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Alençon. Ces petits commerces qui se battent

Commerce de proximité. Témoignages. Épiciers ou boucher, ils sont installés et travaillent près de chez vous. Les villes moyennes de l'Orne se mobilisent aussi pour aider leurs commerces de proximité. Courgeon : la population se mobilise autour de la reprise du seul café/épicerie de la commune.

Alençon. Ces petits commerces qui se battent
Les supérettes doivent multiplier les services rendus à leurs clients pour se démarquer, comme ici à Caligny, avec du fast-food.

Malgré les grandes surfaces, malgré le hard-discount, malgré la Covid, malgré les achats en ligne sur Internet, le nombre de petits commerces reste stable, selon les chiffres de la Chambre de commerce et d'industrie Ouest Normandie.

"C'est bien, j'achète le journal, un peu de tout, il y a un dépôt de pain, je n'habite pas loin, c'est utile une petite épicerie, c'est un peu plus cher, mais c'est normal", explique un client. Il n'y a pas foule, mais un défilé continu de clients ce matin-là, à la supérette de Saint-Cornier-des-Landes, commune déléguée de Tinchebray-Bocage. Les rénovations de trois commerces à Tinchebray, d'un à Fresnes et d'un à Saint-Cornier, viennent d'être actées par le conseil municipal. Faut-il y voir une émulation : depuis quelques jours, une chocolaterie s'est installée dans les locaux d'une boulangerie qui était fermée depuis plusieurs années. Intercommunalité, Département, Région, État donnent un coup de pouce à la création ou à la reprise de ces petits commerces de proximité, pour maintenir une vie indispensable à nos villages. "Moi, je me suis débrouillé tout seul, aucune aide", explique celui qui, à la suite de problèmes de santé, a dû changer de métier et vient de reprendre la petite épicerie de Caligny. "C'est un risque financier, mais il faut se lancer", explique-t-il. Pour tenter d'augmenter son chiffre d'affaires, il veut attirer des clients extérieurs en diversifiant son activité avec du fast-food, burgers, pizzas, poulet à la broche, couscous à emporter. Il espère aussi pouvoir devenir Relais Colis, et pourquoi pas Point Poste.

Villes et campagne, même combat

Si à la campagne, les petits commerces ont a minima un rôle de dépannage, permettant d'éviter d'aller à la ville voisine, les mastodontes commerciaux implantés dans les périphéries des villes impactent aussi évidemment les petits commerces de proximité, dans le centre de ces villes. Il suffit pour s'en convaincre d'arpenter la rue aux Sieurs et ses nombreux commerces fermés, dans le centre d'Alençon. Ici, mais aussi Flers et Argentan ont, sous des appellations diverses, chacun leur animateur du commerce. Argentan vient même de lancer une campagne d'affichage : "J'aime ma ville, j'achète à Argentan".

Internet : le vrai ennemi ?

Mais depuis la Covid, la concurrence des ventes en ligne s'est accrue : 42 % des Français commandent en ligne, sans espoir, pour les petits commerçants, d'un retour en arrière. Ceux-ci tentent donc de s'y mettre, chaque ville a désormais sa plateforme de vente sur Internet. Dernière en date : jachete.flersagglo.fr qui a été lancée le 18 octobre. Mais la multiplication de ces plateformes ne les rend-elle pas invisibles face aux géants du net comme Amazon ? Après la Covid, le principal atout des petits commerçants est sans doute davantage la nouvelle attitude des consommateurs, qui seraient désormais plus avides de proximité, de consommer local. Autre allié : le prix des carburants, qui les dissuade d'aller passer leur samedi après-midi jusque dans les zones commerciales de Caen, ou du Mans.

L'indispensable implication des collectivités locales

Saint-Cornier-des-Landes. L'indispensable implication des collectivités locales

Il est parfois compliqué de maintenir un commerce multiservice dans les petites communes. Souvent les collectivités doivent donner un coup de pouce.

Voilà deux ans qu'un repreneur pour la supérette du village était espéré à Saint-Cornier-des-Landes, 600 habitants, près de Tinchebray. C'est l'unique épicerie multiservice de la commune. Mais en mars dernier, il fallait se résoudre à la fermeture.

Maintenir une vie au village

Finalement, le propriétaire de la supérette de Messei, à quelques kilomètres de là, a repris l'affaire. Mais la commune de Tinchebray-Bocage a dû s'investir dans le projet : acheter l'immeuble, le fonds de commerce et mettre l'ensemble à disposition moyennant un loyer. La collectivité a aussi installé à ses frais un distributeur de produits essentiels géré par l'épicerie. La population peut donc s'approvisionner même en dehors des heures d'ouverture.

Utile aux habitants

"C'est important qu'on ait quelque chose ici, déjà pour le pain, toute l'épicerie et puis il y a la boucherie. Et puis maintenant, il y a le point Poste qui est revenu, donc c'est important, c'est le centre du bourg quand même", se réjouit Fabienne, une habitante. Quand le risque de fermeture planait sur le commerce, elle était "inquiète" : "Ne serait-ce que pour du dépannage, c'est important d'avoir quelque chose ici, et puis ils vendent les journaux." En revanche, "comme tout le monde", la cliente, les bras chargés de victuailles, explique qu'elle va faire son gros ravitaillement dans les grandes, surfaces situées un peu plus loin.

En mars 2020, le couple Surain a ouvert une boucherie près de Flers, à Chanu

Chanu. En mars 2020, le couple Surain a ouvert une boucherie près de Flers, à Chanu

Venu de région parisienne, le couple Surain a ouvert une boucherie le 3 mars 2020 à Chanu, 1 200 habitants.

Pourquoi avoir choisi Chanu ?

"On voulait s'aérer un peu. On a trouvé ce commerce, on a aimé le village qui est sympa, vivant. On s'est dit allez 'hop, on se lance !'. Ça ne s'est pas trop mal passé, les gens nous ont bien acceptés et maintenant, on a une bonne réputation, on a notre clientèle qui est faite."

Il n'y avait plus de boucherie ici ?

"Avant, c'était un charcutier, ça faisait deux ans que c'était fermé. Lorsqu'on est arrivés et que je croisais des habitants avant l'ouverture, c'était plein de questions : 'Ça va rouvrir ? Qu'est-ce que vous allez faire ?' Je répondais : 'Moi, je suis boucher de métier', et les réactions étaient très positives, nous étions attendus !"

Malgré la proximité de Flers ?

"Oui. On fait des plats préparés, des plats du jour. On essaye de se diversifier, on change régulièrement ce qu'on propose. Je sais faire certaines spécialités et ça, ça plaît. [Il montre dans la vitrine réfrigérée ses appétissantes paupiettes avec du lard autour et une tranche de tomate dessus] Vous ne trouverez pas ça en grande surface, c'est de la viande locale."

Et l'avenir ?

"Ça fait un an et demi qu'on est là. Moi, l'avenir, je ne le vois pas trop mal. Les gens auront toujours besoin de manger, c'est inépuisable. [À propos des consommateurs qui vont dans les grandes surfaces] Ce n'est pas pour ça qu'ils mangent mieux, c'est beau dans la barquette mais pas dans l'assiette. Chez les petits bouchers, la viande n'est pas préparée pareil, il y a un vrai savoir-faire derrière !"

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