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Strasbourg (AFP). Crise migratoire: Juncker et Merkel appellent l'Europe à accueillir les réfugiés en masse

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Strasbourg (AFP). Crise migratoire: Juncker et Merkel appellent l'Europe à accueillir les réfugiés en masse
Des réfugiés syriens arrivent au port du Pirée, le 9 septembre 2015 à Athènes, en Grèce - AFP
Jean-Claude Juncker et Angela Merkel ont joint leurs voix mercredi pour en appeler aux valeurs de l'Europe afin que les pays de l'UE se répartissent immédiatement 160.000 réfugiés, un plaidoyer qui ne faisait toutefois pas l'unanimité parmi les Européens. "Ce n'est pas l'heure d'avoir peur": à Strasbourg, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a demandé de faire preuve d'audace et de solidarité pour résoudre la pire crise de ce type en Europe depuis 1945. A Berlin, la chancelière a martelé qu'elle voulait une répartition "contraignante" des réfugiés, quitte à bousculer sérieusement les plus réticents de ses partenaires européens. Signe de l'écho de cette crise au delà de l'Europe, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a assuré que Washington allait faire un effort pour accueillir des réfugiés syriens. Le département d'Etat a promis qu'il y aurait entre 5.000 et 8.000 réfugiés syriens aux Etats-Unis à l'automne 2016, alors que Washington s'en tenait jusqu'à présent aux 1.500 accueillis depuis 2011. Les divergences entre pays de l'UE se traduisent de manière très concrète pour les réfugiés, notamment syriens, qui continuent d'affluer par dizaines de milliers en passant par les Balkans: accueillis sous les vivats en Allemagne, ils se heurtent, parfois violemment, aux policiers hongrois. Budapest a une nouvelle fois défendu sa nouvelle législation, très controversée, rendant passible de prison le franchissement de la barrière de barbelés érigée à sa frontière avec la Serbie. L'armée hongroise a aussi procédé mercredi à des manoeuvres militaires dans le sud du pays, pour se préparer à une éventuelle mission de contrôle aux frontières. Plus au nord, la compagnie ferroviaire danoise a annoncé que les liaisons grandes lignes avec l'Allemagne devaient reprendre jeudi. Elles avaient été suspendues la veille, après le refus de centaines de migrants en transit vers la Suède de descendre à leur arrivée au Danemark. Une centaine d'entre eux ont finalement accepté de rester sur place. Les autres ont été autorisés à descendre du train, sans que la police n'intervienne. L'ONU envisage pour sa part d'autoriser les pays européens à arraisonner en haute mer, au large de la Libye, des navires suspects pour les inspecter, les démanteler et traduire les éventuels passeurs en justice. "Nous avons les moyens d'aider ceux qui fuient la guerre", a lancé M. Juncker devant le Parlement européen à Strasbourg, en réclamant que les 28 pays membres de l'UE se mettent d'accord dès la semaine prochaine sur la répartition de 160.000 réfugiés. Ce chiffre correspond à l'addition d'une précédente proposition de répartir 40.000 réfugiés arrivés sur le sol européen, avec une nouvelle proposition d'urgence portant sur 120.000 personnes actuellement en Italie, Grèce et Hongrie. "Les chiffres sont impressionnants", a reconnu M. Juncker, en rappelant que près de 500.000 réfugiés ont frappé à la porte de l'UE depuis le début de l'année. - Pas de critère religieux - M. Juncker a spécifiquement demandé à ce que la religion des réfugiés, venus en grande partie de pays à majorité musulmane, ne soit pas un critère de choix. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, chef de file des opposants à une politique d'ouverture, a jugé récemment que l'afflux de migrants constituait une menace pour "l'identité chrétienne" de l'Europe. En France, certains élus locaux ont fait savoir qu'ils ne voulaient accueillir que des chrétiens. Longtemps plus frileux sur ce dossier que son voisin allemand, le pays a reçu mercredi le premier contingent d'un millier d'exilés irakiens et syriens pour la plupart venus d'Allemagne. L'option des quotas, à laquelle Paris vient de se rallier, place l'Allemagne en première ligne, car elle doit accueillir environ 26% des 160.000 réfugiés, suivie de la France (20%) et de l'Espagne (12%). L'Espagne, réservée par le passé face à l'idée de quotas, s'y est finalement ralliée mercredi, annonçant qu'elle accepterait 14.931 réfugiés comme proposé par la Commission, qui s'ajoutent à 2.749 autres déjà comptabilisés. La Pologne et la Lituanie ont aussi accepté les propositions de la Commission.
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