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Pays de Caux. Leur maison à terre, ils soulèvent un vent de solidarité

Faits Divers. L'incendie avait marqué les esprits. Deux maisons d'un petit village cauchois, Veauville-lès-Quelles, étaient parties en fumée dans la nuit du 5 au 6 août 2022. Sinistrée, la famille Preissner a pu prendre un nouveau départ grâce à la mobilisation du pays.

Pays de Caux. Leur maison à terre, ils soulèvent un vent de solidarité
Christine et Jean-Pierre Preissner devant ce qu'il reste de leur maison, détruite par un incendie en août 2022 à Veauville-lès-Quelles, dans le pays de Caux.

De leur maison, il ne reste que trois pans de mur de briques rouges. Plus de toit, plus de fenêtres. À l'intérieur, c'est un amas de poutres en bois carbonisées et de débris de vaisselle. Comme ce canard en faïence presque intact, rare survivant d'une collection de Vieux Rouen. "J'en avais plus de 200, il y en avait partout", rapporte, la gorge encore serrée, Christine Preissner. "En trente-sept ans, on en accumule des souvenirs, on entasse", renchérit son mari Jean-Pierre, qui choyait son atelier, ses bricoles et ses tondeuses. En l'espace d'une nuit, ils se sont retrouvés sans rien. Sans chaussures, sans lunettes, sans téléphone, sans clé de voiture, sans papiers… Le feu, si rapide et si violent, ne leur a pas laissé le temps, en effet, de rassembler la moindre affaire.

C'était à 2 heures du matin, dans la nuit du 5 au 6 août, à Veauville-lès-Quelles. Christine est réveillée par un bruit de feu d'artifice et d'un verre qui se brise. Elle se lève, elle veut allumer la lumière, mais rien ne se passe. Plus de courant. Quand elle arrive dans la cuisine, l'arrière-cuisine et la salle de bains sont déjà dévorées par les flammes. La fumée commence à envahir les pièces. "Quand on est sortis de la maison, le toit était en feu", reprend Jean-Pierre devant les décombres.

• Lire aussi. Pays de Caux. Deux habitations ont été détruites lors d'un incendie

L'origine de l'incendie
reste un mystère

Les pompiers arrivent en moins d'un quart d'heure. Plusieurs habitants des alentours, voyant les lueurs en pleine nuit, les avaient alertés. De loin, les camions aperçoivent la lumière et donc l'ampleur du brasier. "Une maison qui s'embrase, c'est très impressionnant, commente le maire Gérard Colin, ancien officier chez les sapeurs-pompiers. Mais là, il y en avait deux qui brûlaient." En effet, deux maisons ont pris feu cette nuit-là, malgré les huit mètres qui les séparaient. Mais l'origine de l'incendie reste à ce jour un mystère. "Il a démarré dans un secteur où il n'y a pas d'électricité, pas de point lumineux, remarque le maire de Veauville. Il n'y avait rien qui pouvait déclencher un feu." Sur les conseils de l'assureur, la famille porte plainte contre X. "L'incendie n'est pas parti de la maison, reprend Jean-Pierre, mais il s'est propagé très vite." "C'est certainement dû au rayonnement, indique l'ancien pompier. La haie à côté était très sèche. Le feu a démarré de là. Puis il a probablement atteint les tondeuses qui ont de l'essence, de l'huile, des carters en plastique… Il trouve ensuite toujours un prétexte pour se développer."

Ce canard en faïence presque intact est l'un des derniers symboles de la vie d'avant pour Christine et Jean-Pierre Preissner.

Les voisins recueillent la famille pour la nuit. Ils sortent les matelas pour faire dormir la petite-fille venue passer les vacances chez ses grands-parents. C'est le début d'un élan de solidarité. Le conseil municipal se réunit trois jours plus tard. "Nous avons voté à l'unanimité une aide financière aux deux familles, souligne le maire. Ça me semblait totalement évident de les soutenir, elles n'avaient vraiment plus rien." L'argent leur permet de se nourrir, se loger, s'habiller. À Héricourt-en-Caux, village à proximité, le tabac organise une boîte à dons.

Alertés par les articles de presse, les gens de la région appellent la mairie pour apporter leur contribution. Beaucoup connaissent Jean-Pierre, élu communal pendant plus de 40 ans, et salarié de l'entreprise Bonnet. "Je représentais les machines agricoles, je connais tous les cultivateurs du coin." Leurs trois filles lancent une annonce sur Facebook. "Au moins une dizaine de personnes nous ont envoyé des vêtements, des chaussures, se réjouit Virginie, l'une d'elles. Ça fait du bien de voir que tout le monde ne s'en fiche pas." Les soeurs ouvrent aussi une cagnotte en ligne qui permet aux Preissner de s'installer dans un nouveau logement. "Ça a été très compliqué à trouver. Ça a été le plus difficile et le plus long, soupire le couple. On a fini par trouver sur Leboncoin, on a aussitôt sauté dessus."

D'ici deux ans, ils espèrent rentrer chez eux. Malgré tout : "On aura beau reconstruire, ça ne sera jamais pareil."

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