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Paris (AFP). Fillon dit sa conviction que Jouyet était en service commandé

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Paris (AFP). Fillon dit sa conviction que Jouyet était en service commandé
Montage de portraits d'archives de François Fillon le 2 juillet 2013 à Saint-Cloud, Jean-Pierre Jouyet le 26 août 2014 à Paris et Nicolas Sarkozy le 24 janvier 2012 à Marseille - AFP/Archives
François Fillon, qui dément avoir demandé à l'Elysée d'accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy, a dit jeudi sa conviction que le secrétaire général de la présidence, Jean-Pierre Jouyet, était en "service commandé" en l'incriminant auprès de journalistes du Monde. Devant le tribunal correctionnel de Paris, où il poursuit M. Jouyet et deux journalistes du quotidien en diffamation, l'ancien Premier ministre s'est posé en victime d'une "opération" visant à le "décrédibiliser" et "semer la zizanie à l'intérieur de (sa) famille politique" alors qu'il vise la candidature UMP à la présidentielle de 2017 face à M. Sarkozy. "C'est la seule explication plausible que je vois", a-t-il ajouté, estimant que M. Jouyet, pour qui il avait du "respect" et en qui il avait "confiance", "n'a pas pu agir seul". Rappelant qu'ils avaient une source au sein de l'UMP qui les avaient informés des propos de M. Jouyet, les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ont immédiatement rétorqué que cette thèse du "service commandé" "ne tient pas", "n'a aucun sens". Dans le quotidien du soir et dans leur livre "Sarko s'est tuer", les deux journalistes avaient affirmé en novembre que, lors d'un déjeuner à Paris le 24 juin 2014, François Fillon avait demandé à M. Jouyet que l'Elysée accélère les poursuites contre l'ancien président pour entraver son retour. Après avoir démenti dans un premier temps, le secrétaire général de l'Elysée avait finalement affirmé dans une déclaration à l'AFP que François Fillon avait évoqué lors de ce déjeuner l'affaire Bygmalion et celle des pénalités infligées à Nicolas Sarkozy pour dépassement de ses dépenses de campagne en 2012, qui ont été réglées par l'UMP. En début d'audience, François Fillon a expliqué que si certains avaient tenté de l'en dissuader, il a décidé de saisir la justice pour "défendre (son) honneur et (sa)conception de la vie publique", n'acceptant pas "une telle salissure", qu'on lui "prête des attitudes abjectes que toute (sa) vie politique vient démentir". Lisant une déclaration écrite, il a assuré qu'il n'avait "jamais () fait pression, tenté de faire pression () sur le système judiciaire", ni même envisagé de le faire. "Jamais je n?aurais pu solliciter d?un collaborateur du chef de l?État une action contre un ancien président de la République que j?ai servi et à l'égard duquel ma loyauté n'a jamais été prise en défaut", a-t-il poursuivi. "Nous n'avons à aucun moment" évoqué ces deux affaires, a assuré M. Fillon devant le tribunal. Absent à l'audience, Jean-Pierre Jouyet est représenté par son avocat, Me Jean Veil. Le troisième homme présent le 24 juin, François Gosset-Grainville, ami de MM. Jouyet et Fillon, avait défendu la version de ce dernier. Il est cité comme témoin au procès. L'enregistrement du récit fait par M. Jouyet du fameux déjeuner doit être diffusé à l'audience, dans l'après-midi. A l'issue des débats, le tribunal devrait mettre son jugement en délibéré à plusieurs semaines.
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