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Islamabad (AFP). Tortures: le rapport ne changera rien au sort des victimes

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Islamabad (AFP). Tortures: le rapport ne changera rien au sort des victimes
L'entrée de la prison de Bagram en Afghanistan, le 13 février 2014 - AFP/Archives
Le rapport américain détaillant les tortures infligées par la CIA à ses prisonniers ne rendra pas à ces derniers ces années passées à souffrir, a déclaré jeudi à l'AFP un ancien détenu pakistanais qui fut notamment battu et menacé avec des chiens. Kamil Shah fut emprisonné à Bagram, une prison militaire du nord de Kaboul longtemps surnommée le "Guantanamo afghan" où les Américains, lorsqu'ils la géraient, furent régulièrement accusés d'y torturer des prisonniers accusés de terrorisme. Le rapport sénatorial américain publié mardi, qui détaille les tortures infligées par CIA à ses prisonniers soupçonnés de liens avec Al-Qaïda dans des lieux secrets dans plusieurs pays, a provoqué une vague de condamnations à travers le monde. L'armée américaine a par le passé admis la mort d'au moins deux détenus à Bagram, qui fut l'un de ses principaux lieux de détention de ces prisonniers en Afghanistan. "Qu'est-ce que ce rapport va bien pouvoir changer pour nous, les Etats-Unis vont-ils nous donner des compensations ?", demande le Pakistanais Kamil Shah en racontant par téléphone à l'AFP ses cinq années de sévices passés à Bagram entre 2004 et 2009. Arrêté par les Américains dans le sud afghan, Kamil Shah, 17 ans à l'époque, a passé près de 5 ans à Bagram, avant d'être relâché, rien n'ayant finalement été trouvé contre lui. "Les Américains ont arrêté des innocents, les ont mis dans des cellules sans lumière et les ont torturé pendant 5 ou 10 ans, et maintenant ils disent qu'ils ont eu tort", peste Kamil, aujourd'hui revenu dans sa région du nord pakistanais. Les Américains ont rendu le contrôle de Bagram aux Afghans en mars 2013, sauf pour quelques dizaines de détenus étrangers, qu'ils disent aujourd'hui avoir tous libérés ou transférés. Une partie a été livrée aux autorités afghanes, a confirmé jeudi Kaboul. De ses années à Bagram, Kamil Shah se rappelle un mélange de tortures violentes et non violentes, de la privation de lumière aux coups assénés par des geôliers jusqu'à leur épuisement. "Ils me battaient pendant des heures avec des bâtons et des armes sticks. Le plus horrible, c'est quand ils m'interrogeaient pendant neuf ou dix heures", raconte-t-il, en se souvenant également de tortures à l'électricité. "Parfois, ils amenaient des chiens, et me disaient que si je ne disais pas la vérité, ils me jetteraient au milieu d'eux". "J'ai été torturé () sans aucune raison, ma vie a été ruinée Qu'est-ce que ce rapport peut donc m'apporter?", lâche Kamil, qui n'a ni diplôme ni emploi et réclame, sans trop y croire, d'être officiellement blanchi des accusations qui lui ont valu sa détention.
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