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Paris (AFP). Rémunération de Combes: le gendarme boursier examine de possibles irrégularités

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Paris (AFP). Rémunération de Combes: le gendarme boursier examine de possibles irrégularités
L'ex-directeur général d'Alcatel-Lucent, Michel Combes, le 6 fevrier 2015 à Paris - AFP/Archives
Les conditions de départ de l'ex-directeur général d'Alcatel-Lucent, Michel Combes, continuaient de susciter des remous mardi avec l'annonce que l'Autorité des marchés financiers (AMF) veut examiner de possibles "irrégularités" dans ce dossier, tandis que le ministre de l'Economie a exprimé son "mécontentement", lors d'un entretien avec le nouveau PDG du groupe. Le gendarme boursier souhaite "vérifier s'il n'y a pas d'irrégularités" au regard des règles de gouvernance du Medef, des informations données à la presse ces derniers mois sur la rémunération de M. Combes, et quant à la clause de non-concurrence, a indiqué le président de l'AMF, Gérard Rameix, dans une déclaration transmise à l'AFP. "Nous avons reçu les courriers de l'AMF (fin juillet, ndlr), comme un certain nombre d'autres entreprises, et y avons répondu dans les délais impartis. Nous sommes sereins quant à la suite de cette procédure classique", a réagi auprès de l'AFP le groupe franco-américain. Cette annonce de l'Autorité intervient alors que le cabinet spécialisé dans la gouvernance d'entreprises Proxinvest l'a saisie, ce mardi, "sur la question de modification de l'offre publique d'échange Alcatel-Nokia suite aux diverses décisions du conseil d'administration de modification des conditions de rémunération du directeur général". "Il y a eu une modification des conditions que l'on met à la charge des actionnaires, c'est un manquement aux règles du marché, qui passe par des informations mensongères et une modification de l'offre", a expliqué à l'AFP Pierre-Henri Leroy, le président de Proxinvest, pour justifier sa plainte. De son côté le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a reçu dans l'après midi le nouveau PDG de l'équipementier de télécoms, Philippe Camus, afin discuter des conditions de rémunération et de départ de M. Combes. "Le ministre a manifesté son mécontentement sur la décision de M. Combes de quitter l'entreprise prématurément avant la finalisation du rapprochement avec Nokia. Nous attendons que l'AMF et le Haut Comité du gouvernement d'entreprise rendent leur avis afin que l'entreprise puisse en tirer toutes les conséquences", a-t-on indiqué à l'AFP dans l'entourage de M. Macron. Le HCGE "va rendre son avis dans un délai d'une à deux semaines. L'avis sera rendu (transmis, ndlr) à Alcatel-Lucent et ne sera pas public, il ne deviendra public que si le groupe ne joue pas le jeu et ne répond pas, ou s'il ne donne pas des raisons convaincantes", a indiqué pour sa part le Medef à l'AFP. - Débat relancé - Michel Combes, qui avait annoncé en avril avoir renoncé à un parachute doré de 2,4 millions d'euros, se retrouve pris depuis dimanche dans une polémique concernant sa rémunération chez Alcatel-Lucent, puisqu'il devrait toucher près de 14 millions d'euros sur trois ans sous forme d'actions alors qu'il a quitté ses fonctions en début de semaine pour prendre la présidence du Conseil d'administration de Numericable-SFR. Une somme qui a relancé le débat sur les rémunérations des dirigeants au sujet desquels le gouvernement pourrait décider de légiférer, comme l'a menacé le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. "Si le patronat n'est pas capable de faire son autodiscipline, alors il y aura certainement des interventions plus fortes", a déclaré M. Le Guen sur RTL. Le HCGE rend normalement un avis sur les rémunérations, en se basant sur les rapports d'activité des grands groupes, et n'avait pas émis d'opinion particulière sur le cas de l'équipementier télécoms. "Il y avait eu des contacts oraux entre le HCGE et Alcatel-Lucent avant l'été", confirme-t-on au Medef, "mais à l'époque il n'y avait pas la clause de non concurrence qui a été formalisée fin juillet". "Cette indemnité de non concurrence existait déjà (dans le contrat initial, ndlr), il n'y avait pas besoin d'en rajouter comme cela a été fait par le groupe", a affirmé Pierre-Henri Leroy. Cette clause se chiffre au total à 4,5 millions d'euros sous forme d'actions. Pour le président de Proxinvest, le gouvernement a le pouvoir d'agir, notamment "en restaurant le pouvoir des actionnaires, cela aiderait. Malheureusement c'est le contraire qui a été fait ces dernières décennies et jusqu'à récemment". "Il faut une souveraineté des actionnaires sur les rémunérations. Actuellement il n'y a pas de responsabilité des dirigeants devant les actionnaires, il faut réformer le pouvoir des actionnaires", plaide encore Pierre-Henri Leroy, en préconisant aussi "plus d'indépendance au niveau de l'AMF qui permettrait d'avoir un marché plus sérieux".
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