Début de l'enquête internationale sur l'attaque chimique présumée en Syrie

Début de l'enquête internationale sur l'attaque chimique présumée en Syrie

Des soldats syriens inspectent un centre de recherches dans le nord de Damas visé par des frappes américaines, françaises et russes en représailles à une attaque chimique présumée le 14 avril 2018 © LOUAI BESHARA [AFP]

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Une équipe internationale d'experts doit débuter dimanche son enquête sur le site l'attaque chimique présumée en Syrie qui a provoqué des frappes américaines, françaises et britanniques d'une ampleur inédite contre le régime de Bachar al-Assad.

La mission d'enquête de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), basée à La Haye, est arrivée à Damas samedi, en pleine poussée de tension entre les Occidentaux et le régime syrien allié à la Russie.

"Il est prévu qu'elle se dirige aujourd'hui (dimanche) à Douma pour entamer son travail", a annoncé l'AFP le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Ayman Soussane.

La ville de Douma, où se serait produit l'attaque aux gaz toxiques du 7 avril, est située dans la Ghouta orientale, une région aux portes de la capitale syrienne désormais "nettoyée" de tous ses rebelles, a annoncé l'armée syrienne samedi.

"Nous laisserons l'équipe faire son travail de manière professionnelle, objective, impartiale et loin de toute pression" Les résultats de l'enquête infirmeront les allégations mensongères" contre Damas, a assuré le vice-ministre syrien.

Washington, Paris et Londres ont effectué des frappes ciblées samedi à l'aube contre des installations du régime en représailles à l'attaque chimique présumée à Douma.

Le régime de Bachar al-Assad, soutenu par son indéfectible allié russe, a démenti toute implication dans l'attaque, dénonçant des "fabrications" rebelles.

Le 7 avril, les secouristes en zones rebelles, les Casques blancs, avaient alerté sur une attaque chimique ayant fait, selon eux, au moins 40 morts et plusieurs centaines de blessés. Les victimes présentaient des symptômes tels que des difficultés respiratoires, des brûlures de la cornée, de la mousse dans la bouche, ont-il souligné.

Enquête compliquée

Le travail s'annonce compliqué pour les enquêteurs qui arrivent sur place plus d'une semaine après les faits, dans une zone passée depuis sous contrôle des troupes syriennes et de la police militaire russe.

Les derniers combattants rebelles de Douma, ainsi que des civils, ont été évacués samedi vers des zones du nord de la Syrie, dans le cadre d'un accord de reddition signé avec le régime le 9 avril, deux jours après l'attaque chimique présumée.

Soumise à un siège asphyxiant pendant cinq ans et à des bombardements très violents du régime depuis le 18 février, la ville est ravagée.

En 2014, l'OIAC avait affirmé que la Syrie s'était débarrassée de son stock d'armes chimiques en vertu d'un accord international, mais une mission conjointe avec l'ONU a conclu que Damas avait utilisé du gaz sarin en 2017 contre le village de Khan Cheikhoun (nord-ouest), en zone rebelle.

Les présidents américain Donald Trump et français Emmanuel Macron ont assuré avoir la "preuve" de l'utilisation d'armes chimiques, justifiant les raids menés sur trois sites liés au programme d'armement chimique syrien -dans le nord de Damas et dans la province centrale de Homs- sans faire de victimes.

Une reponsable de l'administration américaine a précisé samedi, sous couvert d'anonymat, que les Etats-Unis avaient des informations "plus claires" sur une utilisation de chlore à Douma mais aussi "des informations significatives qui font état également d'un usage de sarin", un gaz neurotoxique puissant.

"Pression" diplomatique sur Assad

Ces frappes ont suscité l'indignation de la Russie et de l'Iran, alliés de Damas.

Les Russes ont condamné "un acte d'agression à l'encontre d'un Etat souverain", mais échoué à obtenir une condamnation du Conseil de sécurité de l'ONU.

Aucune autre frappe n'est prévue mais le Pentagone a fait savoir que les Etats-Unis étaient "prêts à dégainer" en cas de nouvelle attaque chimique.

Après cet épisode aussi spectaculaire que bref, France, Etats-Unis et Royaume-Uni entendent désormais relancer la diplomatie.

La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a appelé la Russie à "faire pression" sur Bachar al-Assad.

"Il faut espérer maintenant que la Russie comprenne qu'après la riposte militaire (...), nous devons joindre nos efforts pour promouvoir un processus politique en Syrie qui permette une sortie de crise", a-t-il déclaré dans un entretien au journal français, le Journal du dimanche.

"Aujourd'hui, celui qui bloque ce processus, c'est Bachar al-Assad lui-même. A la Russie de faire pression sur lui", a-t-il ajouté.

Américains, Français et Britanniques ont présenté à l'ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie qui devrait être discuté à partir de lundi, selon des diplomates.

Le texte comprend plusieurs facettes - chimique, humanitaire et politique -, incluant la création d'un nouveau mécanisme d'enquête sur l'emploi d'armes chimiques.

De son côté, la Ligue arabe tient son sommet annuel en Arabie Saoudite, pays qui a apporté son "plein soutien" aux frappes occidentales. La Syrie a été suspendue de la Ligue en 2011 en raison des responsabilités de son président dans la guerre.

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