Dernier hommage à Winnie Mandela, l'égérie de la lutte anti-apartheid

Dernier hommage à Winnie Mandela, l'égérie de la lutte anti-apartheid

Des milliers de personnes ont assisté au retour de la dépouille de Winnie Mandela à Soweto le 13 avril 2018, à la veille de ses funéraille © MUJAHID SAFODIEN [AFP]

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Des dizaines de milliers de personnes sont attendues samedi dans le township sud-africain de Soweto pour rendre un dernier hommage à Winnie Madikizela-Mandela, porte-flambeau populaire mais controversé de la lutte contre l'apartheid, décédée le 2 avril.

Ses obsèques, organisées dans un stade d'une capacité de 40.000 personnes dans la banlieue pauvre de Johannesburg, et son enterrement dans la foulée concluent dix jours de deuil national.

Depuis le décès de "Mama Winnie" le 2 avril à 81 ans des suites d'une longue maladie, les cérémonies d'hommages se sont succédé dans le pays tout entier pour célébrer "le roc", "la Mère de la nation", la "libératrice" et l'"héroïne" de la lutte.

Pendant les heures les plus sombres du régime raciste blanc et les 27 années de détention de son ex-mari Nelson Mandela, "Winnie", la militante politique et féministe, a entretenu la flamme de la résistance à l'apartheid. Malgré les tortures, les humiliations et les séjours en prison.

Son combat et son courage ont payé.

La photo du couple, main dans la main, à la libération de Nelson Mandela en 1990 symbolise la victoire sur le régime raciste blanc, qui tombera officiellement quatre ans plus tard.

Leur couple, lui, ne survivra pas. Ils se séparent en 1992, deux ans avant l'accession à la présidence du prix Nobel de la paix, auréolé de toute la gloire.

Parallèlement, l'image de Winnie se trouve écornée par des condamnations pour fraude, enlèvement et violences sur de jeunes militants.

Son cercueil enveloppé dans un drapeau vert, jaune et noir du parti du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) est arrivé vendredi à sa maison de Soweto, le quartier modeste noir auquel elle est restée fidèle.

Sa dépouille a été accueillie par des centaines de ses fidèles, souvent vêtus de noir, aux cris de "Winnie, Winnie".

'Pasionaria'

"Je suis venue pour faire partie de l'histoire", témoigne Beauty Tsakani Maluleke, éducatrice de 35 ans, venue spécialement de la province du Limpopo (nord). "Elle était notre grand-mère bien aimée. Elle s'est battue pour notre pays."

"Elle a combattu pendant que les hommes étaient derrière les barreaux", a résumé l'une de ses admiratrices, Gloria Mabasa, un tatouage de Winnie sur la joue.

Samedi, le cortège funéraire doit quitter à l'aube la maison de la "pasionaria des townships" pour le stade d'Orlando, à quelques kilomètres de là. Pour l'occasion, des centaines de bus ont été affrétés pour transporter la foule de ses nombreux fidèles.

Plusieurs dirigeants étrangers, dont les chefs d'Etat congolais Denis Sassou Nguesso et namibien Hage Geingob, sont attendus à la cérémonie, où le président sud-africain Cyril Ramaphosa prononcera l'éloge funèbre.

Des personnalités dont Jesse Jackson, militant emblématique des droits civiques aux Etats-Unis, assisteront eux aussi aux obsèques. "Elle n'a jamais cessé de se battre", a salué vendredi le révérend de 76 ans.

Y compris lorsqu'elle a été mise en cause dans les exactions commises par sa garde rapprochée du Mandela United Football Club, qui a fait régner la terreur à Soweto à la fin des années 80.

Près d'un quart de siècle après la fin officielle de l'apartheid, les motivations de ce groupe restent toujours mystérieuses. Selon un ancien policier blanc repenti, le régime l'avait infiltré.

A l'époque, devant les méthodes musclées du "club de foot", l'ANC, fer de lance de la lutte anti-apartheid, avait fait part de son inquiétude. Winnie Mandela avait ignoré ses appels.

Cette semaine, le président Ramaphosa a demandé à ne pas "diaboliser" Winnie.

"Mama n'était pas une personne parfaite", a reconnu auprès de l'AFP la ministre de la Communication Nomvula Mokonyane.

"Beaucoup d'entre nous ont fait des choses bien, mais aussi des choses terribles pendant la lutte. Il ne faut jamais oublier le contexte", a-t-elle insisté, estimant que la militante était critiquée "puisqu'elle est une femme".

Après les funérailles officielles, l'égérie populaire doit être enterrée samedi après-midi dans le cimetière de Fourways, un quartier résidentiel de Johannesburg, aux côtés de l'une de ses petites-filles décédée en 2010.


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