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Londres (AFP). Syrie: raid américain contre le bourreau britannique de l'EI, sa mort non confirmée

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Londres (AFP). Syrie: raid américain contre le bourreau britannique de l'EI, sa mort non confirmée
La Une des quotidiens britanniques en date du 27 février 2015 montrant Jihadi John - AFP
La mort du bourreau britannique du groupe jihadiste Etat islamique (EI) "Jihadi John", visé jeudi soir par un raid américain en Syrie, n'était pas confirmée vendredi, le Premier ministre David Cameron déclarant prudemment ne pas être "encore certain" du succès de la frappe. "Nous ne sommes pas encore certains que la frappe a été un succès", a dit David Cameron lors d'une déclaration dans la matinée devant sa résidence du 10, Downing Street à Londres. Le chef de l'exécutif britannique a qualifié la frappe "d'acte d'auto-défense", affirmant que "c'était la bonne chose à faire". "Si la frappe est un succès, ce sera un coup porté au coeur d'Isis" acronyme anglais pour l'Etat islamique, a-t-il ajouté, précisant que Britanniques et Américains avaient travaillé ensemble pour "débusquer" cet homme visible sur des vidéos exécutant des otages occidentaux. Un porte-parole du Pentagone, Peter Cook, avait également indiqué précédemment ne pas savoir si Mohammed Emwazi, de son vrai nom, avait été tué. "Nous évaluons les résultats de l'opération de cette nuit", a-t-il dit. Des médias britanniques et américains affirmaient en revanche, citant des responsables militaires, que le raid avait très vraisemblablement éliminé Emwazi, dont la dernière apparition remonte à une vidéo du 31 janvier montrant l'exécution d'un Japonais. "Nous sommes sûrs à 99% de l'avoir eu", a déclaré un haut responsable militaire américain cité par Fox News, tandis qu'un autre responsable cité par la BBC a déclaré qu'il existait "un haut niveau de certitude" que "Jihadi John" ait été tué. -'Je me réjouis de sa destruction'- Selon le Pentagone, le bombardement a eu lieu jeudi soir à Raqa, capitale de facto de l'organisation extrémiste sunnite qui occupe la moitié du territoire syrien. Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), a indiqué que jeudi peu avant minuit "un appareil a visé une voiture circulant dans le centre de Raqa, tuant ses quatre passagers dont un important membre britannique de l'EI". Mais il n'a pas été en mesure de dire dans l'immédiat s'il s'agissait du bourreau de l'EI, une organisation responsable d'atrocités et forte de dizaines de milliers de combattants dont de nombreux étrangers. Selon le communiqué de la Défense américaine, Emwazi "a pris part aux vidéos montrant les meurtres des journalistes américains Steven Sotloff et James Foley, du travailleur humanitaire américain Abdel-Rahman Kassig, des humanitaires britanniques David Haines et Alan Henning, du journaliste japonais Kenji Goto et d'un certain nombre d'autres otages". L'annonce du raid a été saluée par Stuart Henning, le neveu d'Alan Henning. "J'éprouve des sentiments mélangés. Parce que je voulais que le lâche qui se cachait derrière le masque souffre comme ont souffert Alan et ses amis. Mais dans le même temps, je me réjouis de sa destruction", a-t-il tweeté, ponctuant son message d'un émoticône en forme de bombe. Mohammed Emwazi, un programmeur informatique de Londres, est né au Koweït en 1988 d'une famille apatride d'origine irakienne. Ses parents avaient déménagé en Grande-Bretagne en 1993 après avoir perdu tout espoir d'obtenir la nationalité koweïtienne. Sa disparition constituerait un revers pour la machine de propagande de l'EI, qui tente recruter des combattants à l'étranger. "Symboliquement, c'est vraiment important", a souligné l'expert londonien Charlie Winter. "Cela enverra un message à l'EI et aux personnes qui voudraient le rejoindre". "Tactiquement, cela ne va pas vraiment changer quoi que ce soit pour le groupe (EI)", a tempéré Raffaello Pantucci, de l'institut londonien de recherches RUSI. -'Sadique, impitoyable'- Le raid intervient au moment où l'armée américaine apporte un soutien aérien à une offensive majeure des peshmergas kurdes contre l'EI sur le mont Sinjar, dans le nord de l'Irak, près de la frontière syrienne, et à la veille d'une réunion internationale samedi à Vienne sur les perspectives de transition politique en Syrie. L'EI contrôle de vastes territoires en Syrie, déchirée depuis 2011 par un conflit qui a fait plus de 250.000 morts, et en Irak. Mais le groupe jihadiste semble reculer dernièrement, attaqué dans les deux pays par les armées nationales et pilonné par les aviations russe (en Syrie) et de la coalition internationale menée par les Etats-Unis (en Syrie et en Irak).
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