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Déville-lès-Rouen. Normandie : Thomas Pesquet, son aventure dans l'espace expliquée par un camarade apprenti astronaute

Jeudi 17 novembre 2016, Thomas Pesquet, natif de l'agglomération de Rouen (Seine-Maritime), décollera du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, direction la station spatiale internationale (ISS) pour une mission de six mois. C'est le premier Normand, et seulement le 10e Français, à découvrir l'espace. Récit d'une performance exceptionnelle grâce à Rémi Canton, également candidat astronaute, qui le connaît bien.

Publié le 09/11/2016 à 15h00 - Par Lucien Devôge
Déville-lès-Rouen. Normandie : Thomas Pesquet, son aventure dans l'espace expliquée par un camarade apprenti astronaute
Après plusieurs années de sélection puis de préparation, Thomas Pesquet peut enfin décoller. - Gagarin Cosmonaut Training Centre/, 2012

Peut-être ne réalisera-t-il pas, l'esprit concentré sur son décollage direction la station spatiale internationale pour la mission "Proxima" d'une durée de six mois. Mais, jeudi 17 novembre 2016, Thomas Pesquet, ingénieur de 38 ans natif de l'agglomération de Rouen (Seine-Maritime), portera sur ses épaules les espoirs de tous les enfants français qui ont, un jour ou l'autre, rêvé de devenir astronautes. Car le trentenaire intègre le club hyper restreint des explorateurs de l'espace : il est le premier Normand à sortir de l'atmosphère et seulement le 10e Français.

Bonus :  Quand Thomas Pesquet fait visiter l'ISS à RFI :

Etre ingénieur, pilote et plongeur à la fois

Au départ, quand les sélections commencent, en 2008, ils sont pourtant près de 9000 sur la ligne de départ. Parmi eux, Rémi Canton, du Centre national des études spatiales, ancien de la Nasa à Houston et ancien camarade de classe de Thomas Pesquet à l'école Supaero de Toulouse (Haute-Garonne). "La première sélection se fait sur dossiers. 200 sont gardés". Les deux camarades font partie des heureux élus. Un petit cercle de petits génies qui en refusent l'étiquette : "Ceux qui nous sélectionnaient recherchaient des profils qui sortaient du lot, des touche à tout. Il fallait parler au moins trois langues, avoir un double diplôme, savoir faire plusieurs choses. Par exemple, mois je suis ingénieur, pilote mais aussi plongeur".

Une histoire de sang froid

La deuxième vague de sélection se fait sur des tests psychotechniques. "On évalue notre mémoire auditive, visuelle, notre sens de l'orientation dans l'espace, notre coordination", se rappelle Rémi Canton. Et pour ce faire, quoi de mieux… qu'un jeu ? "Avec un joystick, on devait piloter u engin pendant qu'on nous envoyait des chiffres en anglais dans un casque. Dès que l'on entendait une série de trois chiffres impairs, on devait lâcher le pilotage un temps, appuyer sur un bouton, tout en gardant son sang-froid".


Sang-froid. Le mot est lâché. Les apprentis astronautes ne connaissent pas la panique. Les futurs explorateurs de l'espace doivent également apprendre à travailler en équipe : "Nous étions dans des groupes de sept ou huit, de nationalités différentes : il fallait se positionner sans être trop agressif ni trop écrasé, il fallait être leader, mais pas trop". Car dans l'espace, Thomas Pesquet sera confiné en permanence avec ses deux astronautes : d'où l'intérêt de bien se connaître et de savoir se compléter.


Après cette nouvelle phase de sélection, ils ne sont plus que 45. Seulement 10 seront ensuite gardés à la suite de visites médicales à Cologne, où "tous les organes y passent". C'est là que Rémi Canton quitte l'aventure.

"Il avait ce rêve dans la tête"

Mais il reste proche de Thomas Pesquet qu'il a souvent au téléphone. Pour le connaître depuis une quinzaine d'années, il dit de lui que "cela ne m'a pas surpris de le voir candidater pour partir dans l'espace. A Supaero, on rêvait tous d'avions et d'espace. Il avait lui aussi ce rêve dans la tête. Et tout ce qu'a naturellement fait Thomas l'a aidé à devenir astronaute. Il a appris à piloter, à plonger, à faire du parachutisme, il parle plusieurs langues…".

Un voyage à 28 000 km/h

Rémi Canton va regarder son ami décoller. Lui restera 400 km plus bas, les pieds sur terre, et loin de la folie de la station spatiale internationale "qui fait le tour de la terre en 1h30 et va à 28 000 km/h, où le soleil se lève et se couche toutes les 45 minutes". Depuis la Terre, Rémi Canton va regarder Thomas Pesquet remplir son rôle d'astronaute idéal - "un homme complet, touche à tout, sûr sans être têtu, qui a et donne confiance et surtout qui peut absorber une quantité impressionnante de connaissances" - et éviter les dangers d'une vie dans l'espace.


Car, il en va de l'espace comme de la Terre, l'adversité est toujours présente : débris spatiaux, radiations solaires, promiscuité, perte de masse musculaire voudront jouer des tours à Thomas Pesquet. Lui devra en faire fi pour mener 62 expériences, coordonnées par l'agence spatiale européenne, qui permettront de faire avancer la science et de de faire avancer les recherches sur une éventuelle conquête de l'espace. Et ainsi de préparer le terrain à des milliers de petits Normands qui aimeraient bien, eux aussi, enfiler la tenue de cosmonaute.

  • BONUS. L'interview de Thomas Pesquet accordée à quelques journalistes français pour tout comprendre de cette aventure exceptionnelle.


ISS : Thomas Pesquet explique sa future vie d... par Futura-Sciences

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