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Manche. Les agriculteurs inquiets : "Si ça ne s'améliore pas, on va vers des dépôts de bilan"

Agriculture. La FDSEA de la Manche alerte sur les coûts de production avant l'ouverture de nouvelles négociations avec la grande distribution.

Manche. Les agriculteurs inquiets : "Si ça ne s'améliore pas, on va vers des dépôts de bilan"
Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA 50, s'inquiète de la hausse des coûts de production et espère les voir intégrés aux négociations qui vont s'ouvrir avec la grande distribution.

Avec la guerre en Ukraine, le prix des matières premières nécessaires à la production agricole explose. Le blé, le gaz, base de la production d'engrais, et le carburant atteignent des prix faramineux. Cela a des répercussions sur les agriculteurs de la Manche. De nouvelles négociations des prix avec la grande distribution vont s'ouvrir et le syndicat FDSEA de la Manche donne l'alerte pour essayer de faire intégrer au maximum ces coûts de production dans la vente finale des produits. "Il y a des élevages qui préfèrent ne pas remplir leurs bâtiments, les laisser vides. Cela leur coûte moins cher que de produire, explique Jean-Michel Hamel, le président de la FDSEA 50. Quand le prix des matières premières augmente de 40 à 50 %, ce n'est pas les marges qu'ils ont d'habitude. Produire à perte, à un moment, le banquier ne suit plus. Il y a des producteurs dans la Manche qui sont en redressement judiciaire. Si la situation ne s'améliore pas, on va vers des dépôts de bilan. Nous sommes très inquiets."

La filière avicole 
particulièrement touchée

Un secteur subit particulièrement ces hausses de prix : la filière avicole, donc les producteurs de volailles et d'œufs. Entre 70 et 75 % des coûts de production sont liés à l'alimentation des oiseaux. Il faut ajouter des installations gourmandes en électricité pour ventiler et faire fonctionner les poulaillers. Une autre crainte vient se greffer : celle de la grippe aviaire. En Vendée, pour éviter la propagation, des élevages entiers ont été abattus. "Il faut espérer que ça ne va pas s'étendre parce que sinon il y aura la problématique de l'œuf. Il y a l'œuf qu'on consomme comme ça mais il y a aussi tout ce qui est pour la fabrication de tout ce qu'on mange et là, ça risque de poser des problèmes à un moment donné", assure le président de la FDSEA 50. Il a rencontré les acteurs de la restauration collective : écoles, hôpitaux, administration… "Tous ceux qu'on a rencontrés semblent jouer le jeu d'essayer d'appliquer des hausses au fur et à mesure des choses, de s'approvisionner en local. Mais la problématique aviaire les inquiète beaucoup", ajoute Jean-Michel Hamel. Avec la grippe aviaire, des élevages de poussins pour donner ensuite des poules pondeuses ont aussi été "vidés", ce qui pourrait à terme faire baisser encore un peu plus la production d'œufs dans la Manche et partout en France.

Pour Jean-Michel Hamel, les aides de l'Etat qui existent ne sont pas assez abondées et déjà presque entièrement utilisées dans la Manche. Il demande une rallonge pour sauver des entreprises agricoles qui pourraient disparaître sans cela.

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