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Orne. Avec 550 clochers, le département peut-il entretenir toutes ses églises ?

Patrimoine. Un inventaire des édifices religieux du département de l'Orne est en cours pour quatre mois. La pratique cultuelle diminue et le nombre de curés dans les églises est en baisse. Les communes disposent-elles encore du budget nécessaire à l'entretien de ce patrimoine ?

Orne. Avec 550 clochers, le département peut-il entretenir toutes ses églises ?
Après la fusion de Saint-Martin-des-Aspres et de Notre-Dame-des-Aspres en 1959, l'une des deux églises a été transformée en mairie et en salle des fêtes.

Au mois de mai, l'Observatoire du patrimoine religieux a débuté l''inventaire des bâtiments de culte de l'Orne. Ce travail doit répertorier le nombre de bâtiments, mais aussi l'état dans lequel ils se trouvent.

L'église, le symbole d'un village

Les 550 églises sont les plus nombreuses, le curé n'est que l'affectataire, la commune en est propriétaire. Mais 116 ans après la loi de séparation de l'Église et de l'État et alors que beaucoup de budgets communaux sont tendus, il apparaît de plus en plus difficile de garder ce vaste patrimoine dans un état correct et en bonne sécurité. Voire de le rénover. Pourtant, quelle que soit sa religion, croyant ou non, chacun reste attaché à "son" église, souvent le symbole de "son" village. En 2016, l'ex-évêque de Séez Mgr Jacques Habert, s'était vu confier un travail de réflexion sur cette problématique, par la Conférence des Évêques de France : "Face à une baisse de la pratique religieuse, un certain nombre d'églises risquent parfois d'être à l'abandon. Nous avons ces bâtiments, utilisons-les, valorisons-les, ouvrons-les", nous déclarait-il alors, appelant "à un dialogue avec le monde de la culture, du patrimoine", et plaidant : "Utilisons de la façon la plus juste possible ces bâtiments. Les 42 000 églises et chapelles du pays sont des lieux consacrés, ce qui n'empêche pas de les ouvrir à des événements culturels, des conférences, des concerts, des expositions."

Des aides de l'Etat pour les monuments classés

Une exposition intitulée "C'est le chantier" a été présentée aux archives départementales de l'Orne, sur les travaux effectués dans 38 églises entre 2015 et 2020. Elle sera à nouveau visible du 1er juillet au 30 septembre, au Musée départemental d'art religieux à Sées. Mais durant ces cinq ans, ce sont pas moins de 182 opérations qui ont été réalisées dans 129 édifices religieux de l'Orne. Le nerf de cette guerre contre l'usure du temps, c'est l'argent. Lorsqu'un édifice est classé, il peut bénéficier du soutien de l'État, jusqu'à 40 % du montant des travaux. Mais cela impose des contraintes, à tel point qu'en 2018, le maire de Tourouvre (Perche) voulait demander le déclassement de son église ! Lorsque l'édifice n'est pas classé, il faut espérer les aides du Conseil départemental, ou bien la participation de la Fondation du patrimoine ou de Vieilles maisons de France. Il peut enfin être fait appel à de généreux donateurs : près de quarante projets de restauration d'églises dans l'Orne attendent actuellement des dons sur le site internet de la Fondation du patrimoine !

Pour faire face aux indispensables travaux d'entretien, certaines communes font aussi appel à des bénévoles lors de chantiers internationaux. C'était par exemple le cas à l'été 2020, lorsque de jeunes Français, Italiens, Maliens, Turcs, Indiens étaient venus faire de la maçonnerie durant trois semaines à l'église des Authieux-du-Puits, commune de moins de 70 habitants près du Merlerault. Mais face aux sommes colossales nécessaires pour l'entretien de tout ce patrimoine, certains maires préfèrent aussi demander le déclassement de certaines de leurs églises, et les vendre.

Un cercle vertueux

Le Département de l'Orne est en pointe pour la sauvegarde de ses édifices cultuels. À l'échelle de la Normandie, il est sur la première marche du podium, c'est celui où le plus gros volume de dons a été collecté dans le cadre d'opérations de mécénat pour y effectuer des travaux. Ce serait même unique en France… Ainsi, l'église de Domfront a pu être sauvée. Mais c'est aussi le cas dans de nombreuses très petites communes, comme à Coudehard, qui compte quelque 80 habitants.

Ici comme ailleurs, de très nombreuses associations locales savent mobiliser, entraînant dans leur sillage l'intervention de la Fondation du Patrimoine et l'aide du Conseil départemental. "On a encore du travail, mais les difficultés sont ici à la marge", explique-t-on à la délégation ornaise de la Fondation du Patrimoine.

Parfois dans toutes les communes

Dans certains cantons, comme à l'époque sur celui de Putanges-Pont-Ecrepin, des souscriptions pour travaux ont été réalisées dans l'ensemble des communes. Et ce n'est pas le seul… Ce n'est donc pas un hasard si la manifestation annuelle "Pierres en Lumières" est née dans l'Orne, avant d'essaimer dans les autres départements normands. Ce soir-là, les bâtiments patrimoniaux sont éclairés à la bougie, pour permettre leur visite.

Selon les spécialistes du patrimoine, cette prise de conscience semble même accentuée depuis la crise de la Covid-19.

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