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Covid-19: une situation qui inquiète, des décisions qu'on attend

France-Monde. La journée des "décisions difficiles"? Un conseil de défense se réunit vendredi en fin de matinée et prendra des mesures pour "donner de la visibilité sur les prochaines semaines", selon Emmanuel Macron, au moment où la France redoute un rebond de l'épidémie de Covid-19.

Covid-19: une situation qui inquiète, des décisions qu'on attend
Le président Emmanuel Macron lors de la conférence de presse finale du 7ème sommet MED7 des pays méditerranéens le 10 septembre 2020 à Porticcio, Corse - Ludovic Marin [POOL/AFP]

Le gouvernement "va être obligé de prendre un certain nombre de décisions difficiles", "dans les huit à dix jours maximum", a prévenu mercredi Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique qui guide les pouvoirs publics.

Un avertissement fracassant qu'a nuancé le président de la République jeudi: "Le Conseil scientifique est dans son rôle, qui est technique", mais c'est aux dirigeants politiques de "prendre des décisions".

"Il faut, je pense, continuer à être exigeants, réalistes, sans céder à quelque panique que ce soit", a déclaré le chef de l'Etat, qui souhaite "donner de la visibilité sur les prochaines semaines".

"Ce sont évidemment les politiques qui décident, on est là pour les aider à prendre des décisions qui sont extrêmement difficiles, et en aucune façon il n'y a eu ni l'envie, ni une tentative de pouvoir médical", a concédé le Pr Delfraissy vendredi matin.

Le tableau général est préoccupant, avec des indicateurs qui ne cessent de se dégrader, en particulier dans certaines régions comme Provence-Alpes-Côte d'Azur. Sur l'ensemble de la France, le nombre de cas positifs et le taux de positivité des tests augmentent régulièrement ces dernières semaines.

Dans une moindre mesure, cela commence à se ressentir sur le nombre de personnes transférées à l'hôpital, voire, pour les cas les plus graves, en réanimation.

Près de 10.000 cas

Près de 10.000 cas (9.843) de Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures, selon les données rendues publiques jeudi soir. Un niveau record depuis le début de l'épidémie et le lancement des tests à grande échelle dans le pays.

Or, une augmentation du nombre de personnes infectées va entraîner "mécaniquement" une hausse des cas graves, avec quelques semaines de décalage, a mis en garde le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le nombre de malades hospitalisés en réa a d'ailleurs dépassé jeudi la barre des 600, pour la première fois depuis fin juin, même si on reste très loin des 7.000 du mois d'avril, au pic de l'épidémie.

Toute la question est de savoir dans quelles proportions le nombre d'hospitalisations va augmenter.

Echaudés par la première vague, nombre de médecins craignent que les hôpitaux et les services de réa soient à nouveau débordés cet automne.

Actuellement, le virus circule surtout parmi les jeunes, population peu à risque, mais les personnes âgées et celles en mauvaise santé seront inexorablement touchées, préviennent-ils.

"Ce qui est complexe dans cette situation, c'est que comme les gens ne voient pas" augmenter fortement le nombre d'hospitalisés et de morts, "ils disent: +On en fait trop+. Alors que c'est la seule façon de contenir la situation", a analysé l'épidémiologiste Dominique Costagliola dans l'émission "C dans l'air".

"Bulle"

A l'inverse, dans une tribune publiée vendredi dans Le Parisien, plusieurs chercheurs et scientifiques dénoncent "la communication anxiogène" des autorités qui, selon eux, "exagèrent systématiquement les dangers". Parmi les 35 signataires, l'épidémiologiste Laurent Toubiana et le philosophe André Comte-Sponville, qui sont sur cette ligne depuis le début de la pandémie.

Reste donc à savoir quelles mesures seront annoncées, alors que les grands rassemblements sont déjà interdits et que le masque est obligatoire dans les lieux publics fermés ainsi que dans les rues de certaines grandes villes.

Le Pr Delfraissy a évoqué un renforcement de la protection des personnes âgées ou à risque (diabète, obésité, maladies respiratoires...) pour "créer une sorte de bulle" autour d'elles.

En outre, limiter le nombre de personnes à un rassemblement, y compris à la maison, "fait partie des éléments sur la table", a dit sur France Info jeudi l'un des membres du Conseil scientifique, Bruno Lina.

De son côté, le collectif de médecins Stop-Postillons a demandé que le masque soit porté par les enfants dès 6 ans, à l'école primaire, et non dès le collège.

Enfin, le conseil de défense devrait écourter à sept jours, contre 14 actuellement, la période d'isolement des personnes contaminées ou ayant été en contact prolongé avec une personne infectée.

Le Conseil scientifique y est favorable, car le dispositif actuel ne fonctionne pas. "On peut faire plusieurs constats d'échecs", a déclaré l'une des membres du Conseil, Laëtitia Atlani. Parmi ces échecs, "une augmentation du refus" de l'isolement, mais aussi des insuffisances dans les dispositifs sociaux d'accompagnement et de dédommagement de ceux qui doivent s'y soumettre.

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