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[Vidéo] Rouen. Ras-le-bol des soignants : une infirmière quitte l'hôpital public

Santé. Depuis la pandémie, certains soignants ont décidé de claquer la porte de l'hôpital public, fatigués des conditions de travail.

[Vidéo] Rouen. Ras-le-bol des soignants : une infirmière quitte l'hôpital public
Sarah, ancienne infirmière de l'hôpital public en Seine-Maritime, a préféré quitter l'établissement et rejoindre une entreprise privée pour retrouver une vie de famille plus équilibrée.

"J'ai une collègue qui a fait un burn-out, vous trouvez ça normal ?", s'interroge Sarah. "Moi, j'ai préféré partir avant." Cette infirmière normande, qui souhaite garder l'anonymat, a travaillé cinq ans dans un centre hospitalier intercommunal en Seine-Maritime. Il y a un an, elle a claqué la porte du public pour travailler dans le privé, en tant que prestataire de services de santé. Elle raconte.

"On donne et on a l'impression
de ne pas recevoir, donc on dit stop"

L'infirmière exerce dans le service de pneumologie de l'hôpital, un service particulièrement sollicité depuis le début la pandémie. L'hôpital doit rapidement créer une unité post-réanimation pour pouvoir soulager le service : "J'étais volontaire et la première vague de Covid était intéressante, on apprenait beaucoup de choses, on s'entraidait. C'était assez exceptionnel à vivre, sauf qu'au bout de deux ans, on fatigue. Il y a beaucoup de pression, beaucoup de pression et dans le cadre de la Covid, on pouvait voir l'état d'un patient se dégrader en cinq minutes ! C'était minant."

Témoignage de Sarah, infirmière de Seine-Maritime pour Tendance Ouest

Abonnée aux semaines de 35 heures qui finissent à 60, elle est souvent "rappelée sur ses jours de repos. Parfois, je ne voyais pas mes enfants pendant trois jours". Elle enchaîne les CDD, puis enfin arrive le CDI, mais elle ne peut toujours pas prétendre au statut de fonctionnaire. Résultat : pas de prime et "en cinq ans, je n'ai aucune augmentation".

L'hôpital public n'est plus attractif selon l'infirmière : "On se demande pourquoi le public a du mal recruter ? Les horaires, le salaire, les contraintes… Les gens disent stop. Et puis, moi, j'ai eu de la chance, mon hôpital, il était à taille humaine. Dans les grosses institutions, c'est un peu l'usine."

"On ne va pas dire à un patient :
désolée, je suis en grève !"

Depuis qu'elle travaille pour une entreprise privée en tant que prestataire de services de santé, elle a trouvé un nouvel équilibre. "J'avais envie de faire passer ma vie de famille avant ma vie professionnelle. Je vois mes enfants, je travaille du lundi au vendredi… Après, il y a des concessions à faire partout. À chacun de voir lesquelles il est prêt à faire."

Sarah, ancienne infirmière du public témoigne du ras-le-bol des soignants pour Tendance Ouest.

La grève illimitée démarrée le 27 décembre 2021 par le personnel se poursuit au CHU de Rouen. Deux autres services ont déposé à leur tour un préavis de grève. Sarah a elle aussi été gréviste, une journée seulement en cinq ans d'activité. "On n'a pas envie que ce soit nos patients qui en pâtissent. Ils ont besoin de nous, donc on ne va pas les abandonner."

Rencontre avec Sarah, infirmière en Seine-Maritime.

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