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Tensions aux Monténégro à la veille de l'intronisation du chef de l'Eglise orthodoxe serbe

France-Monde. Des heurts ont opposé samedi la police à des manifestants déterminés à empêcher la cérémonie d'intronisation du chef au Monténégro de l'Eglise orthodoxe serbe, un événement qui attise les tensions identitaires dans le minuscule pays des Balkans.

Tensions aux Monténégro à la veille de l'intronisation du chef de l'Eglise orthodoxe serbe
Des policiers anti-émeutes font face dans la ville de Cetinje, au Monténégro, le 4 septembre 2021 à des manifestants déterminés à empêcher la cérémonie d'intronisation du chef de l'Eglise orthodoxe serbe - SAVO PRELEVIC [AFP]

Le Monténégro est devenu indépendant de la Serbie en 2006 après quasi 90 ans de vie commune mais entretient des relations complexes avec sa voisine.

Un tiers des 620.000 habitants s'identifient comme serbes et certains nationalistes dénient au Monténégro une identité séparée. L'Eglise orthodoxe serbe (SPC) est la religion dominante du petit Etat mais ses adversaires l'accusent de servir les intérêts de Belgrade.

L'annonce de la tenue dimanche de la cérémonie d'intronisation de l'évêque Joanikije dans le monastère de Cetinje, l'ancienne cité royale dans le sud du pays, a provoqué ces derniers jours de vives tensions au Monténégro, où le pouvoir a basculé fin 2020 dans les mains d'un gouvernement considéré comme proche de la SPC.

Après avoir chargé les cordons érigés par la police dans la banlieue de Cetinje et réussi à les percer, des centaines de manifestants ont dressé des barricades pour barrer les accès routiers à la petite ville, a rapporté une correspondante de l'AFP.

"Ce n'est pas la Serbie", "Vive le Monténégro!", scandaient les manifestants sur une barricade dressée sur la route principale reliant Cetinje à la capitale Podgorica. Samedi soir, toutes les routes menant à Cetinje étaient bloquées.

Eglise "occupante"

Les protestataires sont réunis à l'appel d'organisations qui se proclament "patriotiques" ainsi que du parti DPS du président monténégrin Milo Djukanovic, battu voici un an aux élections législatives par une coalition proche de la SPC.

Ils accusent la SPC d'être une Eglise "occupante" et veulent empêcher ses dignitaires d'accéder dimanche au monastère de Cetinje, le siège de l'Eglise orthodoxe serbe au Monténégro mais qui constitue aussi un symbole de "souveraineté" pour certains Monténégrins.

Le monastère de la ville, où ont siégé les dirigeants monténégrins pendant des siècles jusqu'à la Première guerre mondiale, est considéré par les opposants à la SPC comme la propriété de l'Eglise orthodoxe monténégrine, qui reste très minoritaire et qui n'est pas reconnue par le monde orthodoxe.

Des forces spéciales de la police étaient déployées samedi soir aux alentours du lieu saint mais sans intervenir pour l'instant.

Les opposants à la cérémonie d'intronisation de Cetinje, au premier rang desquels le président Djukanovic, dont le parti a dirigé le Monténégro pendant 30 ans avant sa défaite électorale, exigent qu'elle soit organisée ailleurs dans le pays.

Le président, qui a annoncé qu'il participerait aux manifestations contre la cérémonie si elle était maintenue à Cetinje "où se défend la dignité de l'Etat", est arrivé samedi soir sur les lieux.

Il accuse les autorités de la Serbie voisine et la SPC de "nier le Monténégro et les Monténégrins, ainsi que l'intégrité" de son pays.

Rassemblement à Podgorica

Dans un premier temps, la SPC avait annoncé que l'intronisation donnerait lieu à une célébration populaire devant le monastère de Cetinje.

Mais face à la montée des tensions, elle y a renoncé, organisant à la place samedi soir devant une église de Podgorica, un rassemblement de fidèles afin qu'ils puissent saluer Joanikije, leur nouvel évêque, ainsi que le patriarche de la SPC, Porfirije, venu au Monténégro pour l'occasion.

La SPC a cependant maintenu pour dimanche à Cetinje une cérémonie strictement religieuse en présence d'un nombre restreint de dignitaires religieux, concession jugée "insuffisante et tardive" par le parti de Milo Djukanovic.

Le Premier ministre monténégrin Zdravko Krivokapic, proche de l'Eglise serbe, affirme que le président Djukanovic est "l'inspirateur et l'initiateur des tensions".

Le chef du gouvernement a appelé "tous les citoyens honnêtes monténégrins à ne pas céder à la manipulation de ceux qui sont prêts à pousser les frères dans un conflit, afin de garder leurs bénéfices et privilèges".

Joanikije a été nommé en mai pour succéder à l'archevêque Amfilohije, décédé quelques mois plus tôt des suites du Covid-19 après avoir dirigé la SPC au Monténégro depuis 1990.

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