après s'être rendu auprès de l'oeuvre commémorative "Instant nomade" de l'artiste-céramiste Armelle Benoît, un portique de huit colonnes sur lesquelles ont été gravés les patronymes de 473 familles internées.

François Hollande a également évoqué la discussion en cours au Parlement du projet de loi Egalité et citoyenneté, émettant l'espoir que la législation d'exception sur les gens du voyage, dénoncée par les associations, soit bientôt abolie.

- 'Une méfiance nourrie de peurs ancestrales' -

Le député socialiste de Loire-Atlantique et président de la commission nationale consultative des gens du voyage Dominique Raimbourg "a proposé l'abrogation de la loi de 1969", a pointé François Hollande. "Il en sera, je l'espère, décidé par le Parlement, pour que les gens du voyage n'aient plus ce livret de circulation à produire, pour qu'ils soient des citoyens comme les autres."

Dès 1912, dans le but de les sédentariser, les autorités françaises avaient imposé aux "nomades" un carnet anthropométrique d'identité. Supprimé en 1969, il a été remplacé par des carnets et livrets de circulation que doivent détenir "les gens du voyage" sous peine d'amende, et une obligation de rattachement à une commune.

Pris "officiellement au nom des exigences de guerre", le décret du 6 avril 1940 sur l'interdiction de la circulation des nomades en métropole avait été pris "avant tout à cause d'une méfiance nourrie de peurs ancestrales, de préjugés et d'ignorance", a dénoncé François Hollande.

Outre le chef de l'Etat, assistaient à la cérémonie d'hommage Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l'Habitat durable, et Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants et à la Mémoire. Plus de 500 invités étaient présents, dont de nombreux descendants d'internés.

Montreuil-Bellay était le plus grand des 31 camps gérés par les autorités françaises jusqu'en 1946, dans lesquels furent internés entre 6.000 et 6.500 nomades.

Plus de 2.000 nomades, des Tsiganes mais aussi des sans domicile fixe de Nantes, y furent internés de novembre 1941 à janvier 1945. Une centaine périrent.

L'Etat avait franchi un premier pas vers la reconnaissance de la participation de la France dans cet internement familial en juillet 2010, par la voix de l'ancien secrétaire aux Anciens combattants Hubert Falco, en l'évoquant lors d'une "Journée nationale de la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français".

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3 commentaires

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Les commentaires sur Tendance Ouest
tom 29/10/2016 - 14h18
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toutes les voix sont bonnes à prendre.

Les commentaires sur Tendance Ouest
tom 29/10/2016 - 14h20
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Il faut se repentir et s'auto flageller.

Les commentaires sur Tendance Ouest
fab 29/10/2016 - 14h58
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400000 et 600000 voies potentielles, c'est pas négligeable

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