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Interview. "On s'est pris une dérouillée !" Le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol veut le renouveau du PS

Politique. Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et président de la Métropole, espère prendre la tête du Parti socialiste le jeudi 19 janvier.

Interview. "On s'est pris une dérouillée !" Le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol veut le renouveau du PS
Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie est candidat pour devenir premier secrétaire du Parti socialiste jeudi 19 janvier. 

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans la course à l'élection du premier secrétaire du Parti socialiste (PS) ?

Précisément, je suis le candidat du renouveau. Il faut le dire, le PS est dans un état lamentable depuis trop longtemps. La gauche tout entière est faible. Vous avez trois blocs dans le paysage politique : le bloc d'extrême droite, qui progresse le plus, le bloc macroniste, et le bloc de gauche, qui est le plus fragile. Dans ce bloc, le Parti socialiste est extrêmement faible. Donc, on a besoin de renouveau et de rassembler. Les élus et militants ne demandent que ça. Il n'est jamais trop tard. Il y a de plus en plus d'injustice. Tant qu'il y a des injustices, il y aura des socialistes.

Il y a trois candidatures pour la tête du PS. L'actuel leader Olivier Faure, artisan de l'accord Nupes, Hélène Geoffroy qui a le soutien des "éléphants"… Quelle est cette ligne centrale que vous défendez avec votre mouvement Refondations ?

La Nupes, c'est un accord électoral, qui a montré une domination claire d'une formation de gauche sur les autres, La France insoumise. En ce qui concerne la mienne, on s'est pris une dérouillée, il ne faut pas se mentir ! L'accord a permis de sauver les meubles mais il est quand même perdant. Que les groupes de gauche travaillent ensemble, tant mieux ! Est-ce suffisant pour que la gauche soit gagnante ? Aujourd'hui, la gauche est à 30 %, elle doit être à 50 %. Il faut donc des Refondations, des états généraux de la gauche pour reconstruire.

Olivier Faure n'était pas l'homme de cette refondation ?

Nous ne sommes pas adversaires, nous sommes en concurrence. Je l'ai soutenu quand il a repris le parti. Il faut maintenant faire le point. On est passé de 200 000 à 20 000 militants. On a perdu toutes les élections. Celles qui ont été gagnées ne l'ont pas été grâce à la direction du parti ! Le Parti socialiste est-il devenu plus audible ? Ça se saurait ! Donc, c'est comme au foot. Quand vous perdez cinq matches d'affilée, vous posez la question de l'équipe et du coach.

Donc vous ne vous reconnaissez pas dans ce qui est porté par la Nupes à l'Assemblée ?

Je pense que le socialisme du XXIe siècle doit se définir par lui-même. Le socialisme, c'est la lutte contre les inégalités. Par exemple, la lutte contre le réchauffement climatique : elle impose une certaine radicalité car on n'a plus le temps d'attendre. Les mesures peuvent avoir une conséquence sociale, d'où l'importance de la sociale-écologie. Toujours concilier les deux. Autre exemple d'actualisation du socialisme de ce siècle : l'égalité entre les femmes et les hommes, qui a pris un relief particulier, la question du numérique et du poids des Gafam. Sur le plan international, la question de la puissance européenne et de son rôle dans la mondialisation est au cœur des débats.

Vous menez une campagne auprès de militants cette fois, et plus d'habitants. Quelles différences cela fait ?

La campagne est évidemment différente parce qu'on n'est pas que dans la proximité. On n'est plus que 20 000 adhérents, ce qui est terrible et triste. Mais, en même temps, sans prétention ou fausse modestie, la démarche que nous portons, qui est centrale, pas centriste, populaire mais pas populiste, enthousiasme beaucoup de gens qui, comme diraient mes filles, ont le "seum" et étaient désabusés.

Si vous êtes élu, quel temps vous reste-t-il pour Rouen ? On risque de moins vous voir…

Je ne crois pas. Je suis dédié à ma tâche. Je ne veux pas être prétentieux, mais j'ai une certaine capacité de travail. Et le secret, c'est le collectif ! Ici, on a une équipe avec des adjoints et des vice-présidents qui font un travail formidable.

Vous parlez du collectif. Ne croyez-vous pas que l'on puisse penser que vous jouez votre carte personnelle ?

Je comprends la critique mais je n'ai jamais quitté le Parti socialiste, même si ça m'a peut-être coûté des voix lors de la campagne municipale. D'autre part, on est dans un moment grave. Le bloc qui progresse est celui de l'extrême droite, qui peut prendre le pouvoir. Est-ce qu'on va se résigner à ça, en hommes et femmes de gauche ? Jamais !

Quelle serait votre première décision si vous êtes élu premier secrétaire ?

Elle concerne l'égalité entre les femmes et les hommes. On fera un référendum pour changer les statuts du PS pour que la direction du parti soit assurée par un binôme femme-homme. Pas une adjointe où une numéro 2. Un binôme égal avec une coprésidente et un coprésident.

Propos recueillis par Pierre Durand-Gratian
et Ghislain Annetta du Courrier Cauchois

Écoutez l'intégralité de l'interview de Nicolas Mayer-Rossignol :

Nicolas Mayer-Rossignol brigue la tête du parti socialiste

Un nouveau premier secrétaire jeudi 19 janvier 

Rouen. Un nouveau premier secrétaire jeudi 19 janvier 

Trois candidatures s'opposent pour prendre la tête du parti socialiste, jeudi 19 janvier.

L'élection du premier secrétaire

Le premier secrétaire du Parti socialiste sera élu par les militants le jeudi 19 janvier. Seront automatiquement candidats les premiers signataires des deux textes d'orientation qui auront recueilli le plus de voix des militants une semaine plus tôt le jeudi 12 janvier. Trois textes d'orientation ont été déposés le 26 novembre 2022. Le 80e congrès national du parti est ensuite prévu les 27, 28 et 29 janvier.

Les textes d'orientation

Le premier texte d'orientation, porté par Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin est baptisé Refonder - Rassembler - Gouverner. Ancienne secrétaire d'État de François Hollande, elle assume cet héritage et le soutien d'une partie des "éléphants" du PS et s'oppose fermement à la Nupes.

Olivier Faure, l'actuel premier secrétaire du parti socialiste est candidat à sa propre succession avec le texte d'orientation 2, baptisé "gagner". Il est considéré comme un artisan de l'accord électoral qui a donné naissance à la Nupes. En cas d'élection, la maire de Nantes, Johanna Rolland deviendrait secrétaire nationale adjointe du parti.

Le troisième texte d'orientation, Refondations, est porté par Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie. 

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