13 novembre 2015 : cette date, six ans après, sera commémorée ce samedi 13 novembre 2021, en plein procès des attentats de Saint-Denis et de Paris. L'avocat alençonnais Bertrand Deniaud est partie civile à ce procès hors norme.
13 novembre 2015
Il y a six ans déjà, le 13 novembre 2015, des terroristes radicalisés faisaient un carnage à Saint-Denis et à Paris, d'abord au Stade de France, puis par le mitraillage de terrasses de plusieurs cafés et restaurants, et enfin au Bataclan. 130 morts, 413 blessés, dont une centaine en urgence absolue. Il s'agit des attentats les plus meurtriers en France. Trois commandos avaient agi lors de ces attentats revendiqués par Daech. L'unique survivant de ces commandos est Salah Abdeslam, capturé par la police belge à Molenbeek le 18 mars 2016, après quatre mois de fuite. Quelques mois plus tôt, en janvier 2015, la France avait déjà subi les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher. Depuis le 8 septembre dernier, le procès de 14 accusés s'est ouvert devant une cour d'assises spéciale, installée dans l'ancien Palais de justice de Paris, sur l'île de la Cité. Le quartier est sous très haute sécurité, le bâtiment est bunkérisé. Des salles spéciales y ont été construites. L'avocat alençonnais Bertrand Deniaud y représente des familles de victimes, qui sont parties civiles. Les audiences sont suspendues cette fin de semaine, à l'occasion de cette date commémorative des attentats.
Très difficile pour les familles
"Ce procès est très difficile pour les familles", confirme Bertrand Deniaud. "Dans une salle moderne, sans fenêtre, où on s'enferme durant des heures pour entendre l'horreur. On ne peut pas mesurer ce qui a été vécu au Bataclan, beaucoup ont écrit ce qu'ils ont à dire, tremblent, il y a une pression, c'est indicible, c'est dramatique. On ne peut pas mesurer le poids de l'horreur." Quant aux accusés, "ils sont quatorze, certains veulent jouer les stars, d'autres non. Ils sont impassibles à ce qui se passe. Mes clients n'attendent rien d'eux." Le 14 novembre 2015, l'État islamique a revendiqué ces attentats, la version française dans la voix des frères radicalisés Clain, qui ont vécu à Alençon. Ils seraient décédés depuis au Proche-Orient, mais ils sont cités à ce procès. "Il faut montrer que c'est notre État de droit qui gagnera, quoi qu'il arrive. Ce n'est pas eux qui gagneront, on garantit la liberté et la sécurité de tout le monde, c'est ça le message de ce procès. Et si ça peut permettre à des victimes de se reconstruire, tant mieux", conclut l'avocat. Le jugement est prévu les 24 et 25 mai 2022.
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