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Normandie. Urgences : quel bilan pendant la période estivale ?

Santé. Malgré les craintes liées à l'été et à l'épuisement de certains professionnels, les services d'urgences ont tenu le coup cet été, selon l'Agence régionale de santé de Normandie, grâce notamment à une forte campagne de communication et au renfort de la médecine de ville.

Normandie. Urgences : quel bilan pendant la période estivale ?
Les services d'urgence ont tenu le coup lors d'un été tendu, selon le bilan dressé lundi 26 septembre par l'Agence régionale de santé de Normandie. (illustration)

Le système de soins allait-il tenir ? C'était la question qui pouvait se poser avant cet été, avec l'épuisement de certains professionnels, les problématiques de vacances, le tout avec un afflux touristique qui revient et des manques de personnels récurrents à l'hôpital.

Une explosion des appels au 15

Oui. Le système a tenu, assurait lundi 26 septembre l'Agence régionale de santé (ARS) de Normandie dans son bilan. D'abord grâce à une large campagne de communication pour le bon usage des services d'urgence. Au niveau national et régional, chacun était encouragé à contacter le 15 avant de se rendre aux urgences. Conséquences : les appels au 15 ont augmenté de 26 % en juillet et de 29 % au mois d'août par rapport à la même période l'an passé. "Ça veut dire que la population a reçu le message qu'avant de se déplacer, elle pouvait avoir une orientation ou un conseil", estime Thomas Deroche, le directeur de l'ARS. La fréquentation des services d'urgence normands a ainsi baissé de 3 % entre le 1er juillet et le 18 septembre, alors que la tendance était à la hausse au premier semestre 2022. Surtout, la part de patients non urgents reçue a baissé de 20 %.

4 500 soins non programmés pris en charge par la médecine de ville

Dans le même temps, grâce à une meilleure régulation, la médecine de ville a pris le relais, avec 3 % d'activité en plus dans les cabinets de médecine générale. Deux cents médecins normands ont travaillé en commun avec le Samu pour prendre en charge 4 500 soins non programmés et soulager ainsi l'hôpital. Ils y étaient incités grâce à une nouvelle mesure entrée en vigueur cet été, qui prévoit un supplément de 15 euros pour le généraliste lorsqu'il reçoit un patient pour des soins non programmés à la demande du Samu. "Il y a eu une prise de conscience que l'hôpital ne peut pas y arriver seul, et que les libéraux ne peuvent pas travailler seuls, réagit Antoine Leveneur, à la tête de l'Union régionale des médecins libéraux de Normandie. C'est le début d'une nouvelle ère."

Une montée en puissance des SAS

Cette meilleure régulation, et donc orientation du patient entre le Samu et la médecine de ville, passe notamment par la mise en place des Services d'accès aux soins (SAS). Ils existent en ce moment dans la Manche et au Havre et permettent, soit d'orienter un patient vers les urgences, quand c'est nécessaire, soit de lui trouver un rendez-vous rapide avec un médecin de ville. Et au Havre, le système semble porter ses fruits. "40 % des appels se terminent sur un simple conseil, conclut le docteur Francis Le Sire, co-gestionnaire de ce SAS. La population appelle, ce qui prouve qu'elle réagit positivement à un message qui a un sens. Ils veulent juste une prise en charge rapide."

Mais le système est victime de son succès et est rapidement débordé. Des recrutements de régulateurs doivent intervenir pour qu'il puisse monter en charge. À Rouen, un SAS doit aussi voir le jour "d'ici la fin de l'année", selon le directeur de l'ARS.

-35 % de patients non graves dans les urgences régulées

Quant à la suspension des services d'urgence cet été, elle a été moins importante qu'attendu, selon l'ARS. Quinze suspensions ont été notées en juillet et sept en août. En revanche, certains services ne sont plus accessibles qu'après un appel préalable au 15, comme à Cherbourg, Saint-Lô pour la pédiatrie, Argentan, Vernon ou Le Havre. Un système qui devrait perdurer, en fonction des situations locales et que l'ARS voit finalement d'un bon œil. "Dans ces services régulés, il y a eu une baisse de 35 % des patients non graves. Ils ont aussi vu leur attractivité pour le recrutement de médecins s'améliorer. C'est le cas à Cherbourg", affirme Thomas Deroche.

Parmi les autres mesures appliquées cet été, des unités de télémédecine ou des interventions à domicile d'infirmières libérales déclenchées par les Samu, qui semblent aussi être encourageants.

L'été est donc passé. Place désormais à l'automne, avec son lot d'épidémies et une recrudescence des cas de Covid qui viendront à nouveau tester un hôpital qui reste sous tension.

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