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Berlin (AFP). Grèce: dernière étape ardue à Berlin pour le ministre des Finances

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Berlin (AFP). Grèce: dernière étape ardue à Berlin pour le ministre des Finances
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis fait une déclaration à la sortie de la Banque Centrale européenne à Francfort, le 4 février 2015 - AFP
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis faisait jeudi une dernière étape, cruciale, dans sa tournée européenne, en venant rencontrer à Berlin son homologue Wolfgang Schäuble quelques heures après une décision de la BCE cinglante pour Athènes. Entre le nouveau ministre grec de gauche radicale et le vieux loup de la politique allemande, le conservateur Wolfgang Schäuble, la première rencontre bilatérale entre Berlin et Athènes depuis l'accession du parti Syriza au pouvoir, qui a commencé à 10H30 GMT, était prévue pour durer une petite heure. Suivra une conférence de presse commune à 12H30, heure locale (11H30 GMT). Grand défenseur d'une politique européenne de rigueur budgétaire que ses détracteurs voient comme une politique d'austérité étouffant tout élan de croissance, Wolfgang Schäuble devrait, sauf surprise, insister sur les avancées réalisées par la Grèce grâce à cette stratégie, depuis qu'elle est sous l'assistance financière de ses partenaires européens. "Ceux qui disent que tout ce qui a été fait est mauvais, oublient la situation dans laquelle était la Grèce et ce que nous avons dû accomplir depuis", a-t-il d'ailleurs lancé mercredi. Dos au mur pour présenter des solutions acceptables à ses partenaires européens, M. Varoufakis aura la tâche d'autant plus difficile face à son collègue allemand que la Banque centrale européenne (BCE) lui a tiré le tapis sous les pieds mercredi soir. L'institution monétaire a décidé de couper l'accès des banques grecques à l'un de ses canaux de financement, dont elles pouvaient encore bénéficier grâce à un régime de faveur. Ainsi, les banques grecques ne pourront plus emprunter de l'argent auprès de la BCE en offrant en garantie leurs titres de dette de l'Etat grec. Pour se financer, et par ricochet alimenter les caisses d'Athènes dont elles achètent les obligations, les banques grecques n'auront donc plus d'autres possibilités que d'apporter en garantie d'autres titres moins risqués ou d'avoir recours à un système d'urgence, baptisé ELA, autorisé par la BCE. - 'pression politique' - "Tous les espoirs du nouveau gouvernement grec que la BCE lui offre unilatéralement plus de temps ont été anéantis", a commenté Christian Schulz, économiste chez Berenberg, jugeant que cela constituait "un fort rappel" à la Grèce que "son système financier et économique pourrait s'effondrer en quelques semaines" sans le soutien de l'Europe. La Bourse d'Athènes a réagi très négativement, lâchant 5,5% en fin de matinée. Les autres places boursières, inquiètes aussi, limitaient toutefois leurs replis, car "la Grèce () va d'abord s'approcher du précipice, avant qu'une issue favorable émerge éventuellement", pronostiquent les analystes d'Aurel BGC. Assurant qu'il n'y avait "pas de raison de s'inquiéter" sur la liquidité du système bancaire grec, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis, a interprété cette décision comme "un moyen de pression politique au moment où une consultation à tous les niveaux se développe" autour de la question de la dette grecque. Une source gouvernementale a exclu que le pays soit "soumis à un chantage". Parti d'Athènes le week-end dernier avec l'intention de convaincre leurs partenaires européens de réduire l'écrasante dette grecque de 300 milliards d'euros et de libérer le pays des exigences d'économies de ses créanciers, le Premier ministre Alexis Tsipras et son ministre Yanis Varoufakis n'ont guère suscité d'enthousiasme avec leurs diverses propositions. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker n'a pas ouvert la bouche à l'issue de sa rencontre avec M. Tsipras mercredi, tandis que le président français François Hollande a insisté tout autant sur "la solidarité" que sur "le respect des engagements pris". Le Fonds monétaire international (FMI), important créancier du pays, a affirmé n'avoir "eu aucune discussion" avec Athènes. De son côté, la chancelière Angela Merkel, qui ne devrait pas rencontrer son homologue grec avant un sommet à Bruxelles le 12 février, ne voit pas de divergences entre les membres de la zone euro. Malgré cela, M. Varoufakis ne désespère pas de convaincre l'opinion publique allemande. "Parmi tous les pays en Europe, les Allemands sont ceux qui comprennent le mieux cette information simple", a-t-il expliqué sur la chaîne publique ARD. "Quand on humilie trop longtemps une nation fière (), cette nation a un moment donné est en ébullition", a-t-il ajouté dans une référence indirecte à la crise des années 30 qui avait porté Hitler au pouvoir en Allemagne.
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