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Un passage à tabac par des policiers amplifie la controverse sur l'article 24

International. Gauche, écologistes et majorité ont condamné jeudi le passage à tabac par des policiers d'un producteur de musique à Paris, amplifiant la controverse autour de l'article 24 de la loi "Sécurité globale" sur la diffusion d'images des forces de l'ordre.

Un passage à tabac par des policiers amplifie la controverse sur l'article 24
Trois policiers ont été suspendus après le passage à tabac d'un producteur de musique, documenté par une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux - Christophe SIMON [AFP/Archives]

A la demande du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, trois policiers ont été suspendus de leurs fonctions après ces violences, documentées par une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, qui intervient après l'évacuation musclée d'un camp de migrants.

Les images publiées par le site Loopsider montrent un homme appelé "Michel" qui subit une volée de coups assénés par des policiers samedi dans l'entrée d'un studio de musique du XVIIe arrondissement de Paris.

Jean-Luc Mélenchon y a vu la "preuve terrible du caractère vital du droit à filmer l'action policière", qualifiant les policiers de "milice barbare" et réclamant la démission du préfet de police de Paris.

Le chef de file des Insoumis faisait référence à l'article 24 de la proposition de loi "Sécurité globale", qui pénalise la diffusion malveillante de l'image des forces de l'ordre.

Le texte, qui a été adopté par l'Assemblée mardi et doit être encore examiné par le Sénat, a cristallisé ces derniers jours passions et antagonismes.

Plébiscité par les syndicats policiers, soutenu par la droite et l'extrême droite, l'article 24 suscite une levée de boucliers à gauche et chez les défenseurs des libertés publiques qui y voient "une atteinte disproportionnée" à la liberté d'informer et le signe d'une dérive autoritaire de la Macronie.

Le Premier ministre Jean Castex entend pour sa part saisir lui-même le Conseil constitutionnel sur cet article.

Etat de droit

Alors que la victime, noire, dit avoir été traitée de "sale nègre", le premier secrétaire du PS Olivier Faure, a jugé qu'il était "temps d'accepter de traiter le sujet du racisme dans la police, de retirer l'article 24 de la loi Sécurité globale, de rendre l'IGPN absolument indépendante".

"L'État de droit n'est pas négociable", a tweeté la maire PS de Paris Anne Hidalgo, "profondément choquée par cet acte intolérable".

Le patron d'EELV Julien Bayou a lui aussi souligné que "sans les vidéos, rien ne serait sorti", tandis que l'eurodéputé du même parti David Cormand a qualifié les policiers mis en cause de "délinquants racistes".

"Pas d'image sur les réseaux, pas d'émoi public, pas d'embarras du pouvoir, pas de réaction du ministre, pas de sanction des policiers violents et racistes. Pas de justice. Pas de démocratie", a résumé l'eurodéputé de Place Publique, Raphaël Glucksmann.

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a appelé à se joindre aux manifestations de samedi pour le retrait de l'article 24.

Fondamentaux

Côté majorité, le chef de file des députés LREM Christophe Castaner, accusé d'avoir réprimé violemment des manifestations de "gilets jaunes" quand il était place Beauvau, a estimé qu'à "travers l'agression insoutenable de Michel (...) c'est notre humanité qui est atteinte", et demandé une "tolérance zéro contre le racisme et contre cette violence".

Le président LREM de l'Assemblée, Richard Ferrand a mis en garde contre un "usage" de la force qui "sape le lien de confiance indispensable entre les citoyens et ceux qui nous protègent et doit être sanctionné sans faiblesse".

"Il est temps que le préfet de police fasse en sorte que ceux qui font respecter la loi la respectent eux-mêmes", a tancé un proche d'Emmanuel Macron, l'eurodéputé Stéphane Séjourné.

Le député ex-LREM Sacha Houlié a jugé ces actes "inqualifiables" et demandé que leurs auteurs soient "radiés".

A droite, les réactions étaient plus rares. Sollicité par l'AFP, le numéro 3 de LR Aurélien Pradié, qui refuse "l'injonction à choisir son camp", juge les images "indignes, insupportables quand on est attaché aux fondamentaux républicains".

"Ceux qui devraient être les plus indignés sont les policiers et les gendarmes qui font bien leur boulot tous les jours", a ajouté M. Pradié, un des quatre députés LR à s'être abstenu sur le texte, voté par le reste du groupe.

"Cette vidéo est inexcusable, M. Darmanin", a tweeté Julien Aubert, représentant l'aile souverainiste du parti.

pol-el-cg-are/ib/cal

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