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Paris (AFP). Alcatel-Lucent baisse de près de moitié les primes de son ex-patron Michel Combes

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Paris (AFP). Alcatel-Lucent baisse de près de moitié les primes de son ex-patron Michel Combes
L'ex-directeur général d'Alcatel-Lucent, Michel Combes, le 6 février 2015 à Paris - AFP/Archives
Après plusieurs jours de polémiques, et sous la pression combinée du patronat, de l'AMF et du gouvernement, Alcatel-Lucent a décidé vendredi de réduire de près de moitié les primes versées à son ex-patron, Michel Combes, ramenées d'environ 14 millions d'euros sur trois ans à 7,9 millions. Dans la foulée de la révélation du montant des différentes primes et clauses liées en partie au départ de M. Combes, le Medef, ainsi que l'Association française des entreprises privées (Afep), avaient annoncé saisir leur Haut comité de gouvernance des entreprises (HCGE) afin d'étudier les conditions de départ de l'ancien directeur général. L'Autorité des marchés financiers (AMF), qui avait émis un premier avis fin juillet, souhaitait désormais examiner de possibles "irrégularités"; en particulier concernant des informations données à la presse ces derniers mois sur la rémunération de M. Combes, et quant à la clause de non-concurrence. Désormais, l'ex-directeur général du groupe percevra au maximum 4,8 millions d'euros correspondant à sa "rémunération variable pluriannuelle", et ce dans le cas unique de la "réussite de l'opération de rapprochement avec Nokia", a détaillé l'équipementier en télécoms dans un communiqué. Cette rémunération inclut les stock-options prévues dans son contrat, pour un montant maximum ramené à 184.000 euros, a-t-on précisé à l'AFP chez Alcatel-Lucent. Par ailleurs, M. Combes recevra 3,1 millions d'euros au titre de sa clause de non concurrence, un montant revu à la baisse, "dans la moyenne de ce qui se pratique en France", précise le groupe, et pour une durée portée désormais à 40 mois, au lieu de 36 initialement. "Quand il y a eu ouverture des négociations concernant la clause de non-concurrence avec M. Combes, il n'y avait aucune certitude quant au fait qu'il allait rejoindre Altice. En revanche, cela a pu orienter son choix et le pousser à accepter cette position plutôt qu'une autre", explique-t-on chez Alcatel-Lucent pour justifier cette clause. Mais la pertinence de cette clause avait été remise en question par le cabinet spécialisé dans la gouvernance d'entreprises Proxinvest qui estimait qu'il y avait "eu modification des conditions que l'on met à la charge des actionnaires", le poussant, entre autres raisons à saisir l'AMF le 1er septembre. Les énormes primes de M. Combes avaient suscité de vives réactions autant du monde politique que de celui des affaires, le Medef estimant alors, par la voix de son vice-président Thibault Lanxade que les sommes annoncées étaient "d'autant plus choquantes que les résultats n'étaient pas au rendez-vous" pour le groupe franco-américain. - Nouvelle polémique en vue ? - Réagissant vendredi sur Europe 1 à la baisse annoncée par le groupe, M. Lanxade a estimé que "le conseil d'administration finalement se conforme au code Afep-Medef". Maintenant, c'est au Haut comité "de s'assurer que l'ensemble de ces points qui ont été proposés respectent le code. Je trouvais choquant de ne pas respecter un code auquel l'entreprise avait souscrit", a-t-il ajouté. En recevant le nouveau PDG d'Alcatel-Lucent, Philippe Camus, en plein coeur de la polémique, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, avait fait part de son mécontentement" sur le départ jugé "prématuré" de M. Combes. Une situation qui avait également été vivement dénoncée par les syndicats du groupe, alors que M. Combes avait mis en oeuvre une lourde restructuration. Michel Combes justifiait sa rémunération par le "travail accompli" qui avait notamment permis au "cours de Bourse de l'entreprise" de s'apprécier, d'où le "montant significatif" atteint par ses primes versées sous forme d'actions. Au-delà des annonces de ce vendredi, les questions concernant la rémunération de M. Combes ne sont pas totalement levées puisque, désormais, c'est le montant de la prime qu'il aurait reçue lors de son arrivée à la tête de l'opérateur téléphonique Numericable-SFR qui suscite des réactions, certains médias évoquant jusqu'à 100 millions d'euros sous forme de stock-options du groupe Altice. Interrogé sur ce montant astronomique, le vice-président du Medef a estimé que "cela paraît totalement incroyable". "Je n'ai pas envie d'apporter de la surenchère à la rumeur. Mon sens personnel, c'est que ça paraît incroyable", a-t-il commenté.
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