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Paris (AFP). Médecine du travail: réformer oui, mais "qu'on arrête de nous dire ce qu'on doit faire !"

"Il faut réformer, tout le monde est d'accord, mais qu'on arrête de nous dire ce qu'on doit faire": comme nombre de participants au 34e congrès de la Médecine du travail réunis à Paris jusqu'à vendredi, Eric Kozar, 50 ans, semble résigné face au projet de loi travail qui entend "moderniser" sa profession.

Paris (AFP). Médecine du travail: réformer oui, mais "qu'on arrête de nous dire ce qu'on doit faire !"
"Il faut réformer, tout le monde est d'accord, mais qu'on arrête de nous dire ce qu'on doit faire, Eric Kozar, 50 ans, semble résigné face au projet de loi travail qui entend "moderniser" sa profession. - AFP/Archives

Il est surtout "choqué": la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dont le projet de réforme est perçu comme une remise en cause radicale de sa profession, "n'a pas daigné se rendre à l'ouverture du congrès".

La médecine du travail a 70 ans, la ministre la juge "irremplaçable", mais elle s'est contentée d'un "message vidéo" retransmis sur grand écran. Il a été hué.

"C'était une belle homélie funèbre", commente Anne Viola, professionnelle à l'AIST du Var (association interentreprise pour la santé au travail).

Elle dénonce un "décalage énorme entre ceux qui font les lois et la réalité du monde de l'entreprise", dont "les managers savent d'abord ostraciser les canards noirs, pas être bienveillants".

Alors que seulement 5.000 médecins du travail, âgés à 40% de plus de 60 ans, ont en charge 17 millions de salariés et qu'ils ne seront plus que 2.500 à l'horizon 2020, il s'agit avant tout de trouver des candidats au remplacement de ceux qui partent, rappellent les professionnels.

"Il faut réformer, tout le monde est d'accord, mais qu'on arrête de nous dire ce qu'on doit faire, comme lorsqu'on détermine par la loi la récurrence de la visite médicale (tous les deux ans). C'est ridicule, c'est au médecin de juger quand revoir le patient", dit le Dr Kozar, médecin à Montpellier.

Les critiques se sont aussi focalisées sur la suppression de la visite d'aptitude, réservée aux seuls salariés à risque (chimie, BTP, transport...) dans le projet de loi travail examiné au Parlement, qui fait craindre aux syndicats l'instauration d'une "médecine de travail de contrôle" au détriment d'une médecine préventive.

- Décrets d'application -

"Ce n'est pas le problème majeur. Le problème c'est l'attrition des spécialités médicales que nous subissons. Face à cela, y a-t-il la volonté de maintenir un nombre de médecins suffisant pour accomplir la tâche ? Pour que la spécialité vive ? Pour qu'existe la recherche ?", s'interroge-t-il.

"Les décrets d'application seront décisifs. On verra si notre rôle est garanti", ajoute-t-il, rappelant que les médecins du travail "sont les seuls à accéder à l'entreprise pour pouvoir faire remonter les risques psycho-sociaux, les abus ou excès" du travail, parfois mortels.

Il regrette "la règle du numerus clausus" qui restreint le nombre d'étudiants en fac de médecine et, pour les médecins qui souhaiteraient se reconvertir au service de la médecine du travail, "la formation en quatre ans, trop longue", instaurée par la réforme de la médecine du travail de 2011.

"Depuis 2004, les réformes se succèdent et je ne crois pas que faire passer en force une loi travail changera quoi que ce soit. En revanche, quand les patrons refuseront de payer les cotisations parce qu'il n'y aura plus de médecins, oui, là, peut-être", commente, ironique, Catherine Ribeyrolles, 60 ans, du CMIE (Centre Médical Interentreprises Europe) à Paris.

Selon le Medef, les employeurs financent chaque année les salaires des médecins du travail à hauteur de 1,3 milliard d'euros.

Pour Alain Montmayeur, médecin du travail lyonnais employé chez Orange, la ministre porte "un projet de loi compris par personne" et qui "manque totalement de vision et de stratégie en matière de ressources humaines" tout autant que "d'objectifs".

"Quand ils (le gouvernement) mettront la simplification en pratique, ils rendront service à beaucoup de monde. Pour le moment c'est l'usine à gaz", ajoute Anne Viola, la professionnelle Interentreprises du Var.

Sur la réalité de son métier au quotidien, elle ajoute: "quand j'ai commencé, en 1990, je voyais en moyenne un salarié par semaine se plaignant de son travail. Aujourd'hui, j'en vois trois à quatre chaque demi-journée". Et elle déplore "un monde du travail devenu très conflictuel, qui s'est judiciarisé".

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