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En Equateur, des renforts pour "garantir la sécurité" en prison

France-Monde. Trois jours après le massacre de la prison de Guayaquil, dans le sud-ouest de l'Equateur, le gouvernement équatorien a annoncé vendredi l'envoi de 3.600 policiers et militaires en renfort pour "garantir la sécurité" dans toutes les prisons du pays.

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Des proches de détenus de la prison de Guayaquil attendent devant la morgue le 1er octobre 2021 - Fernando MENDEZ [AFP]

Le gouvernement gardera "3.600 membres de la police nationale et des forces armées mobilisés en permanence et quotidiennement dans toutes les prisons de l'Equateur" pour y "garantir la sécurité", a déclaré la ministre de l'Intérieur, Alexandra Vela, au cours d'une conférence de presse à Quito.

Au moins 118 détenus ont été tués mardi dans des violences entre gangs dans l'une des prisons du vaste complexe pénitentiaire de Guayaquil, le pire massacre de l'histoire carcérale d'Amérique latine.

Les violences de mardi ont été particulièrement sanglantes, avec des corps mutilés et décapités.

Nombre de familles de détenus étaient encore vendredi dans l'angoisse de l'identification de leur proche et attendaient devant la prison ou la morgue.

Vidéo de son fils décapité

"Je suis venu parce qu'une vidéo m'a été envoyée par téléphone portable, j'ai reconnu sa tête" décapitée, a déclaré à l'AFP Ermes Duarte, venu se renseigner sur le sort de son fils, dont il est sans nouvelles depuis lundi. Il "n'avait plus que 15 jours à tenir avant d'être libéré".

Un autre homme, Daniel Villacis, a lui perdu trois fils dans la tuerie, Jhony, Dany et Darwin. Il a récupéré les corps de deux d'entre eux. "Mais la police ne veut toujours pas me donner le troisième de mes enfants", dit-il.

Selon ces familles, le bloc 5 d'une aile de la prison Guayas a été attaqué par des membres de bandes rivales, qui ont pu pénétrer dans les lieux grâce à des trous creusés dans les murs.

Le président équatorien Guillermo Lasso a depuis proclamé "l'état d'exception", d'une durée de 60 jours, dans les 65 prisons du pays, où les violences sont récurrentes depuis des années entre groupes criminels liés aux cartels mexicains.

Les dernières violences portent à 236 le nombre de détenus tués depuis le début de l'année. En février, 79 prisonniers ont été tués lors d'émeutes simultanées dans quatre prisons de trois villes, dont Guayaquil. En 2020, le bilan a été de 103 morts.

Le centre pénitentiaire de Guayaquil, où ont eu lieu les derniers affrontements, compte à lui seul 8.500 détenus, avec une surpopulation de 60%, selon les chiffres officiels.

Les autorités ont affirmé jeudi soir avoir repris le contrôle total des lieux.

"Tout est calme, les détenus sont dans leurs cellules. Ils ne se sont pas emparés des salles", a assuré la commandante de police Tannya Varela, à l'issue d'une opération impliquant 900 policiers et membres "d'unités tactiques".

Amnistie

S'exprimant vendredi au côté de la ministre, le Directeur des prisons, Bolivar Garzon, a indiqué que le gouvernement envisageait d'accorder une amnistie à quelque 2.000 prisonniers de plus de 65 ans, souffrant de maladies ou de handicaps.

Cette mesure vise à désengorger le système pénitentiaire équatorien, d'une capacité de 30.000 places, mais confronté depuis plusieurs années à une surpopulation chronique, à un manque de gardiens, à des coupes budgétaires, à la corruption et à la guerre des gangs.

Les forces armées ont indiqué de leur côté avoir opéré "un contrôle des armes, des munitions, des explosifs et autres objets" aux entrées et voies d'accès des prisons, "en utilisant des moyens terrestres, fluviaux et aériens".

Dans la seule prison de Guayaquil, les inspections ont permis de saisir trois pistolets, 435 munitions, 25 armes blanches et trois engins explosifs.

Les prisons équatoriennes surpeuplées sont depuis des mois le théâtre de violences récurrentes entre gangs de narcotrafiquants liés notamment aux redoutables cartels mexicains de Sinaloa et Jalisco Nueva Generacion.

Il y a 65 prisons pour 39.000 détenus, dont la moitié attendent leur condamnation, pour une capacité d'environ 30.000 places, selon les chiffres officiels. Près de 10 % de la population carcérale est étrangère, principalement des Colombiens et des Vénézuéliens.

Le nombre total de prisonniers a augmenté de 30% au cours des six dernières années, pour un budget réduit de 150 millions à 99 millions de dollars au cours de la même période.

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