Réélue à la tête du FN, Marine Le Pen s'attèle au chantier du nouveau nom

Sans suspense, puisque seule candidate, Marine Le Pen a été réélue dimanche présidente du Front national, pour lequel elle doit proposer une nouvelle appellation lors du discours de clôture d'un "congrès de la refondation", à Lille.

Réélue à la tête du FN, Marine Le Pen s'attèle au chantier du nouveau nom

Marine Le Pen le 10 mars 2018 lors du congrès du FN à Lille © PHILIPPE HUGUEN [AFP/Archives]

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La finaliste de la dernière présidentielle, 49 ans, entame un troisième mandat à la tête du parti qu'elle dirige depuis qu'elle a succédé à son père, Jean-Marie Le Pen, en 2011.

Ce dernier, qu'un seul titre de président d'honneur reliait encore au mouvement qu'il avait fondé en 1972, en a été totalement écarté après l'approbation par les militants (79,77%) de nouveaux statuts qui suppriment cette fonction honorifique.

A la fois forte d'un score historique à la présidentielle avec près de 11 millions de voix au second tour, mais affaiblie par un débat d'entre-deux tours raté et une image dégradée, Marine Le Pen entend reprendre la main.

Dimanche matin, pendant que 300 à 400 personnes manifestaient dans les rues de Lille, l'élection des cent membres du nouveau "parlement du parti", dont le mode de scrutin permet de rayer des noms et donc d'obtenir un classement, lui a été sans surprise favorable.

Louis Aliot, son compagnon, a été le mieux élu par les militants, devant Steeve Briois, un autre très proche, jusqu'alors secrétaire général du mouvement.

Nicolas Bay, un fidèle mais dont d'aucuns estiment qu'il porte d'intarissables ambitions, notamment en portant la ligne conservatrice autrefois incarnée par Marion Maréchal-Le Pen, complète le podium. En 2014, lors du précédent scrutin, il n'avait été élu qu'à la dixième place.

Premier chantier de la présidente confirmée: le changement de nom du Front national.

Le principe en a été acté par une courte majorité des militants (52%), via une consultation toutefois sujette à caution pour ne pas avoir été supervisée par un huissier.

Marine Le Pen doit proposer une nouvelle appellation, dimanche après-midi, lors de son discours de clôture.

Selon toute vraisemblance, le mot "front" disparaîtra de la prochaine appellation, mais pas "national".

"Rassemblement national", fusion sémantique de "Front national" et "Rassemblement bleu marine", pourrait tenir la corde, selon plusieurs observateurs. La formule rappelle par ailleurs le nom du groupe parlementaire frontiste à l'Assemblée nationale entre 1986 et 1988, "Front national-Rassemblement national".

La proposition de nom devra ensuite être entérinée par un vote militant dans les prochaines semaines.

Objectif: poursuivre l'entreprise de dédiabolisation entamée depuis la prise du parti par Mme Le Pen, en 2011.

Candidature à la présidentielle 2022 contestée

C'est pourtant une figure clivante qui a animé le premier jour du congrès, samedi, devant 1.500 militants, à Lille: Steve Bannon, ex-directeur de campagne du candidat Trump avant de devenir son conseiller une fois arrivé à la Maison blanche, limogé depuis.

"L'Histoire est de notre côté et va nous mener de victoire en victoire", a prophétisé ce sulfureux ex-banquier, incarnation de la droite américaine la plus dure.

Il a par ailleurs salué les vues de Marine Le Pen. "Elle l'a parfaitement décrit: considérez-vous l'État-nation comme un obstacle à dépasser ou comme un joyau qui doit être poli, chéri, entretenu?", a-t-il interrogé, en appelant à suivre l'exemple des populistes du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue d'extrême droite, arrivés en tête des législatives italiennes la semaine dernière.

Largement applaudi, celui qui est régulièrement soupçonné d'accointances avec les suprémacistes blancs a ensuite fait huer les médias, selon lui aux ordres de l'"establishment".

Mais Marine Le Pen doit encore convaincre: seuls 39% des Français souhaitent sa candidature à la prochaine présidentielle, selon un sondage Ifop pour le JDD paru dimanche, en recul de deux points par rapport à septembre 2017, contre 61% qui ne la souhaitent pas.

Si, selon elle, il n'y a "rien d'étonnant" à subir "un trou d'air" après sept années d'"expansion" de son parti, elle instille toutefois le doute sur son avenir en assurant qu'elle ne va pas "s'éterniser" à son poste et qu'elle est prête à le céder à quelqu'un de "mieux placé".

Chez beaucoup de militants, un seul nom revient: Marion Maréchal-Le Pen. Mais l'ex-députée du Vaucluse, petite-fille du co-fondateur et nièce de la présidente, n'a pas fait le déplacement à Lille.

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