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Ehpad: la France aime-t-elle ses vieux ? s'interroge la presse

La grève mardi des personnels au chevet des personnes âgées dans les Ehpad, qui se disent littéralement "à bout", amène la presse à mettre "en accusation" un système qualifié de "machine à broyer".

Ehpad: la France aime-t-elle ses vieux ? s'interroge la presse
Les Ehpad - Sophie RAMIS [AFP]

Les témoignages d'aide-soignants, infirmiers, cadres de santé s'étalent, glaçants, dans les journaux pour déplorer "l'insuffisance des effectifs et des moyens" dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

"Tout est fait pour inciter à la maltraitance", avoue dans Le Monde une aide-soignante qui affiche onze ans d'expérience dans une maison de retraite de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

"EHPAD : le système de soins en accusation", titre le quotidien dont la reporter Charlotte Chabas dépeint le quotidien des soignants et des résidents de ces établissements comparées à des "machines à broyer".

"Par la voix de leurs infirmières et aides-soignantes, +nos vieux+, ces invisibles de la société, morts avant d'être morts, appellent à l'aide", s'alarme Jean-Francis Pécresse dans son éditorial des Echos.

"La France vieillit et elle n'aime pas ses vieux. S'il ne faut pas généraliser ces traitements déshumanisés, force est de constater qu'on a largement dépassé le stade de l'anecdote", s'insurge Florence Chédotal dans La Montagne.

"On a économisé sur le compte d'une population jugée dormante, peu mobilisable électoralement", s'indigne à son tour Didier Rose dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. "Bien sûr, il n'était pas prévu que les dessous de ce mode d'hébergement soient exposés ainsi par ceux qui le vivent de l'intérieur."

'Ne pas faire de la vieillesse un enfer'

L'Humanité fait écho au ras-le-bol des personnels en enjoignant "la solidarité nationale d'assurer à un individu la poursuite de son existence dans la dignité", écrit Maud Vergnol. Mais "face au déficit de l'action publique, nombre d'Ehpad sont désormais entre les mains de groupes lucratifs", s'inquiète l'éditorialiste.

En urgence, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé le déblocage de 50 millions d'euros supplémentaires, fléchés par les agences régionales de santé (ARS) en direction des établissements en difficulté. Une somme jugée insuffisante par les syndicats.

Pour Dominique Garraud de La Charente libre, "les rallonges budgétaires opportunistes ne régleront pas la question de fond de l'inadéquation entre les soins requis par la grande dépendance et le nombre et la qualité des personnels concernés".

"Pourtant le simple respect dû à nos aînés et à leur dignité mérite d'urgence des moyens, un projet global sur les décennies à venir, et surtout une prise de conscience collective", insiste Bertrand Meinnel dans Le Courrier picard.

"Il est vital de stopper la course à la compétitivité dans ces +résidences + où l'on ne prend plus le temps de tenir la main du mourant", martèle Bernard Maillard du Républicain lorrain.

Car "s'il est aussi un devoir de la société, c'est de ne pas faire de la vieillesse un enfer", rappelle Hervé Chabaud dans L'Union.

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