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Roumanie: élection du Parlement, les sociaux-démocrates favoris

Les Roumains ont commencé à voter dimanche lors d'élections législatives qui selon les sondages pourraient marquer le retour au pouvoir des sociaux-démocrates, après un an de purgatoire à la suite du dramatique incendie d'une boîte de nuit de Bucarest.

Roumanie: élection du Parlement, les sociaux-démocrates favoris
Des affiches électorales dans une rue de Bucarest, le 9 décembre 2016 - DANIEL MIHAILESCU [AFP]

Accusé de corruption après cet incendie qui a fait 64 morts en raison de normes de sécurité non respectées, le gouvernement social-démocrate de Victor Ponta avait été acculé à la démission par la rue en novembre 2015.

Depuis, le pays est administré par un gouvernement de technocrates dirigé par l'ancien commissaire européen Dacian Ciolos, avec l'appui du centre-droit.

Les quelque 19.000 bureaux de vote, dont 417 à l'étranger, ont ouvert leurs portes à 07H00 (05H00 GMT) et fermeront à 21H00.

Au total 18,8 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour élire leurs 466 députés et sénateurs, dans le cadre d'un scrutin proportionnel à un tour dont les premiers résultats partiels doivent être annoncés lundi.

Le Parti social-démocrate (PSD), soutenu par un solide socle électoral rural et âgé, est donné favori par les sondages, avec 40% des intentions de vote, après une campagne marquée par des promesses de hausses des salaires et des pensions.

Membre de l'UE depuis 2007, la Roumanie a renoué avec une croissance robuste après un épisode de sévère récession, mais reste le deuxième pays le plus défavorisé parmi les Vingt-Huit, avec un habitant sur quatre vivant dans la pauvreté.

Sur fond de lassitude des électeurs et de discrédit de la classe politique, le taux d'abstention devrait frôler les 60%, comme lors des précédents scrutins, selon les sondages.

Train gratuit pour les étudiants

Crédités à eux deux de 35% à 40% des voix, le Parti national libéral (PNL) et l'Union Sauvez la Roumanie (USR), tous deux de centre-droit, espèrent remobiliser les électeurs pour créer la surprise.

Trois petits partis espèrent pour leur part dépasser la barre des 5%, seuil d'entrée au parlement, et jouer un rôle clé dans les négociations pour former une majorité.

Afin d'encourager les jeunes à aller voter, le gouvernement de technocrates a offert aux étudiants un voyage gratuit en train vers leurs villes d'origine.

Des milliers d'étudiants ont profité de l'aubaine et pris d'assaut la gare du Nord de Bucarest en fin de semaine, sans toutefois qu'il soit établi qu'ils accompliront bien leur devoir électoral par la même occasion.

"Le changement commence avec chacun de nous. J'espère donc que mon vote comptera et que la classe politique changera", a confié une étudiante, Livia Gheorghe, à l'AFP.

Pour l'analyste Otilia Nutu, "la bataille se jouera entre le risque de revenir aux pratiques corrompues d'il y a quelques années et la chance d'avoir un gouvernement qui joue selon les règles".

Le premier test de la volonté des partis politiques de respecter ou non ces règles devrait intervenir dès la formation du nouveau gouvernement.

Une loi datant de 2001 interdit à toute personne condamnée par la justice de devenir ministre.

Cette disposition affecterait en cas de victoire le président du PSD, Liviu Dragnea, condamné au printemps à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale.

Europhilie en baisse

Le chef de l'Etat, Klaus Iohannis, de centre-droit, a mis la barre encore plus haut en annonçant qu'il excluerait de la liste des Premiers ministrables "toute personne ayant des démêlés avec la justice", même non jugées, ce qui mettrait également hors jeu M. Ponta, renvoyé en justice pour blanchiment et évasion fiscale.

Le PSD a indiqué qu'il ne révèlerait le nom de son possible Premier ministre qu'après l'investiture du nouveau parlement, au plus tôt le 19 décembre.

En cas de victoire, les partis de centre-droit devraient pour leur part charger M. Ciolos de former le nouveau gouvernement.

Cet ancien commissaire européen à l'Agriculture, qui se définit comme "sans étiquette" et jouit du soutien de M. Iohannis, s'est engagé à maintenir la discipline budgétaire et à poursuivre sa politique de transparence.

Dans ce pays traditionnellement europhile, qui a perçu 26 milliards d'euros nets d'aides depuis son adhésion, les principaux partis partagent une ligne favorable à l'UE. Pour la première fois cependant, des candidats ont appelé Bucarest à "s'affranchir de la tutelle" de Bruxelles afin de "promouvoir ses propres intérêts".

Des estimations seront diffusées aussitôt après la clôture du scrutin.

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