Gary Cohn, conseiller économique de Trump, claque la porte

Nouvelle secousse de taille à la Maison Blanche: Gary Cohn, principal conseiller économique de Donald Trump, a annoncé mardi sa démission face à la décision très controversée du président américain de taxer les importations d'acier et d'aluminium.

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Cet ancien numéro deux de la banque Goldman Sachs, vent debout contre la politique du magnat de l'immobilier sur ce dossier, rejoint l'impressionnante liste de proches collaborateurs de M. Trump ayant quitté le navire au cours des derniers mois.

La réaction des marchés sera scrutée avec attention après ce départ qui intervient au moment où le président américain semble déterminé à dérouler une politique isolationniste qui sème la consternation à travers le monde et effraie une partie de son propre camp.

Ce n'est pas la première fois que Gary Cohn, 57 ans, est ouvertement en désaccord avec M. Trump. En août 2017, il avait critiqué ce dernier pour sa réaction après les violences racistes de Charlottesville (Virginie), mais n'avait pas franchi le pas de la démission.

"Ce fut un honneur de servir mon pays et de mettre en place des politiques pro-croissance favorables aux Américains, avec en particulier le vote d'une réforme fiscale historique", a indiqué, dans un communiqué laconique, celui qui dirigeait l'influent Conseil économique national (NEC).

Dans un tweet matinal, M. Trump avait contesté l'idée d'un fonctionnement chaotique de la Maison Blanche, assurant que la cascade de départs au sein de son équipe n'était que le fonctionnement normal de la West Wing. "Il n'y pas de Chaos, juste une Energie fantastique", avait-il lancé, dans une étonnante formule.

"Gary (...) a fait un travail extraordinaire pour mettre en place notre programme, aidant à aboutir à une réforme fiscale historique et à libérer une nouvelle fois l'économie américaine", a-t-il souligné après le départ de son proche collaborateur, sans évoquer leurs désaccords de fond.

M. Trump a menacé la semaine dernière d'imposer des droits de douane de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium sur les importations aux Etats-Unis afin de protéger ces secteurs jugés cruciaux pour la sécurité nationale.

Tensions chez les républicains

Recevant mardi à la Maison Blanche le Premier ministre suédois Stefan Löfven, il s'en est pris avec virulence aux Européens qui "rendent pratiquement impossible pour nous de faire des affaires avec eux".

"L'Union européenne ne nous a pas bien traités. Et c'est une situation commerciale très, très injuste", a-t-il martelé.

Cette nouvelle salve de Donald Trump, qui a affirmé il y a quelques jours à la stupéfaction des économistes et historiens que les guerres commerciales étaient "bonnes et faciles à gagner", ne devrait pas contribuer à décrisper la situation.

La plupart des partenaires commerciaux de Washington ont clairement indiqué qu'ils n'entendaient pas rester les bras croisés.

L'Union européenne a dit préparer des mesures de rétorsion contre des importations américaines dont les motos Harley-Davidson, les jeans Levi's et le whiskey bourbon.

Mardi, le Mexique, qui fait partie avec les Etats-Unis et le Canada de l'accord nord-américain de libre-échange (Aléna), a menacé de taxer les biens américains "sensibles politiquement" en cas d'imposition de taxes sur les importations d'acier et d'aluminium mexicains.

La cible principale des taxes américaines est la Chine mais plusieurs analystes ont fait observer que ce pays ne représentait que 2% des importations américaines d'acier.

M. Trump a contesté cette évaluation, affirmant qu'une partie des importations transitait par d'autres pays. "On peut voir qu'un pays qui n'a même pas un haut-fourneau nous envoie 3% d'acier et cela vient de la Chine", a-t-il affirmé sans toutefois citer lequel.

Mais ses velléités d'imposer des taxes suscitent de fortes réticences au sein même de son parti républicain, majoritaire au Congrès, traditionnellement favorable au libre-échange.

Le président de la Chambre des représentants Paul Ryan a appelé mardi Donald Trump à renoncer à sa décision et à lui préférer des mesures "chirurgicales" et "ciblées" pour éviter une guerre commerciale risquée.

Admettant qu'il existait "clairement des abus" en matière de dumping, M. Ryan a affirmé à la presse que les mesures protectionnistes souhaitées par la Maison Blanche pourraient entraîner des "dommages collatéraux.

M. Ryan est élu du Wisconsin (nord), berceau de Harley-Davidson.

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