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[Dossier] Orne. Consommation : les bons plans pour dépenser moins

Consommation. A la recyclerie de L'Aigle, il est possible de consommer moins cher. À Flers, manger est moins coûteux grâce au magasin anti-gaspi qui est géré par l'AIFR. À la Redingote à Alençon et à Flers, chacun peut acheter des vêtements de seconde main.

[Dossier] Orne. Consommation : les bons plans pour dépenser moins
Donner une seconde vie aux objets, c'est ce que propose Quentin Cauchard à la recyclerie de L'Aigle. 

L'Observatoire des inégalités a dévoilé courant décembre ses données sur la pauvreté en France. Si la Normandie s'en sort assez bien, l'Orne est le département le plus touché dans la région. Il se situe au 37e rang des départements français où le taux de pauvreté est le plus haut, notamment dans ses villes les plus importantes. Selon les chiffres publiés, la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté est de 24 % à Argentan, 25 % à Flers, 26 % à L'Aigle, 27  % à Alençon.

Aider les plus démunis :
les communes se mobilisent

Face à cette situation, certaines communes ont boosté leur budget destiné aux plus démunis. Ainsi, Alençon a voté un budget supplémentaire de cent mille euros pour son Centre communal d'action sociale (CCAS). À Flers, le CCAS accorde des aides à l'énergie jusqu'à quatre cents euros, "en fonction du reste à vivre des familles, explique Bruno Asselot, maire-adjoint délégué aux solidarités. Pour certains, ce reste à vivre n'est que de cent vingt euros par mois." Il s'agit des ressources de la famille après le paiement du loyer, des assurances, du chauffage, du téléphone, d'internet, ou encore de la scolarité. Des communes plus petites, comme La Ferrière-aux-Etangs (ci-contre) se sont aussi mobilisées.

Restos du Cœur :
les files s'allongent

La campagne d'hiver bat son plein aux Restos du Cœur de l'Orne. Lors de l'été 2022, les bénévoles ont distribué 497 000 repas aux Ornais les plus démunis.

Pour tenter de faire face à cette situation, les habitudes de consommation évoluent. Bien sûr, il y a les prix réduits durant les soldes jusqu'au 7 février. Mais au-delà, chacun s'impose une meilleure gestion de son budget familial avec de la nourriture achetée moins cher, bradée car en limite de date de consommation. Les foyers s'équipent également dans les recycleries pour les meubles ou les vêtements. Les objets cassés ne sont plus jetés mais réparés, afin d'éviter de nouveaux achats. Enfin, quand il s'agit de se déplacer, pour aller au travail, le covoiturage est de plus en plus privilégié. 

Moins d'argent,
mais des idées

Dans ce reportage, nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux qui font la promotion de ces nouveaux modes de consommation. Mais nous avons également recueilli des témoignages de consommateurs ou d'utilisateurs.

Malgré les campagnes publicitaires des marques, la "chasse au gaspi" semble ouverte la lutte contre la surconsommation pourrait aujourd'hui être devenu un véritable défi.

Si beaucoup ont été contraints de consommer autrement, budget oblige, les nouvelles tendances de consommation pourraient toucher de nouveaux clients, plus aisés mais convaincus par la nécessité de moins surconsommer. Et si nous étions face à la véritable tendance de l'année 2023 ? 

Troisième idée : des vêtements de seconde main

Alençon. Troisième idée : des vêtements de seconde main
Océane Toussaint, Anne Blin et Michelle Pennaneach sont employées à la Redingote d'Alençon.

Acheter malin des vêtements de seconde main à petit pris, c'est possible dans l'orne, par exemple dans les magasins "la Redingote".

Selon une étude menée par le réseau de conseil et d'audits KPMG et par la Fédération de l'e-commerce et de la vente à distance : en 2021, 91 % des Français ont acheté un bien de seconde main. Dans l'Orne, cette tendance semble se confirmer. L'association d'aide à l'insertion à l'emploi AGIR gère deux magasins de prêt-à-porter de seconde main ouverts à tous sous l'enseigne La Redingote à Alençon et à Flers.

Le prix, l'écologie, l'originalité

À La Redingote, certains viennent avec une idée claire de ce qu'ils cherchent, d'autres viennent se faire plaisir et se laisser tenter par des coups de cœur avec un prix moyen de 3 € par article, de quoi séduire la clientèle et son porte-monnaie. Le directeur de l'association Fabien Lemaître voit la hausse de fréquentation, dans un premier temps "comme une réponse aux nouveaux aménagements des deux boutiques". Après l'incendie du 14 août 2020 qui a ravagé le local près du Château à Flers, l'association a trouvé depuis novembre 2020 un nouvel emplacement, rue de la Chaussée. À Alençon il y a un peu plus d'un an, la boutique créée en 1990 rue du Mans a déménagé avenue Leclerc, sa superficie est ainsi passée de 150 m2 à 400 m2. Fabien Lemaître voit une autre raison concernant l'affluence : " Les petits prix et la démarche écologique."

L'association emploie au total près de 200 personnes dans ses différents secteurs d'activité, avec 86 % de réussite au retour vers l'emploi ou la formation.

Faire des économies : deuxième idée… Dans les boutiques antigaspi alimentaire

Flers. Faire des économies : deuxième idée… Dans les boutiques antigaspi alimentaire
Dimitri Lecocq (à gauche) en compagnie de Pascal Collet, Aurélie Lechevalier et David Moine, trois des cinq collaborateurs de la boutique antigaspi de l'AIFR de Flers.

U bon plan pour baisser son ticket de caisse alimentaire : fréquenter des boutiques antigaspi, comme celle de l'AIFR du Bocage, à Flers.

"L'AIFR du Bocage est un chantier d'insertion qui accompagne deux cents personnes en retour vers l'emploi, explique Dimitri Lecocq, chargé de projet. Beaucoup ne se nourrissent pas bien, ont des difficultés financières, fréquentent les associations caritatives, d'où la mise en place d'une boutique alimentaire pour les aider."

Une boutique ouverte à tous

L'AIFR avait déjà une boutique de repassage et de couture, ouverte à tous. La boutique alimentaire y a été accolée. D'abord pour vendre les produits issus du maraîchage de l'AIFR. Puis, avec des produits à Date limite de consommation (DLC) courte fournis par les grandes surfaces, vendus à bas prix. En décembre par exemple, du fromage pour raclette vendu 4,50 € dans le commerce y était proposé à un euro.

"On permet à tous de bénéficier de ces produits, aussi bien quelqu'un de l'AIFR qu'un cadre supérieur, le but est de limiter le gaspillage alimentaire. Mais cette boutique n'en est qu'à son démarrage, insiste le chargé de projet. La gestion de ce magasin permet à l'AIFR de diversifier la qualification de ses salariés qui sont en insertion." Depuis l'été dernier, jusqu'à quatre-vingts clients sont parfois venus lors de grosses livraisons. Il s'agit désormais de multiplier les partenariats pour que cela devienne de plus en plus régulier, notamment avec les grosses entreprises d'agroalimentaires du territoire, en circuits courts. Mais l'inflation touche tous les consommateurs, et les grandes surfaces ont ouvert leurs propres rayons de produits à DLC courte, compliquant ainsi l'approvisionnement de la boutique AIFR. D'où une plateforme logistique d'approvisionnement qui se met en place, en commun avec d'autres associations caritatives locales. L'AIFR veut également faire de la récup auprès des petites épiceries et des restaurateurs locaux qui peuvent défiscaliser ce qu'ils transmettent au secteur caritatif, d'autant que la réglementation évoluant, avec le Grenelle de l'environnement mais aussi avec la loi Anti gaspillage économie circulaire, ils n'auront bientôt plus le droit de jeter de nourriture à la poubelle.

Des projets pour 2023

"On souhaite multiplier ce type de boutique sur tout notre territoire du Bocage", prévoit Dimitri Lecocq, qui est à la recherche de partenaires et de mécènes pour mener ses projets à bien. Le chargé de projet a aussi la volonté de créer une structure de transformation pour mettre en bocaux les produits du maraîchage de l'AIFR et permettre ainsi à chacun de manger des légumes, y compris hors saison.

La boutique de l'AIFR est également un point de distribution de Too good to go et de Freshopp, enseignes nationales de vente de produits antigaspi : "On a notamment eu des barres de céréales pour les sportifs ou du saucisson vendu pas cher." Le consommateur doit aller réserver et payer les produits sur les applis de ces enseignes, puis il vient retirer ses achats à l'AIFR.

Pratique. AIFR Bocage, 10 rue Nationale à Flers, ouvert à tous du lundi au samedi.

Opération cent pour cent : ce maire dresse le bilan

La Ferrière-aux-Étangs. Opération cent pour cent : ce maire dresse le bilan
Le maire de La Ferrière-aux-Étangs revient sur les aides accordées en 2022 par la commune.

En 2022, La Ferrière-aux-Étangs avait fait l'objet de nombreux reportages après avoir décidé d'attribuer cent aides de cent euros à ses habitants les plus démunis.

En juin 2022, la commune de 1 567 habitants avait budgété cent aides de cent euros pour des familles locales. Trois questions au maire de La Ferrière-aux-Étangs, Vincent Beaumont.

Quel bilan tirez-vous ?

Une personne seule avec un revenu net de 1 300 € pouvait bénéficier de cette aide. Mais cent familles ne l'ont pas sollicitée. Quarante-six ont retiré un dossier, trente l'ont rempli et ont effectivement reçu chacune quatre bons d'achat de vingt-cinq euros à dépenser localement chez le boucher, au CocciMarket, ou à la station-service. Au niveau national, un tiers des personnes éligibles à ce type d'aide ne les sollicite pas…

Un peu déçu de ce faible retour ?

L'important est que des personnes ont pu être aidées. Le retour qu'on a eu, c'est que ce sont des moments de bonheur. Je me souviens d'une habitante qui a expliqué que pour elle, cette aide a été l'occasion de manger de la viande une fois par semaine durant quelques semaines. Quand on entend cela, on se dit que c'est gagné. D'autres ont ainsi pu se faire quelques petits plaisirs, comme acheter une tablette de chocolat…

Allez-vous récidiver en 2023 ?

On est satisfait d'avoir eu cette initiative et plus de six mois après, on reste très surpris de l'écho national que cela a pu avoir. Trente bénéficiaires à cent euros, ce n'est que 0,3 % du budget communal. Dans ces conditions, je vais proposer au conseil municipal de récidiver cette opération en 2023, d'autant que la situation économique ne s'est pas vraiment améliorée depuis le printemps dernier. Toute action de solidarité, et on n'est pas les seuls à en faire, c'est un plus pour nos populations qui sont souvent dans la précarité.

Des économies à faire avec du matériel d'occasion

L'Aigle. Des économies à faire avec du matériel d'occasion

Le magasin de la ressourcerie de L'Aigle vend du matériel recyclé à bas prix.

À L'Aigle, l'association Aide Emploi Service (AES) réinsère chaque année près de cent vingt personnes éloignées de l'emploi. Lorsque le syndicat d'ordures ménagères a voulu créer une ressourcerie, il a confié sa gestion à AES, dans des anciens locaux d'EDF. Le mardi 17 janvier, la recyclerie s'installera dans un bâtiment douze fois plus grand sur la zone industrielle de Saint-Ouen-sur-Iton. En 2022, cette ressourcerie a recyclé près de quarante tonnes de matériel qui n'a ainsi pas terminé à la poubelle.

"Les gens déposent leurs objets inutilisés à la déchetterie de L'Aigle, ou à notre local", explique Quentin Cauchard, directeur adjoint d'AES. "Tout est nettoyé, réparé, testé, avant d'être mis dans les rayons du magasin de la ressourcerie à des prix accessibles à tous. Si certains clients viennent ici parce qu'ils ont un budget serré, ça commence aussi à faire sens pour beaucoup de gens qui modifient leurs habitudes de consommation." La vaisselle est vendue au poids. Beaucoup de livres, bijoux, déco, petit électroménager sont vendus entre cinquante centimes et cinq euros.

Faire des économies, c'est aussi réparer plutôt que jeter : une fois installée dans ses nouveaux locaux, la ressourcerie va ouvrir des cafés-réparation. Chacun, encadré par des bénévoles, pourra y réparer ses objets, notamment le petit électroménager.

Ressourcerie de l'Aigle, magasin ouvert mardi, jeudi, samedi – 19, Rue de la Garenne, 02 77 64 53 64.

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