Nouvelles révélations sur des "ristournes" accordées au candidat Macron

Plus d'un an après la fin de la campagne présidentielle, de nouvelles informations de presse ont évoqué jeudi des avantages dont aurait profité le candidat Emmanuel Macron, notamment pour la location de salles où il a tenu meeting.

Nouvelles révélations sur des "ristournes" accordées au candidat Macron

Le président Emmanuel Macron sur le perron de l'Elysée, le 5 juin 2018 à Paris © LUDOVIC MARIN [AFP]

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A la suite des révélations de Mediapart et du Monde en mai, c'est Franceinfo qui a sorti jeudi matin une enquête affirmant que le candidat d'En Marche! avait bénéficié de "prix cassés" et de "ristournes cachées" de la part de théâtres parisiens ayant accueilli ses réunions publiques.

L'Elysée a aussitôt réagi en réaffirmant que "les comptes de campagne du candidat Emmanuel Macron avaient été validés par les autorités compétentes en la matière", à savoir la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Cette dernière avait estimé, début mai, que les remises obtenues par l'équipe Macron auprès de prestataires de services étaient "acceptables" et ne constituaient "pas des participations illicites au financement" de cette campagne.

Ce nouveau développement dans les affaires de comptes de campagne, qui concernent plusieurs candidats, intervient la semaine où est lancée une enquête sur un possible conflit d'intérêts visant le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, principal conseiller d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui on cherche à tout prix à chercher des problèmes quand il n'y en a pas", a réagi Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale. Mais, a-t-il ajouté sur LCI, cela "prouve que personne n'est à l'abri de rien dans notre République" et "montre bien que nous sommes une vraie démocratie".

Enquête réclamée

Selon Franceinfo, l'équipe Macron a "obtenu un tarif au minimum 75% moins cher" que les prix habituellement réclamés pour tenir meeting le 6 février 2017 dans la salle Bobino puis le 8 mars au Théâtre Antoine. Ces deux salles appartiennent à Jean-Marc Dumontet, présenté par la radio comme "un personnage incontournable du théâtre français" et un "proche du couple Macron".

Franceinfo indique par ailleurs que l'équipe d'En Marche! a loué une autre salle parisienne, la Bellevilloise, pour une réunion publique à laquelle Emmanuel Macron n'a pas participé, pour 1.200 euros. Alors que le candidat socialiste Benoît Hamon a dû débourser 4.838 euros "pour une soirée assez similaire", selon la radio.

"Quand on a plusieurs candidats qui demandent la même prestation, je pense qu'on doit les traiter de la même façon", a réagi Régis Juanico, trésorier de la campagne de Benoît Hamon, sur BFMTV, en réclamant "une enquête approfondie".

Pour le député LR Julien Aubert, "chaque ami (de Macron) a voulu dire: +Je vais te financer, te donner à bas prix telle ou telle salle+ et à la fin on se retrouve avec un problème sur les bras, qui est une campagne financée par les entreprises". Mais, a-t-il souligné sur Franceinfo, "près d'un an après, les possibilités de recours sont épuisées".

De son côté, le député du Rassemblement national (RN, ex-FN) Louis Aliot a dénoncé "une affaire Macron puisque les autres candidats n'ont pas bénéficié des mêmes avantages sur les mêmes salles. Et de ce point de vue-là, il y a une rupture de l'égalité entre les candidats".

Mais pour Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, les comptes de campagne d'Emmanuel Macron "ont été ceux, parmi les grands candidats, les moins réformés, puisqu'il y a 120.000 euros de réformation (correction dans les comptes, NDLR)". Il a rappelé, sur France Inter, que Jean-Luc Mélenchon avait "eu 450.000 euros de réformation" et Marine Le Pen "870.000 euros".

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon a jugé qu'il serait "sain et utile" que "les comptes de campagne de Macron soient mis en cause devant la justice", plutôt que cette dernière s'intéresse aux "délires sur mon compte de campagne". Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour procéder à des "vérifications" sur ses comptes de campagne.

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