Geoffroy Roux de Bézieux devient le nouveau président du Medef

Geoffroy Roux de Bézieux a été élu mardi président du Medef avec 55,8% des voix à l'assemblée générale, succédant ainsi à Pierre Gattaz à la tête de la principale organisation patronale.

Geoffroy Roux de Bézieux devient le nouveau président du Medef

Geoffroy Roux de Bézieux lors de l'Assemblée générale du Medef à Paris, le 3 juillet 2018 © ERIC PIERMONT [AFP]

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A 56 ans, patron du fonds d'investissement Notus Technologies, a obtenu 284 voix contre 224 pour Alexandre Saubot, dirigeant du groupe industriel Haulotte et ancien négociateur social du Medef. Un électeur a voté blanc.

"Je saurai me montrer le plus digne possible", a déclaré le nouveau patron des patrons juste après la proclamation des résultats.

Diplômé de l'Essec, il avait déjà brigué en 2013 la présidence du Medef avant de se rallier à Pierre Gattaz, qui l'avait nommé vice-président de l'organisation chargé du pôle économie, et en particulier de la fiscalité et du numérique.

Pendant toute la campagne, cet homme qui a crée plusieurs entreprises et fait fortune dans les télécoms a affiché l'ambition d'incarner un patronat "moderne", capable de "renouveler" l'organisation patronale, dont l'image est très dégradée dans l'opinion publique.

Transformer le Medef

Soulignant dans un discours avant la tenue du scrutin que les cinq prochaines années étaient "pleines d'incertitudes" aussi bien "de nature politique" que "géostratégique", il a jugé qu'il fallait "transformer" le Medef "pour aider à transformer le pays".

Il a par ailleurs dit vouloir "continuer le combat pour la compétitivité" des entreprises "à la fois sur le coût du travail et les impôts de production", "augmenter" les efforts sur le développement des salariés et "transformer le paritarisme" pour "obtenir une véritable autonomie de décision ou de gestion".

Soulignant que de "nombreux observateurs" se réjouissaient "d'une prétendue fin des corps intermédiaires", il a lancé: "l'Etat n'a pas le monopole de l'intérêt général".

"Les Français savent que demain ce sont nous les entrepreneurs qui allons changer le monde", a-t-il déclaré.

La campagne avait démarré avec neuf candidats sur la ligne de départ. Mais progressivement, Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot, autre poids lourd du Medef, avaient rallié à eux les autres prétendants.

Jusqu'au bout, le suspense a régné sur la campagne, même si le patron de Notus Technologies a remporté la première manche, arrivant en tête en juin du vote, purement consultatif, des 45 membres du conseil exécutif du Medef.

Chaque candidat a bataillé dur pour obtenir des soutiens auprès des fédérations professionnelles et territoriales, qui représentent respectivement 375 voix et 170 voix à l'Assemblée générale. Geoffroy Roux de Bézieux avait notamment obtenu le soutien de la Fédération française du bâtiment et de la Fédération française des assurances.

Business Europe

Les deux rivaux se sont aussi livrés à une lutte médiatique effrénée, chacun affirmant être en avance dans la course, et appelant l'autre à se rallier à lui.

Avant la proclamation des résultats, Alexandre Saubot a déclaré que quelle que soit l'issue du vote, il faudrait être "tous réunis" derrière celui qui a été élu.

De son côté, Pierre Gattaz, qui s'est exprimé en premier avant le vote, a jugé que quel que soit le résultat, le Medef aurait "un président de valeur".

Il a énuméré les prochains défis du président du Medef, entre des questions de "gouvernance interne", des "combats à continuer" sur la baisse des dépenses publiques, des charges, ou encore sur la "bataille des compétences", et "des modes d'action à réinventer".

Le dirigeant, qui prend la tête de Business Europe, l'association patronale européenne, a par ailleurs lancé un "appel" en faveur de l'Europe.

"Les entreprises doivent désormais prendre la parole pour défendre la dynamique de construction" européenne, sans quoi il existe un risque de "tout perdre", a-t-il jugé.

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