A Hérouville-Saint-Clair, la lutte contre la radicalisation s'organise

Depuis septembre 2017, l'association Quartiers jeunes expérimente un nouveau dispositif de prévention contre la radicalisation à Hérouville-Saint-Clair (Calvados). Premier bilan.

A Hérouville-Saint-Clair, la lutte contre la radicalisation s'organise

L'équipe réunit éducateurs, psychologues spécialisés sur la radicalisation ou encore des conseillers de la préfecture ou de l'éducation nationale.

Par Marie-Charlotte Nouvellon

Libérer la parole pour casser les idées reçues : c'est l'objectif du projet Socrate, lancé en septembre 2017 à Hérouville-Saint-Clair (Calvados) par l'association Quartiers jeunes (AQJ). L'objectif ? Lutter contre le communautarisme et la radicalisation des adolescents.

200 jeunes sensibilisés

En quelques mois, près de 200 jeunes sont déjà passés par les "petites agoras" qui s'invitent dans les collèges et foyers de jeunes travailleurs. "Partant sur les principes de l'éducation populaire, nous avons voulu créer des espaces de parole libre, présente Julien Danlos, éducateur. Nous y parlons de terrorisme mais aussi des discriminations, de la laïcité ou encore des origines."

Et pour capter l'intérêt des jeunes, les éducateurs ont développé des outils ludiques, comme un quiz sur les théories du complot ou un "fou garou", jeu qui reprend les principes du "loup-garou" où certains incarnent les agents du renseignement, les terroristes, les victimes… Au fil des séances, les jeunes se confient sur les sujets qui les interpellent. "Il y a par exemple beaucoup de confusion sur la laïcité, l'interdiction des signes religieux à l'école… Même chez les enseignants, certains pensent que cela veut dire que l'on ne peut pas du tout parler de religion", explique Nadia Mazari, encadrante. D'où la nécessité d'intervenir également auprès des éducateurs, dont la sensibilisation fait aussi partie du projet Socrate.

"Il n'existe pas de profil type"

Ce dispositif a été pensé par une équipe mêlant conseillers en parentalité, psychologues spécialisés sur la radicalisation ou encore des conseillers de la Préfecture ou de l'éducation nationale. "Ce que l'on a remarqué, c'est qu'il n'existe pas un profil type du jeune radicalisé, précise Julien Danlos. Mais leur point commun est d'avoir une faille personnelle et identitaire." Et dans les premiers échanges, "beaucoup de choses sont ressorties sur la confiance en soi, l'image de soi", complète Nadia.

Un travail de longue haleine dont les résultats sont difficiles à mesurer. "On sème des choses, il faut ensuite du temps." Dans les mois à venir, le projet Socrate pourrait s'étendre au milieu sportif. L'AQJ espère toucher 500 personnes d'ici la fin de l'année.

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