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Le Havre. Plutôt que de débaptiser les rues, le passé des esclavagistes expliqué

Commémoration. À l'occasion de la journée nationale de mémoire de l'esclavage, la Ville du Havre annonce qu'elle va annoter les rues qui portent le nom d'armateurs ou négociants havrais impliqués dans la traite des noirs.

Le Havre. Plutôt que de débaptiser les rues, le passé des esclavagistes expliqué
Chaque 10 mai depuis 2009, Le Havre participe à la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

Des roses blanches, quelques notes de kora et les mots de l'écrivain Gabriel Souleyka. Comme chaque année depuis 2009, la Ville du Havre organisait une cérémonie, mardi 10 mai, à l'occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. "Le Havre a joué un rôle majeur dans la traite et l'esclavage des noirs, rappelle sans détour Jean-Baptiste Gastinne, premier adjoint au maire. Au XVIIIe siècle, 12 à 13 % des navires qui quittent la France pour prendre part au commerce triangulaire partent du Havre." Direction l'Afrique, pour échanger la pacotille fabriquée en Europe contre des esclaves, qui seront vendus "comme des biens meubles" à Saint-Domingue ou en Martinique, avant de revenir les cales chargées de coton, cacao et autres denrées.

Les abolitionnistes honorés

Dans la cité Océane, nombreux sont les négociants et armateurs qui ont fait fortune grâce à l'esclavage, jusqu'au début du XIXe siècle. Certaines rues portent même leur nom. Mais ce passé sombre de leur histoire sera bientôt mis en lumière.

"Au Havre, on ne débaptise pas les rues", poursuit Jean-Baptiste Gastinne, qui a toutefois annoncé la prochaine mise en place d'informations, pour expliquer aux passants "pourquoi ces hommes ont été honorés, mais aussi leur rôle dans la traite". QR code, plaque près du nom de rue… Si la forme que prendra cet ajout n'a pas encore été déterminée, l'initiative est saluée par Anaïs Gernidos, présidente de l'antenne havraise de Mémoires et Partages : "En effaçant, on efface aussi la mémoire. Mais ces explications permettraient que les gens se souviennent. Parfois, ils y habitent, mais ne se sont jamais demandé qui étaient ces gens derrière ces noms de rues." Les abolitionnistes, comme Bernardin de Saint-Pierre, qui donne son nom à l'une des principales rues commerçantes du Havre, seront aussi mis en lumière.

Anaïs Gernidos, présidente de Mémoires et Partages au Havre

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