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Caen. La Presqu'île enfin habitée

Habitat, immobilier. La Presqu'île de Caen est en pleine reconstruction. De nouveaux logements sont sortis de terre à l'été 2021. Découvrez qui sont les premiers habitants.

Publié le 15/09/2021 à 08h45
Caen. La Presqu'île enfin habitée
Le Norway est le premier immeuble qui a vu le jour sur le quartier de la Presqu'île de Caen, en pleine reconstruction.

Il faut sortir des sentiers battus pour découvrir ce que cache la Presqu'île de Caen, une fois dépassés les beaux immeubles. Situé entre le canal de Caen et l'Orne, sur environ 600 hectares, ce quartier a longtemps été le havre de paix des industriels. Le restaurant Au quai des brumes, situé à l'arrière de l'usine Axiane Meunerie et le long de l'eau, en témoigne. En 2013, il avait remplacé le café Au bon coin, véritable point de rendez-vous des ouvriers locaux. Les grandes grues rouillées que l'on aperçoit du port de plaisance rappellent aussi ce passé atypique. Comme si elles attendaient, un jour, que l'activité industrialo-portuaire redémarre.

Des hangars abandonnés aux appartements luxueux

La Presqu'île, c'est aussi son marché de gros, où grossistes de fruits et légumes et maraîchers se donnaient rendez-vous au quotidien. Depuis février 2021, c'est de l'histoire ancienne, le marché ayant déménagé sur la zone artisanale de Soliers. L'ambiance des hangars abandonnés a de quoi donner la chair de poule. Les rues en pavés font aussi partie du charme du quartier. De vieux bâtiments industriels ont été exploités par des petites entreprises. D'autres locaux en friche sont devenus le lieu de résidence d'artistes-peintres, à quelques dizaines de mètres de l'école des beaux-arts (ESAM), construite à côté de la salle de concerts du Cargö. Ces deux institutions ont marqué la première étape de transformation de la Presqu'île. Mais au bord de l'eau, de nombreux migrants trouvent encore refuge dans de petites tentes. Ils font face à la Boussole, centre d'accueil de jour pour les personnes sans domicile fixe. Les fourgons de prostituées font, eux aussi, parti du décor depuis qu'ils ont quitté le non loin cours Montalivet. Une ambiance qui transpire le glauque, presque le non-droit, en tout cas l'insécurité. De ce fait, les Caennais peinent encore à se balader malgré de récents aménagements.

Une longue mutation

En se perdant dans les longues rues qui s'entrecroisent, il n'est en effet pas rare de tomber sur des montagnes de déchets, laissés au sol. Les promeneurs y verront aussi un contraste entre les murs tagués et, en fond de toile, ces immeubles luxueux qui poussent au bord du bassin Saint-Pierre. Une image d'un quartier que les politiques s'attachent à faire évoluer. La construction d'un palais de justice moderne en 2015 avait déjà été un grand changement. Deux ans plus tard, en 2017, la bibliothèque Alexis de Tocqueville, située à côté du Pavillon, modifiait totalement le paysage urbain, au point d'attirer une autre population, familiale. "Le navire de la proue de la reconquête", s'était amusé Joël Bruneau, maire de Caen et président de l'agglomération le jour de l'inauguration. Place désormais aux 2 000 logements du Quai XIX, du Norway et de Cap 360. Trois programmes immobiliers en cours qui marquent, enfin, l'arrivée des premiers habitants d'un quartier qui, à n'en pas douter, sera bientôt l'un des plus prisés de Caen.

"On n'aurait pas pu trouver mieux"

La résidence Le Norway, située aux pieds du canal de Caen, du port de plaisance et du bassin Saint-Pierre, a accueilli ses premiers habitants l'été dernier. Qui sont-ils ? Tendance Ouest en a rencontré quelques-uns.

L'ascenseur est toujours en chantier, la moquette des parties communes tout juste posée. Mais les premiers habitants sont déjà installés. Le Norway, ce nouvel immeuble construit au bord du bassin Saint-Pierre à Caen compte 78 appartements, du studio au quatre pièces, dont 25 logements sociaux. C'est le premier bâtiment de ce nouveau programme immobilier à être sorti de terre. Pierre Leblond a emménagé le 17 juillet avec sa compagne et leur bébé d'un an.

Locataires et propriétaires séparés

"On était parmi les premiers à déposer notre dossier. On voulait un quartier proche de la fac (Anna Sarr, sa compagne, est en reconversion professionnelle, ndlr) et bien desservi par les transports en commun, explique le géomètre-topographe. On avait visité un autre appartement proche du Chemin Vert, mais ici, on est proches de tout, à pied ou à vélo." La famille vit avec un seul salaire de 1 500 € par mois. La moitié est consacrée à l'appartement, soit 750 € par mois pour un 70 m2, un grand balcon et un parking souterrain. La famille ne boude pas la vue sur le bassin Saint-Pierre. "On a le soleil sur le balcon tout l'après-midi. On n'aurait pas pu trouver mieux." Face à son HLM, il aperçoit de gigantesques terrasses luxueuses. Annie-Sophie Miguet, toute nouvelle propriétaire, a investi 319 000 € pour un 60 m2 avec terrasse de 32 m2, soit 5 316 €/m2. "J'ai acheté pour mon fils qui était au Vietnam. Il est tombé amoureux de la conception, dit la retraitée de 70 ans. On a aussi investi dans deux autres appartements, au premier et au deuxième étage. Moi, je viendrai ici deux fois par semaine", pour profiter de cette vue à 360° sur ce nouveau quartier. "Si j'avais su, j'aurai pris l'étage au-dessus", soupire-t-elle, gênée par le vis-à-vis avec les logements sociaux. La séparation est brutale. En souterrain, l'accès au parking est même séparé entre les locataires HLM et les propriétaires d'appartements spacieux. "Il y a un grillage entre les deux. On dirait le Mur de Berlin", s'amuse Anna Sarr.

Vue imprenable sur l'Abbaye-aux-Dames

Au bout du couloir, exposé à l'est, Laurent Leterrier a récupéré le 5 août les clés d'un appartement qu'il a acheté en 2018. Ce grand T2 lui a coûté 271 000 €, soit 5 211 €/m2. Un investissement en loi Pinel onéreux qui, selon lui, valait le coup. "J'ai eu un métier qui me permettait de le faire. L'immeuble est très sophistiqué et gardera une très belle valeur à l'avenir. Il y a une vue incroyable sur le canal, le conseil régional et l'Abbaye-aux-Dames. C'est beau !", explique l'ancien pilote de ligne. Au départ, "cet appartement était destiné à ma mère handicapée. Avec le retard accumulé à cause de la Covid-19, elle est restée dans une résidence senior". Il a alors décidé de le louer 640 € par mois à un jeune couple d'actifs. "Il me servira peut-être quand je serai vieux. J'ai choisi cet appartement car j'aime avoir le soleil au petit-déjeuner", explique le Manchois de 61 ans qui bénéficie d'une grande terrasse qui fait le tour de l'appartement. D'en haut ou d'en bas, ça vaut le coup d'œil.

"On ne veut pas isoler la Presqu'île"

Le maire de Caen, Joël Bruneau, ne veut pas faire de la Presqu'île un quartier isolé.

Où les enfants des familles installées pourront-ils aller à l'école ?

"Il n'y a pas de projet de construction d'école à l'intérieur du quartier. En revanche, l'école privée de Saint-Jean-Eudes va être reconstruite proche de la nouvelle halle des sports. Les enfants seront dispatchés entre Saint-Jean-Eudes, l'école primaire Henry Brunet et pourquoi pas René Lemière. On envisage un redécoupage de la carte scolaire du centre-ville. Ce quartier de la Presqu'île n'est pas destiné à vivre en vase clos."

Qu'en est-il du projet de passerelle au-dessus du canal ?

"Dans le cadre du millénaire, on souhaite que cette passerelle soit emblématique, avec un geste architectural particulier. Elle ne sera sans doute pas prête en 2025 car il faut prendre en compte la navigation des bateaux du port de plaisance. Cette passerelle sera mobile, soit en tournant soit en se levant, et réservée aux mobilités douces (vélos, piétons). Elle partirait de l'avenue de Tourville, entre le port et le début de la voie verte, vers Ouistreham, vers la Presqu'île et la rue de Cardiff."

Quels services seront apportés aux habitants ?

"Un nouveau restaurant est en cours de construction sur le bassin Saint-Pierre. Il y aura aussi des commerces de proximité (boulangerie, charcuterie, etc.), un tramway qui ira plus loin. Une esplanade piétonne de 45 m de large longera le canal. C'est un prolongement de notre centre-ville vers la mer."

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