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Emploi. La réduction du temps de travail : bonne ou mauvaise idée ?

Economie. Télétravail, chômage partiel… La crise de la Covid-19 a transformé notre rapport au temps de travail. À l'approche de l'élection présidentielle, le débat sur la réduction du temps de travail refait surface. On fait le point sur les pour et les contre d'une telle mesure.

Emploi. La réduction du temps de travail : bonne ou mauvaise idée ?
En France, les salariés travaillent en moyenne 36,5 heures par semaine, selon l'OCDE. 

Mardi 12 octobre, lors de la présentation du plan d'investissement France 2030, le président de la République Emmanuel Macron a expliqué que la France est un "pays qui travaille moins que les autres" et qui doit "travailler et produire davantage". Longtemps marginalisée dans le débat public, la réduction du temps de travail refait pourtant surface à l'approche de l'élection présidentielle. 

Pour 2022, les candidats d'Europe écologie-Les Verts, du Parti communiste et de la France insoumise représentent les mouvements et partis qui soutiennent la réduction du temps de travail. Anne Hidalgo, candidate PS à l'élection présidentielle, ne se montre pas réticente non plus : "Les conditions de travail se sont beaucoup dégradées, le télétravail a pris de l'ampleur [...]. Il faut reposer la question de comment on partage son temps". En France en 2020, les salariés ont travaillé en moyenne 36,5 heures par semaine, selon l'OCDE.

Quand on parle de réduction de temps de travail, la semaine à 32 heures ou bien de quatre jours sont les options régulièrement misent en avant. Mais elle ne fait pas l'unanimité.

Les arguments pour

Pour Eric Heyer, économiste cité dans Marianne, la réduction de travail est, en période de crise, une véritable arme économique. "C'est ce que nous n'avions pas su faire en 2008 et cela a détruit des emplois [...]. On se rend compte qu'on peut réduire le temps de travail sans trop détériorer notre compétitivité." 

Dans l'ouvrage de Pierre Larrouturou et Dominique Méda, Einstein avait raison, il faut réduire le temps de travail, les auteurs montrent les dégâts du chômage et la façon dont ses chiffres sont analysés. Derrière les statistiques sur l'emploi en Allemagne ou aux Etats-Unis, le taux de chômage baisse effectivement, mais les travailleurs pauvres sont plus nombreux. Selon les auteurs, la productivité des Français est parmi les meilleures du monde, mais cela se paye physiquement et psychologiquement. Passer aux 32 heures serait alors un moyen de redistribuer du travail sur une large échelle et de prendre en compte plus aisément la pénibilité au travail. 

Pour la semaine de quatre jours, un autre argument prône l'augmentation de la productivité. En août 2020, une filiale de Microsoft au Japon avait expérimenté la semaine à quatre jours. La productivité moyenne des salariés aurait connu une hausse de 40 %.

Les arguments contre

Selon les secteurs d'activité, il semble pour l'heure inenvisageable de réduire le temps de travail comme dans l'hôtellerie par exemple. De plus, la fermeture de l'entreprise pendant une journée dans la semaine peut-elle effriter les relations avec le client ou les fournisseurs ?

Les limites peuvent aussi venir de la taille de l'infrastructure : la semaine de quatre jours ne peut s'appliquer par exemple dans une start-up avec de petits effectifs. Une telle structure avec une charge de travail importante ne pourrait se permettre de réduire le temps de travail de ses employés

Concernant les grandes entreprises, le problème, à l'inverse, réside dans la réorganisation titanesque des ressources humaines. Une réorganisation qui pourrait parfois prendre plusieurs mois voir plusieurs années. 

Des expériences fleurissent dans le monde entier

L'Islande a été pionnière sur le débat. Entre 2015 et 2019, le pays a testé, dans le service public, la semaine de 4 jours, ramenant le taux horaire hebdomadaire de 40 à 35 heures. L'expérience a été pilotée par deux think tanks islandais et britanniques. Le rapport de cette expérience, publié en juin dernier, pointe deux effets : la baisse du temps d'activité n'a pas entraîné de réduction de salaire et n'a pas provoqué une surcharge de travail.  

Plus récemment, nos voisins du sud en Espagne ont décidé d'expérimenter la semaine de 4 jours pendant 3 ans, au sein de 200 entreprises volontaires, sans baisse de salaire, à partir de 2022. Un fonds de 50 millions d'euros a été mis en place par le gouvernement espagnol pour soutenir cette expérience. En Nouvelle-Zélande, la multinationale agroalimentaire Unilever mène un essai d'un an sur la semaine de 4 jours en payant 81 employés 5 jours de salaire. 

Pour l'heure, une telle réforme de fond sur la réduction du temps de travail semble assez lointaine en France du fait de la technicité de la loi des 35 heures. Mais pour Eric Heyer, "plutôt que d'imposer une réduction générale du temps de travail, il pourrait être judicieux d'inciter et de soutenir les salariés et les entreprises qui souhaitent le faire"

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