A Notre-Dame, vendredi de piété autour de la couronne d'épines

A Notre-Dame, vendredi de piété autour de la couronne d'épines

Un prêtre essuie la couronne d'épines dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 14 avril 2017 © Philippe Lopez [AFP]

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Ils déposent "de lourds fardeaux", leurs intentions de prière: en ce Vendredi saint, à deux jours de Pâques, un flux continu de fidèles vient vénérer à Notre-Dame de Paris la "sainte couronne d'épines", considérée comme une relique de la Passion du Christ.

La cathédrale parisienne conserve dans sa chapelle d'axe d'"insignes reliques" témoignant, selon la tradition chrétienne, de la mort de Jésus de Nazareth: un fragment du bois de la Croix, un clou et la couronne d'épines.

C'est cette dernière, joyau des reliques de Notre-Dame - un cercle de joncs réunis en faisceaux et retenus par des fils d'or -, qui est présentée à la vénération des fidèles tous les premiers vendredis du mois et chaque vendredi de carême. Le Vendredi saint, jour où l'on commémore la Passion de Jésus-Christ, l'ostension dure sept heures sans interruption.

Cette relique est-elle authentique? "En tout cas aucun autre lieu ne revendique d'avoir la couronne d'épines. On en parle à partir de 430, parce qu'avant on ne vénérait pas les reliques", explique à l'AFP Mgr Patrick Chauvet, recteur-archiprêtre de Notre-Dame de Paris.

"L'important c'est que ça nous fasse prier, que ça nous fasse entrer dans le mystère même de la Croix, dans le mystère de l'amour", poursuit le maître des lieux. "On dira que c'est une religion populaire, une piété populaire? Bah on en a besoin. Il y a beaucoup de pauvres, de petits qui viennent là. Mais ce sont eux qui nous apprennent la beauté du mystère", fait-il valoir.

"Ce n'est pas une photo"

Bernadette fait partie de ces fervents croyants n'hésitant pas à faire la queue dans la nef avant de pouvoir embrasser le tube circulaire de cristal et d'or qui renferme la relique. "C'est la première fois que je viens. Aujourd'hui, c'est une grâce pour moi de vénérer la couronne du Christ, ça me touche", confie cette quinquagénaire habitant l'Essonne.

"En silence, par cette vénération, nos prières montent vers le Christ, crucifié sur la croix pour demander la paix", souligne-t-elle. "Vous n'embrassez pas la couronne comme ça. Ce n'est pas une photo, ne sont pas des paroles jetées... Vous pensez au Christ, à sa souffrance". Et donc "au monde entier qui souffre".

Le visage encadré d'un fichu noir, Galina, installée à Paris mais originaire de Moldavie, a même baisé le sol de la cathédrale avant de se recueillir devant la "sainte couronne".

"Je me suis approché et j'ai remercié pour tous les bonheurs que Dieu me donne", dit-elle en confiant avoir été "très malade" et avoir eu la certitude que la prière l'avait "guérie". Elle en est convaincue: "sans foi, on ne peut pas vivre".

Gardiens scrupuleux des reliques sous leur manteau blanc, les chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem veillent sur le bon déroulement de la cérémonie, aidant les chanoines de la cathédrale à rendre ce moment "le plus priant possible", à l'écart du flot incessant des touristes. Ils sont là aussi en protection "au cas où un illuminé voudrait se précipiter sur la couronne d'épines et s'en emparer, comme c'est arrivé une ou deux fois".

"Des foules nombreuses viennent de toute la France et de tous les pays du monde", assure un membre de cet ordre, Renaud de Villelongue. Des orthodoxes russes arrivent par autocars entiers, notamment depuis que le patriarche de Moscou est venu vénérer les reliques en 2007.

Des chrétiens "qui viennent déposer de lourds fardeaux, des prières, au pied de cette couronne d'épines qui apporte des grâces depuis seize siècles", selon ce chevalier du Saint-Sépulcre.

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