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Journalistes enlevés

Inquiet mais optimiste : “Aucun contact n’a été noué avec les ravisseurs des journalistes français enlevés en Afghanistan mais tout porte à croire qu’ils sont vivants”, affirmait le 4 décembre le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

Journalistes enlevés
Les deux kidnappés étaient un rédacteur et un reporter d'image de France 3, qui parcouraient l'Afghanistan pour le magazine 'Pièces à conviction”. La chaîne était sans nouvelles d'eux depuis le 30 décembre.
Il s’agissait du premier enlèvement connu de journalistes français en Afghanistan depuis le début de l’occupation occidentale de ce pays, en 2001.
Au moment où le ministre français prenait la parole, lundi, on ne connaissait ni l’identité des ravisseurs des deux journalistes, ni leurs exigences. Si des négociations s’ouvraient, “elles allaient être longues”, supputait Kouchner. Instruit par l’expérience, il échafaudait des hypothèses : “Nous essayons d’établir des contacts. Je n’ai pas dit du tout que nous en avions et, d’ailleurs, je vous dis très clairement : nous n’en avons pas… Mais cette négociation viendra un jour et ça peut être très long… Les gens qui les détiennent peuvent ne pas se manifester, c’est la coutume, pendant huit jours, quinze jours, pour laisser retomber la pression…”
Ce que l’on savait se résumait à peu de choses : selon la police afghane, les deux Français circulaient en voiture dans la province de Kapisa, à 120 km au nord-est de Kaboul, et ils avaient été enlevés par des “éléments anti-gouvernementaux”. Ce qui ne veut rien dire de précis, sachant les mœurs des féodaux afghans… La région montagneuse de Kapisa, où opèrent les auxiliaires français de l’armée américaine, est le théâtre d’opérations non seulement des talibans , mais du redoutable Gulbuddin Hekmatyar qui agit pour son propre compte. Ce sont d’ailleurs ses hommes (non les talibans) qui avaient tendu aux militaires français du 8e RPIMa l’embuscade meurtrière du 18 août 2008, dans la vallée d’Uzbin.
La façon d’agir d’Hekmatyar est celle des chefs afghans depuis des siècles : ce qui contribue à faire de cette guerre un labyrinthe, très loin de l’image que les médias occidentaux voudraient en donner. Deux autres journalistes français avaient été tués dans une embuscade en novembre 2001 près de Mazar-i-Sharif (nord-est de l’Afghanistan).
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