En ce moment : Muse In Motion - YODELICE Ecouter la radio

En ce moment
abonnement

Dans les Alpes, élan de solidarité envers les migrants en danger de mort

"Bientôt, on va retrouver un mort." Jean-Gabriel Ravary, guide de haute montagne depuis 42 ans, habite Névache, village du bout de la vallée de la Clarée dans les Hautes-Alpes, où de plus en plus de migrants font naufrage dans la neige et le froid.

Dans les Alpes, élan de solidarité envers les migrants en danger de mort
Des professionnels de la montagne en "cordée solidaire" pour revendiquer leur devoir d'assistance à personne en danger à Névache, dans les Alpes françaises, le 17 décembre 2017 - Sophie LAUTIER [AFP]

Dans ce paradis blanc, coupé du monde durant trois jours la semaine dernière, plus d'un mètre de neige est tombé. "Y'a tout le catalogue des dangers pour qu'il y ait des drames. Alors pour des gens qui ne connaissent pas la montagne...", soupire Jean-Gabriel, chaudement emmitouflé.

Le guide regarde en direction du col de l'Echelle, ce passage à 1.762 mètres d'altitude. Les températures y descendent souvent à moins 20°C, sans compter le vent qui s'y engouffre.

Le versant italien, qu'empruntent les migrants -- surtout des Africains, "jeunes et costauds" -- est avalancheux, et sujet aux chutes de pierres. Côté français, l'hypothermie guette, sans compter le risque de se perdre, car les panneaux indicateurs ont été retirés et certains s'égarent vers le fond de la vallée, croyant gagner Briançon.

D'autres exilés tentent le passage plus simple par la route et le col du Montgenèvre mais les patrouilles incessantes de gendarmes les poussent à se cacher.

"Cet hiver, on a parfois jusqu'à 10 ou 12 arrivées par jour", explique Alain Mouchet, qui organise les maraudes nocturnes quotidiennes avec des bénévoles équipés de matériel de secours. "Les gendarmes sont autant emmerdés que nous: ils ne se sont pas engagés pour courir derrière des gamins dans la neige".

Les professionnels de la montagne ont organisé dimanche une "cordée solidaire" et manifesté sous une banderole "SOS Alpes Solidaires", en écho à "SOS Méditerranée" qui secourt les bateaux de migrants, pour revendiquer leur devoir d'assistance à personne en danger.

Un jeune de Guinée Conakry a d'ailleurs été retrouvé pendant la manifestation. Pieds nus dans la neige, il a été sorti d'un couloir d'avalanche par hélitreuillage du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM).

'Réponse assassine de l'Etat'

Moussa, revu quelques heures plus tard sur son lit d'hôpital à Briançon, avait commencé l'ascension du col de l'Echelle à 5 heures du matin. Il s'en tire avec des gelures au pied gauche.

Etienne, accompagnateur en montagne, qui l'avait localisé, lui a dit "Bienvenue en France". "Mais j'ai peur de lui avoir menti", s'émeut-il.

"Il a connu l'enfer en Libye, en Méditerranée, et peut-être encore ici, chez nous, en France".

L'arrivée des migrants, toujours plus nombreux depuis l'hiver dernier, a suscité un élan chez certains citoyens: le grand Briançonnais compte 22.000 habitants et la liste de diffusion de Tous Migrants dispose de 1.350 adresses. Environ 4.000 nuitées ont été assurées depuis moins d'un an chez les citoyens, selon le réseau d'hospitalité Welcome.

Pierre Mumber en fait partie. "Quand j'entendais parler des naufrages en Méditerranée, ça me semblait encore loin. Et là, ils sont arrivés chez nous".

Pour cet accompagnateur en montagne de 53 ans, "on ne peut pas dormir tranquille sachant qu'au bout de la route il y a peut-être des gens en perdition".

Comme ses collègues, il dénonce la "réponse assassine" de l'Etat à la frontière. Un médecin du centre hospitalier de Briançon appelle "les forces de l'ordre à se mettre en retrait pour ne pas aggraver des choses assez graves déjà".

"Je ne suis pas un anarchiste, je ne suis pas pour le slogan +CRS-SS+ de mai 1968 (...) mais il faut être capable de désobéir", insiste Max Duez, membre de la cellule médicale créée depuis l'afflux de migrants.

Cette permanence d'accès aux soins de santé (PASS), ouverte avec l'accord de l'Agence régionale de santé de PACA au sein de l'hôpital, bénéficie aussi aux SDF de la ville et aux saisonniers. "Et c'est grâce aux migrants", souligne le Dr Duez.

Galerie photos
Newsletter
Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Lire les journaux
Petites Annonces
Immobilier
Urgent vend maison
Urgent vend maison Ernes (14270) 241 000€ Découvrir
Charmant et spacieux studio
Charmant et spacieux studio Vence (06140) 770€ Découvrir
Beaulieu
Beaulieu Caen (14000) 0€ Découvrir
MAISON BREHAL
MAISON BREHAL Bréhal (50290) 400€ Découvrir
Automobile
Peugeot Partner Totem Clim 1,6l HDI 16V 75 ch
Peugeot Partner Totem Clim 1,6l HDI 16V 75 ch Val-d'Arry (14210) 4 500€ Découvrir
Caravane GRUAU Tradition 40 CP
Caravane GRUAU Tradition 40 CP Rouen (76000) 2 500€ Découvrir
Renault Megane
Renault Megane Coutances (50200) 2 000€ Découvrir
Vends Mercedes Classe A
Vends Mercedes Classe A Argences (14370) 29 000€ Découvrir
Bonnes affaires
Quad Kerox pour enfant
Quad Kerox pour enfant Quiberville (76860) 380€ Découvrir
A SAISIR CONGELATEUR 311 L WIRLPOOL
A SAISIR CONGELATEUR 311 L WIRLPOOL Bruc-sur-Aff (35550) 200€ Découvrir
Perdu pendendif
Perdu pendendif Petit-Couronne (76650) 0€ Découvrir
Vends machine à coudre ancienne à pédale
Vends machine à coudre ancienne à pédale Bonsecours (76240) 50€ Découvrir
L'application mobile de Tendance Ouest
Inscrivez vous à la newsletter
La météo avec Tendance Ouest
Les pronostics avec Tendance Ouest
Jeux : Gagnez votre enceinte JBL PartyBox Encore
L'emploi avec Tendance Ouest
Films et horaires dans vos cinémas en Normandie
L'agenda des sorties de Tendance Ouest
Les concerts avec Tendance Ouest
Les replays de Tendance Ouest
Dans les Alpes, élan de solidarité envers les migrants en danger de mort