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Orne. Retrouvée chez elle 10 ans après sa mort, le fantôme d'Albertine qu'on croyait vivante

Faits Divers. On a retrouvé son cadavre chez elle dix ans après sa mort. Son fils faisait comme si de rien n'était. Nous sommes allés sur place.

Orne. Retrouvée chez elle 10 ans après sa mort, le fantôme d'Albertine qu'on croyait vivante
Ici, à l'arrière-plan, tout à côté de la maison d'Albertine, dont le portail porte désormais des scellés, nous avons croisé le photographe d'un journal parisien venu spécialement prendre des clichés de la bâtisse où les restes de la vieille dame ont été retrouvés dix ans après sa mort ! - Philippe Bertin

"C'est notre cathédrale." Cette cathédrale dont parle Claude, installée depuis une quinzaine d'années sur les hauteurs de Bretoncelles, joli village du Perche, n'en est pas vraiment une. C'est en réalité un silo de blé dont le profil se détache à l'horizon. Vu de loin, il pourrait faire penser au clocher d'une église.

Le bâtiment tout de vert vêtu, imposant, "comme une cathédrale " lorgne le petit village de la Booze, "prononcez beau", dit un habitant du coin. C'est là qu'on a retrouvé, sous ses draps, dans son lit, les ossements Albertine, une dame très âgée. Sa petite maison au milieu du hameau semblait inhabitée.

Claude habite juste au-dessus : un pré où paissent de belles vaches Salers couleur acajou sépare sa maison de celle d'Albertine. La date du décès de la vieille dame que tout le monde au village appelait Marguerite remonterait entre huit et dix ans, selon les premières analyses des ossements retrouvés sur place. Et depuis tout ce temps-là, personne ne s'est vraiment inquiété de ne pas voir cette femme que certains voisins croisaient de temps en temps, mais sans vraiment la connaître. C'était quelqu'un de très discret," dit l'une de ses plus proches voisines, parisienne qui réside tout à côté et dont la famille est implantée dans le hameau depuis longtemps. D'Albertine Haye, elle dit que c'était une "femme de grande taille", et de son mari décédé il y a déjà plusieurs années, "un monsieur très gentil et très courtois".

"Un déni de mort, comme il peut
exister un déni de grossesse !"

C'est le fils du couple que la voisine croisait régulièrement. Daniel, artisan marié à Annick, qui tenait un salon de coiffure dans le bourg, venait au volant de sa petite camionnette bleue rendre visite à sa mère… Sauf que la "pauvre femme" était décédée depuis déjà plusieurs années ! Sa belle-fille était brouillée avec elle, refusait d'aller la voir. Claude, la voisine, est encore sous le choc. "Il nous a raconté des mensonges. Régulièrement, quand je lui demandais des nouvelles de sa maman, il me disait que tout allait bien. C'est incompréhensible."

Incompréhensible, c'est aussi ce que disent d'autres voisins qui vivent ici depuis une vingtaine d'années. Ils sont amers : "On nous montre du doigt parce qu'on ne s'est pas inquiétés du sort d'Albertine. Nous, on croyait qu'elle était en Ehpad. Comment aurions-nous pu imaginer ce qu'il s'était passé ?" Ils voient dans cette affaire comme une espèce "de déni de mort, comme il peut y avoir des dénis de grossesses. Vous savez : l'être humain peut être bizarre".

Il était le Père Noël de la commune !

C'est désormais aux enquêteurs de Mortagne-au-Perche de dénouer le fil de cette histoire qui fait causer… jusqu'à Paris. Des envoyés spéciaux d'un journal de la capitale ont fait le déplacement la semaine dernière à Bretoncelles. Nous les avons croisés lorsque nous y étions.

L'affaire, c'est vrai, n'est pas banale. C'est le maire de la commune, Daniel Chevée, qui a alerté en août dernier les gendarmes. Souhaitant aider les personnes âgées de sa commune pendant la canicule, il s'inquiétait de ne pas avoir de nouvelles de la vieille dame. "Tout cela est bien triste", soupire la voisine. "Le fils d'Albertine aurait sans doute dû appeler à l'aide. Il ne l'a pas fait, est resté tout seul avec son secret. C'est dur à porter." Interrogé, Daniel aurait reconnu en effet avoir vu sa mère décédée, mais sans préciser à quelle date.

Dans la commune, beaucoup le connaissent bien : barbu, joufflu, il endossait chaque hiver le costume du Père Noël pour les enfants de Bretoncelles. Souffrant, il est aujourd'hui hospitalisé à Chartres.

Jusqu'à ces dernières années, c'est lui qui s'occupait de l'entretien du jardin chez sa mère. Aujourd'hui, la bâtisse est encombrée de mauvaises herbes qui poussent autour.

C'est devenu le cimetière d'Albertine : née en 1923, elle aurait eu bientôt 100 ans. "Une femme discrète…"

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1 commentaires

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Les commentaires sur Tendance Ouest
Nad 17/09/2022 - 09h40
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Je suis vraiment abasourdi de lire cette triste découverte mais je me pose juste cette question comment personne n'a pu aller voir cette malheureuse et auprès des services retraite sécurité sociale comment ils n'ont pas vu qu'à cet âge cette dame n'allait pas chez le médecin je ne comprends pas, c'est vraiment invraisemblable

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