En ce moment : COLD HEART (FEAT DUA LIPA) - ELTON JOHN Ecouter la radio

Le Havre. Ils consacrent leur temps au patrimoine du XXe siècle

Patrimoine. Au Havre, plusieurs associations se battent pour préserver et faire découvrir le patrimoine du XXe siècle.

Publié le 13/09/2021 à 15h45
Le Havre. Ils consacrent leur temps au patrimoine du XXe siècle
Christopher Vimare a plus d'un combat à mener, en matière de patrimoine.

La très chic bâtisse offre une vue imprenable sur Le Havre et sa zone portuaire. Depuis la route, impossible de remarquer une fortification, dissimulée sous une épaisse pelouse. C'est là que se cache le PC Flak, un poste de défense antiaérienne bâti par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Muré juste après le conflit, il a été sorti de l'oubli en 2006, par l'association Mémoire et Patrimoine 1939-1945. Depuis près de vingt ans, ses bénévoles s'attachent à préserver et faire connaître cinq sites qui offrent "une vue d'ensemble de la forteresse du Havre" à l'époque, indique l'un d'eux, Benoît-Jan Wieczak.

Le PC Flak se situe dans le jardin d'une copropriété. L'association doit toujours prévenir avant de venir le faire visiter. -

"Rendre à ces lieux
leur gloire d'antan"

Leur dernier gros chantier : l'hôpital militaire allemand, situé à l'angle des rues Henri IV et Trigauville. Un mastodonte souterrain de 2 300 m2 ouvert au public une fois par mois. Il a fallu électrifier et déblayer l'endroit. "On a fait un dixième du boulot", estime Sylvain Fouesil, bénévole avec sa compagne Dominique. L'association doit aussi négocier avec les propriétaires : des particuliers, des copropriétés ou le groupe hospitalier pour l'abri chirurgical de l'hôpital Flaubert. "Il faut trouver le bon équilibre, expliquer que l'argent des visites est entièrement dédié au paiement des loyers et à l'entretien des lieux, remarque Dominique Fouesil, faire comprendre que l'on n'est pas des fous de guerre." Par sa rareté et sa taille, l'hôpital allemand a permis d'attirer de nouveaux adhérents, comme Tobias Servain, âgé de 17 ans. "Il faut transmettre l'histoire, juge le jeune homme. Je trouve que ce serait bête de laisser ces lieux à l'abandon."

Mémoire et Patrimoine Le Havre 1939-1945 est l'une des nombreuses associations qui préservent des bâtiments d'antan. -

C'est aussi la philosophie de Christopher Vimare. À 32 ans, il préside l'Association de sauvetage du patrimoine havrais (ASPH), qui s'attache depuis 2019 à faire (re)découvrir aux Havrais le tunnel Sainte-Marie, rue Pasteur. "À sa construction en 1895, il avait pour but de relier la ville basse à la ville haute par la circulation d'un funiculaire. Pendant la guerre, il a servi d'abri antiaérien pour les Havrais et de site de stockage pour l'armée allemande", détaille Christopher Vimare, dont l'association fait visiter le tunnel chaque deuxième samedi du mois. "Ce qui nous réunit, c'est de contribuer à sauver ce que personne n'avait réussi à sauver jusqu'ici, la volonté de rendre à ces lieux oubliés leur gloire d'antan", poursuit le président. Outre le théâtre Le Normandy (lire ci-dessous), il espère aussi sauvegarder l'escalier roulant de Montmorency, dont le mécanisme de 1928 est classé au titre des monuments historiques. Fermé dans les années 80, il permettait de relier les quartiers de Graville et Sainte-Cécile. Là aussi, tout est question d'équilibre quand il s'agit de négocier avec l'État ou la Ville. "Il faut être gentil, ne rien dire… C'est parfois compliqué", lâche Christopher Vimare.

En mars dernier, il avait dénoncé dans une vidéo le manque d'étanchéité du site, recensant à l'œil nu vingt-six trous sur la toiture. Ils ont finalement été colmatés. "Si ces lieux n'étaient pas là, Le Havre d'aujourd'hui n'existerait pas. Je ne veux pas faire partie de ceux qui se disent que l'on n'a pas tout fait pour les conserver."

Au Normandy, une affaire de famille

Vert, jaune, blanc avec une pointe de rouge. Il y a quelques semaines, la façade du Normandy a retrouvé ses couleurs d'origine. Le théâtre des années 30 subit depuis le début de l'année un grand lifting grâce à la fratrie Spahija, propriétaire du lieu depuis la fin des années 1990. Après plusieurs échecs avec des promoteurs, c'est la disparition de leur père, à l'été 2020, qui a poussé les six enfants à investir pour redonner vie au Normandy. En quête de subventions "L'Association de sauvetage du patrimoine havrais (ASPH) a vraiment permis que les choses bougent", souligne l'un d'eux, Jessy Spahija. L'ASPH a en effet modélisé en 3D l'ancien théâtre. Un travail qui permet aux entreprises de reconstruire à l'identique et qui a aussi touché les Havrais, nombreux à partager leurs souvenirs sur les réseaux sociaux. Une fois la façade terminée, place aux travaux de couverture avec le désamiantage et l'installation d'ardoises photovoltaïques. La famille et l'association vont aussi se mettre en quête de mécènes et de subventions pour aider au financement de la restauration intérieure. "On a fait le plus ingrat, le décapage, l'évacuation des gravats. Maintenant, on reconstruit", annonce Jessy Spahija, qui envisage de demander le classement de la façade aux monuments historiques. Elle ne fait pour le moment l'objet que d'un signalement. Le public pourra découvrir l'avancement du projet à l'occasion des journées du patrimoine.

Jessy Spahija et ses frères et sœurs rénovent le Normandy, en mémoire de leur père qui rêvait de voir le bâtiment renaître. -

Galerie photos
Réagir à cet article
Envoi en cours...
En direct
Inscrivez vous à la newsletter
La météo avec Tendance Ouest
Les pronostics avec Tendance Ouest
L'horoscope de Tendance Ouest
Les jeux de Tendance Ouest
Les petites annonces avec Tendance Ouest
L'emploi avec Tendance Ouest
L'agenda des sorties de Tendance Ouest
Les concerts avec Tendance Ouest
Les replays de Tendance Ouest
L'application mobile de Tendance Ouest
Le Havre. Ils consacrent leur temps au patrimoine du XXe siècle