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Angers (France) (AFP). Bonnemaison: cinq ans de prison avec sursis requis contre l'ex-urgentiste

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Angers (France) (AFP). Bonnemaison: cinq ans de prison avec sursis requis contre l'ex-urgentiste
L'ex-urgentiste Nicolas Bonnemaison (d), à son arrivée à la cour d'assises du Maine-et-Loire, à Angers le 23 octobre 2015 - AFP
Cinq ans de prison avec sursis ont été requis vendredi devant la cour d'assises de Maine-et-Loire à Angers à l'encontre de l'ex-urgentiste Nicolas Bonnemaison, jugé en appel pour "empoisonnement" de sept patients en fin de vie, à l'issue d'un procès qui a tenté d'éclairer, une nouvelle fois, sans vraiment y parvenir, la responsabilité du médecin face à l'agonie. Une peine tout aussi modérée -- cinq ans de prison avec sursis, avec sursis possible sur l'intégralité des faits -- avait été requise en première instance en juin 2014 à Pau où le médecin bayonnais âgé de 54 ans avait été acquitté par la Cour d'assises des Pyrénées-atlantiques. Nicolas Bonnemaison n'est "pas un assassin, pas un empoisonneur au sens commun de ces termes", a estimé, au nom de l'accusation, l'avocat général, Olivier Tcherkessoff, reprenant les mots de son homologue de Pau. Mais il a bien "provoqué la mort délibérément" de six des sept malades, en leur injectant des produits létaux pour "hâter la fin". "Il ne s'agit pas d'accabler un homme fragile et en souffrance, dont tout démontre qu'il a été victime de son propre aveuglement" en "s'installant dans sa toute-puissance" de médecin, a lancé l'avocat général aux jurés, dans un réquisitoire d'environ trois heures, entrecoupé d'une brève pause. Une tonalité sévère qui contraste avec la peine requise. "M. Bonnemaison s'est mis lui-même hors de la loi, la loi médicale, mais aussi la loi pénale", a ajouté Olivier Tcherkessoff. L'ex-urgentiste est accusé d'avoir administré, en dehors de tout protocole, de l'hypnovel, un puissant sédatif, et du norcuron, un médicament à base de curare. "La volonté de cacher ce qu'il décide, ce qu'il prescrit et ce qu'il administre est révélatrice de son intention", a martelé l'avocat général, soulignant "l"accélération des cas en 2011" -- 6 des 7 entre février et juillet 2011 -- le cas de 2010 étant un cas isolé, "un acte clairement d'euthanasie à la demande des familles". - 'Entre les deux' - "Le Parquet s'enferme dans sa toute-puissance et veut chercher à tout prix une condamnation, la condamnation du Dr Bonnemaison", a réagi à l'issue de l'audience Me Arnaud Dupin, un des avocats de l'urgentiste, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité. "Alors, soit c'est un assassin et à ce moment-là il faut le condamner. Soit c'est un médecin, main on ne peut pas être entre les deux comme à chercher à l'affirmer l'avocat général", a-t-il ajouté. Dans la matinée, les avocats des deux familles s'étant portées parties civiles -- aucune famille n'a porté plainte -- avaient appelé à une "condamnation" de Nicolas Bonnemaison qui a "volontairement abrégé" la vie de ses patients. "Il a volontairement provoqué la mort de Mme (Françoise) Iramuno, en injectant de l'hypnovel, violemment". "Il voulait abréger sa vie, certainement pas soulager ses souffrances", a plaidé Valérie Garmendia, l'avocate du fils et de la belle-fille de cette femme morte à 86 ans en avril 2011, deux jours après son admission dans le service des urgences de l'Hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). "Si vous prononcez la culpabilité du docteur Bonnemaison, le père de mon client pourra enfin vivre sa mort en paix", a de son côté lancé Me Thierry Cazes, avocat du fils d'André Geffroy, un patient décédé en février 2011 à 92 ans. Tout au long des deux semaines du procès, Nicolas Bonnemaison, 54 ans, a toujours réfuté toute "intention de faire mourir" ses patients, tout en reconnaissant avoir procédé à des injections pour, selon lui, mettre fin à des souffrances extrêmes. Comme à Pau il y a 16 mois, praticiens, familles de patients et de l'urgentiste, grands témoins sur la fin de vie, dont l'ex-ministre Bernard Kouchner, l'ex-secrétaire d'Etat, Michèle Delaunay et l'un des auteurs du nouveau texte de loi sur la question, le député Jean Leonetti, ont déposé devant la Cour. A Pau, l'accusation n'avait pas demandé l'interdiction d'exercer. Quelques jours après l'acquittement, Nicolas Bonnemaison avait toutefois été radié par le Conseil national de l'ordre. En début d'après-midi, environ 250 membres du personnel de l'hôpital de Bayonne se sont rassemblés devant l'établissement en soutien à l'ex-urgentiste pour dénoncer "l'archarnement de la machine hospitalière et judiciaire". Le verdict est attendu samedi.
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