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Jurques. Leur maison en feu : "On a tous failli mourir"

Faits Divers. Quelques jours avant Noël, le feu a détruit leur maison. La famille Goethals a cru sa dernière heure arrivée. Elle raconte.

Jurques. Leur maison en feu : "On a tous failli mourir"
Toute la famille Goethals - les parents Vanessa et Benjamin et les enfants Mateo, 13 ans, Noa, 10 ans, et Loan, bientôt quatre ans - a été relogée dans un gîte au Mesnil Auzouf en attendant la reconstruction de leur maison. - Philippe Bertin

C'est ce qui lui glace le sang, lui fait monter des larmes, se dire qu'elle aurait pu ne pas sauver ses enfants, se dire que sa vie de famille a failli d'un coup basculer dans l'horreur absolue. Vanessa Goethals, 35 ans, peine encore, plusieurs semaines après, à dire toute son émotion, un mélange de chagrin, de douleurs et de soulagement. "Comment peut-on imaginer ne pas pouvoir protéger ses enfants ? Comment ?" On le sent au son de sa voix, à la façon dont elle parle, ses enfants autour d'elle, de cette nuit d'horreur : elle reste profondément marquée par ce qui leur est arrivé dans cette nuit du lundi 19 au mardi 20 décembre dernier, en plein centre-bourg de Jurques, dans leur maison de la cité de la Bruyère fleurie.

• Lire aussi. Jurques. La toiture d'une maison prend feu en pleine nuit

Des souvenirs partis en fumée

S'il n'y avait pas eu le voisin pour les alerter, que se serait-il passé ? "C'est lui qui nous a réveillés. Il était quatre heures du matin, nous dormions profondément. Nous n'avions rien senti." Déjà à cette heure, un bout de flamme s'échappait du toit de la maison. "En à peine dix minutes, tout le premier étage de la maison était en feu."

Les trois enfants dormaient au premier étage, composé de trois chambres, une salle de bains et un grenier. La chambre des parents, elle, est au rez-de-chaussée, avec la salle d'eau attenante. "J'ai réveillé les enfants. On est tous sortis en pyjama, la maison brûlait." Benjamin, le père, a conservé quelques photos sur son téléphone portable : c'est impressionnant, le ciel est rouge, les flammes dévorent la charpente.

C'est le conduit du poêle à bois en surchauffe qui a provoqué l'incendie. Benjamin a bien essayé de grimper sur le toit pour éteindre le feu, mais peine perdue. Le couple a réussi à sauver ce qui pouvait l'être : leur voiture dans le garage et quelques babioles, mais pour le reste, tout est parti en fumée. Des meubles, des vêtements, des jouets… et puis ces petits riens qui font une vie et auxquels on tient par-dessus tout : "Les boîtes de naissance des enfants, les photos de jeunesse, les jouets…"

"C'était la maison de nos rêves,
Benjamin l'avait construite
lui-même !"

Vanessa enseigne dans un centre spécialisé à Bretteville-sur-Odon, tout près de Caen. Elle accompagne des jeunes en situation de handicap, "un métier formidable", selon elle. Benjamin, 36 ans, est couvreur. Il s'est formé plus jeune à la menuiserie. C'est lui qui a construit la maison de ses propres mains. Il y a passé un an de sa vie, entre mars 2018 et février 2019, aidé de parents et de copains. La maison de ses rêves, "tout en bois".

Vanessa et Benjamin se sont mariés en 2019, ils avaient prévu d'aller au Mexique pour leur voyage de noces, mais le confinement est passé par là. Ils l'avaient reporté pour février prochain, en République Dominicaine. Ils l'ont annulé. "On ne se voyait pas partir, alors que des gens modestes n'ont pas hésité à nous aider quand tout cela est arrivé."

Cet élan de solidarité, ils en sont encore très émus, presque gênés. "On a pris cela en pleine figure. Nous ne sommes pas du genre à demander. On participe souvent à des actions caritatives auprès de la Croix rouge ou du Secours populaire. Là, c'est incroyable toute cette gentillesse qui nous entoure." Des dons par dizaines, des jouets, des vêtementsAutour d'eux, tout le monde s'est mobilisé : la famille, les amis, les voisins, des entreprises du coin, des supermarchés, des anonymes. Une cagnotte de solidarité a été mise en œuvre, elle fonctionne toujours sur le réseau Leetchi.

Le Noël a été plus doux, mais la blessure demeure. Vanessa et Benjamin passent leur temps encore à tout déblayer, les gravats s'accumulent, il faut faire place nette. Leur maison sera reconstruite à l'identique. "Mais cette fois, sans poêle à granulés", dit Vanessa. Elle esquisse un petit sourire en disant cela. C'est le premier depuis cette nuit de décembre. "Cette nuit où l'on a tous failli mourir."

Pratique. leetchi.com/c/une-maison-goethals.

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